Manif à Montréal pour hausser le salaire minimum à 15$

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Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Montréal.

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Montréal samedi pour réclamer une augmentation du salaire minimum à 15$ et selon plusieurs d'entre eux, ce mouvement gagne en popularité et accroît la pression sur tous les ordres de gouvernement.

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Des drapeaux à l'effigie des syndicats flottaient au vent, des tambours retentissaient tandis que certains manifestants tenaient dans leur main des arachides - faisant référence au salaire minimum actuel de 10,75$, qui selon eux, représente des «peanuts».

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«Aujourd'hui, les trois partis à l'exception des libéraux sont prêts à faire un débat public sur la question. On est rendus là», a soutenu Manon Massé, députée de Québec solidaire qui avait présenté il y a quelques mois une motion sur la question - proposition qui, à l'époque, avait été rejetée par tous les autres partis.

Mme Massé remarque un changement de ton depuis quelques semaines - de la part des partis d'opposition, du moins. Le premier ministre Philippe Couillard a dit récemment que son gouvernement évaluait ses options quant aux mesures sociales et selon la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSN), Louise Chabot, cette réflexion n'est pas étrangère à la «pression populaire forte».

«Je pense que le gouvernement n'a pas le choix de regarder les mesures pour lutter la pauvreté. [La hausse du salaire minimum], c'est une mesure, un moyen qui est incontournable», a plaidé Mme Chabot.

Sylvain Rochon, nouveau leader parlementaire adjoint du Parti québécois, croit lui aussi que le mouvement gagne en popularité et a critiqué le gouvernement libéral qui a refusé d'étudier la question en commission parlementaire.

«Moi, je trouve qu'il ne peut y avoir pire gouvernement qu'un gouvernement qui ne veut rien savoir. Comment peut-on refuser d'examiner cette question-là qui est au centre du débat public depuis des mois?», a-t-il déploré.

Au fédéral, le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait fait la promotion de la hausse du salaire minimum pour les employés fédéraux, une option qu'a déjà écartée le premier ministre Justin Trudeau.

«On va continuer de se battre pour ça», a assuré la députée néo-démocrate Hélène Laverdière, qui était accompagnée de sa collègue Marjolaine Boutin-Sweet.

Rassemblement coloré

Les organisateurs de la manifestation - dont les trois principales centrales syndicales, des groupes de travailleurs, des organismes anti-pauvreté et des étudiants - ont mis toute la gomme pour l'événement, qui s'est déroulé sous un soleil de plomb dans le quartier Villeray, dans le nord de la métropole.

Des drapeaux à l'effigie des syndicats flottaient au vent, des tambours retentissaient tandis que certains manifestants tenaient dans leur main des arachides - faisant référence au salaire minimum actuel de 10,75$, qui selon eux, représente des «peanuts».

«Dans notre société, c'est inacceptable. Avec le 15$ minimum, les travailleurs auront la capacité de se payer un loyer, de se nourrir convenablement et ils pourront peut-être se permettre d'aller au cinéma une fois par mois, d'avoir une vie sociale culturelle décente», a souligné une manifestante, Émilie-Sarah, qui ne travaille pas au salaire minimum, mais qui tenait tout de même à être présente.

«Argument de peur»

Des experts, dont l'économiste chevronné Pierre Fortin, ainsi que des intervenants du milieu des affaires, soutiennent que le salaire minimum ne peut être augmenté d'un seul coup sans affecter le milieu du travail. Selon les données de M. Fortin, si le salaire minimum était augmenté à 15$ dès 2016, le Québec pourrait perdre jusqu'à 100 000 emplois. M. Fortin estime que les crédits d'impôt pourraient aider davantage ces travailleurs.

Mais selon plusieurs militants, c'est un «argument de peur» martelé par les entreprises qui ne repose pas sur la réalité. «Ici même au Québec, entre 2009 et 2011 on a augmenté le salaire minimum de 2$. Quel effet que ça a eu? Stimulation de l'économie. On est là pour déconstruire des mythes», a soutenu Manon Massé.

Valérie Plante, candidate à la direction du parti montréalais Projet Montréal, a abondé dans le même sens. «On sort beaucoup des épouvantails, mais il y a Vancouver et des villes aux États-Unis qui se sont positionnées en faveur d'un salaire viable et on voit que l'économie ne s'est absolument pas fracturée», a expliqué la conseillère municipale, qui voudrait hausser le salaire minimum des employés, des contractuels et des sous-contractuels travaillant à la Ville de Montréal.

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