Locataires... «pris en otage» à Charlesbourg

Langis Roy et Alayn Tremblay devant leur immeuble... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Langis Roy et Alayn Tremblay devant leur immeuble où les travaux tardent toujours à être complétés. M. Roy estime que certains éléments peuvent être dangereux pour les personnes âgées qui habitent le 870, rue Astrid, comme l'entrée en cailloux.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Une trentaine de résidents d'un immeuble à logements de Charlesbourg estiment être «pris en otage» dans un litige entre un promoteur immobilier et son prêteur qui se chiffre à plus de 5,4 millions $.

Le fonds Azur Capital réclame ce montant à deux compagnies, soit une société à numéro dont l'administrateur principal est Denis Morin et l'entreprise Construction Urbi, dont l'homme d'affaires est également président, peut-on lire dans une requête pour ordonnance de séquestre.

«Lorsqu'on pose des questions aux propriétaires, nous n'avons plus de réponse. Il y a beaucoup de travaux dans le bâtiment qui ne sont pas terminés et on nous avait promis un projet clé en main», raconte un locataire du 870, rue Astrid, Langis Roy, donnant comme exemple l'entrée en cailloux, qu'il qualifie de «dangereuse pour les personnes plus âgées» et montrant les fils aux alentours du bâtiment qui sont toujours visibles. Lors du passage du Soleil, l'alarme dans le hall d'entrée de l'édifice sonnait sans arrêt. 

«C'est comme ça depuis des mois. On nous avait également vendu le projet avec une piscine, une salle d'entraînement, une entrée en asphalte, ce qui n'a pas été fait», poursuit-il.

Depuis juin, tous les travaux de finition sur l'établissement ont cessé, déplore M. Roy. Les premiers locataires ont emménagé au printemps dernier. 

Ce n'est pas la première bataille juridique entre le promoteur et son prêteur, le fonds Azur Capital. En 2015, le projet avait également été mis sur la glace. Une entente avait toutefois été conclue entre les deux parties. Initialement, le projet, baptisé Plateau Bourg-Royal, prévoyait la construction de condominiums, mais a été transféré en 32 logements.

Comme plusieurs autres locataires, M. Roy, qui a été désigné le porte-parole des résidents, a signé un bail sur plusieurs années, souhaitant profiter des promotions offertes, entre autres de plusieurs mois gratuits. Aujourd'hui, il s'inquiète pour l'avenir et affirme que plusieurs locataires ont demandé à résilier leur bail ou une diminution du loyer. 

«Ils nous offraient des promotions auxquelles on n'avait pas le droit si on signait seulement pour un an, alors les gens ont signé pour deux, trois, voire même quatre ans, note-t-il. Aujourd'hui, les locataires se retrouvent dans un vide juridique. Aucun des deux groupes ne veut investir et les travaux ne sont pas terminés. Certains souhaitent partir», ajoute-t-il.

«Il y a beaucoup de personnes âgées ici qui paniquent. Ils ne savent plus s'ils doivent payer leur loyer et à qui», note pour sa part Alayn Tremblay, qui a signé un bail de quatre ans. «J'adore le secteur. Pour moi, c'était un rêve de vie, d'avoir quelque chose de neuf. C'est très décevant. Je n'ai pas de piscine ni de gym.»

Depuis le 19 septembre, tous les loyers sont maintenant perçus par le fonds Azur Capital. D'ailleurs, une rencontre a eu lieu avec un responsable de la société et les locataires la semaine dernière. Restructuration Deloitte est le syndic qui a été nommé au dossier.

Ordonnance de séquestre

Le fonds Azur a déposé en Cour supérieure le 22 septembre une requête pour ordonnance de séquestre selon la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. L'entreprise, qui souhaite récupérer son investissement, juge que Construction Urbi et une société à numéro, toutes deux représentées par les mêmes individus, n'ont pas honoré leurs obligations.

«Les débitrices doivent à la requérante la somme de 5 426 467,77 $», peut-on lire dans le document. Et «les débitrices ont fait défaut de verser les taxes municipales, le tout tel qu'il appert de l'état de compte de la Ville de Québec pour les années 2015-2016, totalisant la somme de 31 890,83 $.» Le document indique également que «les débitrices sont débiteurs auprès de l'Agence du revenu du Québec pour la TPS et la TVQ d'un montant de 481 019,13 $».

Joint par Le Soleil, Denis Morin n'a pas voulu émettre de commentaire, soulignant que le dossier était entre les mains de la justice. Le fonds Azur Capital a également refusé notre demande d'entrevue.

Le dossier sera de retour devant les tribunaux le 2 novembre prochain. L'immeuble est actuellement à vendre pour 7,2 millions $.

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