Nouvelle coupe de 7500 emplois chez Bombardier

Bombardier estime pouvoir atténuer l'effet de sa restructuration... (Archives La Presse, Olivier Pontbriand)

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Bombardier estime pouvoir atténuer l'effet de sa restructuration en procédant à 3700 «embauches stratégiques» dans des programmes comme la CSeries.

Archives La Presse, Olivier Pontbriand

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Pour la deuxième fois en moins d'un an, Bombardier (TSX : BBD) procède à une restructuration majeure qui, cette fois-ci, touchera 7500 postes dans le monde au cours des deux prochaines années.

Cela s'ajoute à celle annoncée en février dernier ayant affecté 7000 postes, dont 2000 contractuels, du constructeur d'avions et de trains à travers l'ensemble de ses installations.

En annonçant cette décision, vendredi, l'entreprise a dit vouloir réduire ses coûts dans le cadre de son plan de redressement jusqu'en 2020 mis de l'avant l'an dernier visant à accroître sa profitabilité ainsi que sa compétitivité.

Au pays, près de 2000 postes - environ 1500 au Québec - dans divers secteurs n'ayant pas été précisés sont concernés par cette restructuration. Au total, deux tiers des postes touchés se trouvent dans le secteur ferroviaire de la société, alors que la division aérospatiale représente un tiers.

La multinationale estime pouvoir économiser jusqu'à 300 millions $US d'ici la fin de 2018.

«Même si ces décisions sont difficiles, nous les prenons afin de bâtir un avenir solide pour Bombardier», a expliqué son président et chef de la direction, Alain Bellemare, au cours d'une entrevue téléphonique. «Nous continuons à regarder notre structure de coûts, qui est très élevée.»

On compte rationaliser des fonctions administratives ainsi que d'autres activités qui ne sont pas liées à la production, en plus de créer des «centres d'excellence» en matière d'ingénierie et de fabrication dans les secteurs aéronautique et ferroviaire.

Bombardier estime pouvoir atténuer l'impact de cette restructuration en procédant à quelque 3700 «embauches stratégiques» dans des programmes comme la CSeries, l'avion d'affaires Global 7000 ainsi que pour des contrats ferroviaires comme celui des tramways pour la Toronto Transit Commission ainsi que l'agence de transport Metrolinx.

À la question de savoir si cette restructuration visait à délocaliser des emplois dans des pays à faibles coûts, M. Bellemare a répondu qu'il y aurait un équilibre.

«Ça va être un mélange [des deux], a-t-il répondu. C'est la seule façon que l'on sera en mesure de protéger des milliers de postes. C'est une industrie extrêmement concurrentielle et c'est important de prendre les mesures nécessaires pour continuer de rivaliser.»

Dépenses élevées

La société prévoit enregistrer une charge de restructuration oscillant entre 225 millions $US et 275 millions $US à compter du quatrième trimestre, actuellement en cours.

Bombardier a éprouvé des difficultés au cours des dernières années, notamment en raison des dépenses élevées associées au développement de la CSeries ainsi qu'un ralentissement dans le secteur des avions d'affaires.

L'avionneur a reçu un investissement de 1 milliard $US du gouvernement québécois dans la CSeries, a vendu une participation de 30 % de sa division ferroviaire à la Caisse de dépôt et placement du Québec et demande également au gouvernement fédéral d'investir dans son nouvel avion commercial.

Le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, responsable du dossier, a affirmé la semaine dernière qu'Ottawa était prêt à investir dans l'entreprise, mais qu'il fallait s'assurer du maintien dusiège social au Canada, des activités de recherche et développement ainsi que des emplois manufacturiers reliés à la fabrication des appareils.

Selon M. Bellemare, cette restructuration n'aura aucun effet négatif sur les négociations qui se déroulent depuis bientôt près d'un an avec le gouvernement Trudeau.

«Cela n'a rien à voir avec le fédéral», a affirmé le grand patron de Bombardier. «Il s'agit de décisions pour avoir la capacité financière pour continuer à investir dans de nouveaux programmes.»

Le dirigeant de la multinationale n'a pas voulu dire non plus si d'autres décisions, comme une vente d'actifs, pourraient être annoncées dans l'avenir.

Le syndicat pris par surprise

Le syndicat représentant les travailleurs d'usine de Bombardier Aéronautique a été complètement pris par surprise par l'annonce, vendredi, de nouvelles compressions de 7500 postes dans l'ensemble des divisions de la multinationale. L'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale se dit désormais complètement incapable de suivre la progression des suppressions d'emplois avec cette annonce, qui s'ajoute à celle de février, où Bombardier avait fait part de son intention d'éliminer 7000 emplois. Selon lui, ces annonces successives créent une tension insoutenable parmi les employés, une situation qu'il déplore d'autant plus qu'elle doit se prolonger sur deux ans.

De passage à Montréal, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, s'est montré résigné relativement à cette annonce, faisant valoir que, comme toute grande compagnie, Bombardier devait «s'ajuster pour demeurer compétitif». Il a cependant donné l'assurance que l'annonce ne compromettait pas les discussions en vue d'une aide fédérale de 1 milliard $ que lui réclame le géant du transport. 

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