Un mastodonte des télécommunications créé pour 85 milliards $

Le Time Warner Center, à New York... (AP, Mary Altaffer)

Agrandir

Le Time Warner Center, à New York

AP, Mary Altaffer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Luc Olinga
Agence France-Presse
New York

Le géant des télécommunications AT&T a annoncé samedi racheter pour 85,4 milliards $ Time Warner, propriétaire des chaînes de télévision CNN et HBO et des studios de cinéma Warner Bros, un mariage qui va bouleverser le paysage des médias américains.

La transaction s'élève au total à 108,7 milliards $ si on inclut la dette, a tenu à préciser AT&T dans un communiqué. Un peu plus tôt, une source bancaire avait indiqué à l'AFP que l'opérateur avait accepté de débourser plus de 80 milliards $ pour Time Warner, qui abrite la cultissime série Le trône de fer.

Ce mariage crée un mastodonte aussi bien dans les contenus que les tuyaux, avec des parts de marché importantes dans ces deux secteurs aux marges très lucratives, notamment les contenus qui attirent Amazon, Netflix et désormais Google.

L'accord est «un assortiment parfait de deux sociétés avec des forces complémentaires qui peuvent apporter une nouvelle vision de la façon dont l'industrie des médias et des télécommunications travaille pour les clients, les créateurs de contenus, les distributeurs et les annonceurs», a déclaré le président d'AT&T, Randall Stephenson, dans un communiqué.

Le mariage, qui devrait être finalisé fin 2017, se fera en liquide et en actions. Les actionnaires de Time Warner, qui vont recevoir 107,50 $ par titre, détiendront ainsi entre 14,4% et 15,7% de la nouvelle entité et ceux de AT&T le solde du capital.

Examiné par les autorités

Cette fusion devrait être examinée de près par les autorités de la concurrence et la classe politique américaine car la nouvelle entité pèserait à elle seule plus de 300 milliards $ en Bourse, avec des activités allant du téléphone aux médias en passant par le câble et Internet.

En campagne samedi, Donald Trump, le candidat républicain à la Maison-Blanche, a d'ores et déjà indiqué qu'il ferait tout pour bloquer le mariage s'il était élu président le 8 novembre prochain.

«C'est beaucoup de concentration de pouvoirs dans les mains de peu de personnes», a critiqué M. Trump.

AT&T, fournisseur d'accès aux chaînes payantes et un des deux grands opérateurs télécoms américain, était valorisé 230,6 milliards $ vendredi soir à Wall Street, tandis que Time Warner, qui détient 10% du capital du service de vidéo en streaming Hulu, valait 69,6 milliards $. AT&T affirmait avoir 142 millions d'abonnés au Wi-Fi fin juin et 30 millions en Amérique du nord et 38 millions à la vidéo via DirectTV.

La fusion AT&T-Time Warner est l'un des plus gros mariages entre un fournisseur d'accès aux chaînes payantes et un fournisseur de contenus depuis le rachat en 2011 de NBCUniversal par Comcast.

Elle complète le recentrage stratégique vers la vidéo impulsé ces dernières années par AT&T.

L'une des opérations les plus «transformatrices» pour l'opérateur de télécoms avait été l'achat à près de 50 milliards $ (sans la dette) de DirecTV, bouclé l'été dernier, qui a fait du groupe l'un des plus gros acteurs sur le marché américain de la diffusion télévisée payante.

Des Sopranos à Sexe à New York

Avec Time Warner, propriétaire des studios Warner Bros ainsi que des chaînes de télévision HBO et CNN, AT&T va mettre cette fois la main sur un important catalogue de contenus recherchés dans le sport, le cinéma (L'escadron suicide ou Les animaux fantastiques...) et les séries télévisées telles Le trône de fer, Sur écoute ou encore Sexe à New York et Les Sopranos.

Il y a deux ans, Time Warner avait rejeté une offre à plus de 75 milliards $ de 21st Century Fox, son rival contrôlé par la famille Murdoch, car le prix proposé était jugé insuffisant. C'est donc une bonne revanche personnelle pour Jeff Bewkes, qui avait été critiqué pour avoir refusé l'offre de Fox.

Time Warner a déjà par le passé effectué une tentative de mariage malheureuse. Avec le groupe Internet américain AOL en 2000 il s'était soldé par un divorce en 2009.

Le groupe représente toutefois un morceau de choix, en raison des contenus de valeur dont il est propriétaire, mais aussi de la structure relativement simple de son actionnariat, avec une seule classe d'actions, selon les analystes de RBC Capital Markets.

Beaucoup d'autres grands groupes de médias américains sont en effet protégés par un actionnaire majoritaire verrouillant une large partie des droits de vote, comme la famille Murdoch avec 21st Century Fox ou les Redstone avec Viacom et CBS.

«Cela ne laisse fondamentalement que Disney, qui serait une opération impossible avec une capitalisation boursière de près de 150 milliards $», ajoute RBC.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer