«L'intelligence coopérative mondiale» se rencontre à Québec

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Retraitée depuis le 1er juillet de la présidence du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux est aujourd'hui présidente du conseil d'Investissement Québec et elle travaille toujours à faire rayonner Desjardins à l'échelle internationale.

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(Québec) Le Sommet international des coopératives, qui démarre officiellement aujourd'hui, générera pour la région de Québec des retombées économiques de l'ordre «de 18 à 25 millions $», estime l'ancienne patronne du Mouvement Desjardins et présidente du congrès, Monique F. Leroux.

Au cours des prochains jours, près de 2800 personnes, en provenance de 116 pays, seront réunies au Centre des congrès de Québec pour la troisième édition du Sommet.

«Beaucoup d'organisations coopératives internationales utilisent le Sommet comme une plateforme de rencontre. C'est l'intelligence coopérative mondiale qui se rencontre, ce sont soit des penseurs, des chercheurs, des praticiens ou des gens qui dirigent des entreprises», indique en entrevue avec Le Soleil Mme F. Leroux, qui siège aujourd'hui au sein de différents conseils d'administration, entre autres celui de Couche-Tard, de Bell et de Michelin. Elle est également à la tête d'Investissement Québec [lire plus bas].

Durant l'événement, les participants pourront assister à 237 conférences et près de 80 études et projets scientifiques seront dévoilés, notamment sur l'impact de la réglementation financière sur la politique des risques des coopératives financières, l'analyse de la contribution des coopératives à la santé des citoyens à travers le monde et l'étude sur les partenariats internationaux de coopératives dans le secteur agricole.

«Le pouvoir d'agir»

Cette année, le Sommet vise à mettre en lumière «le pouvoir d'agir des coopératives». Quatre grands thèmes seront traités, soit les tendances et les défis socioéconomiques et géopolitiques mondiaux et les façons de maîtriser les nouvelles réalités d'affaires telles que la culture de l'innovation et le travail à l'ère numérique. Les autres sujets seront la force économique des entreprises coopératives, les occasions d'affaires et les défis. Finalement, le congrès se terminera avec le thème Les coopératives en action où les personnes présentes participeront à un remue-méninges sur les 17 objectifs de développement durable identifiés par l'ONU, notamment la pauvreté, la santé et la crise de l'emploi. 

«Après 2012 et 2014, nous voulions avoir un Sommet dans le mode action, le pouvoir d'agir des coopératives dans la société et dans l'économie. C'est pourquoi on va terminer jeudi avec un travail interactif des participants qui devront, comme personne et comme dirigeant de leur entreprise coopérative, dire comment il s'engage de façon concrète pour une action qui contribuera aux objectifs de développement durable de l'ONU», explique la nouvelle retraitée de Desjardins, qui est également présidente de l'Alliance coopérative internationale. 

«Les gens sont souvent d'accord avec les objectifs de l'ONU, mais nous avons de la difficulté à aller chercher la mobilisation des entreprises. C'est pourquoi on veut que les organisations s'engagent à faire une action d'ici 2030. C'est une forme de plateforme d'engagement et de contribution du monde coopératif», poursuit-elle, notant qu'un site Web sera créé où les engagements seront affichés.

À travers la planète, on dénombre actuellement environ 2,6 millions de coopératives et de mutuelles qui comptent 1 milliard de membres. Elles génèrent 3000 milliards $US annuellement et quelque 250 millions d'emplois directs et indirects.

Les coopératives à travers la planète

  • 2,6 millions de coopératives dans le monde
  • 3000 G $US de revenus annuellement
  • 1 milliard de membres
  • 300 des plus importantes coopératives du monde produisent un chiffre d'affaires combiné qui équivaut au PIB du Canada
  • 250 millions d'emplois directs et indirects
  • personnes sur 10 sont membres d'au moins une coopérative au Canada

Les coopératives au Québec

  • 3300 entreprises coopératives et mutuelles au Québec
  • 8,8 millions de membres
  • 100 000 emplois
  • 38 G$ de chiffre d'affaires
Sources : Sommet international des coopératives

Retraitée depuis le 1er juillet de la présidence du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux est aujourd'hui présidente du conseil d'Investissement Québec et elle travaille toujours à faire rayonner Desjardins à l'échelle internationale. Quels sont les objectifs futurs de celle qui a été la patronne de la coopérative pendant huit ans et que pense-t-elle de son successeur Guy Cormier et de ses premières décisions, notamment d'abolir une centaine de postes?

Q: Au cours des dernières semaines, le nouveau président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a entamé une cure minceur au sein de la coopérative, en abolissant 83 postes de directeur et 28 postes de vice-président. Il a également annoncé de nouveaux projets, notamment les caisses mobiles. Qu'en pensez-vous?

R: Même si c'est une tâche exigeante, cela a été un vrai privilège pour moi d'être à la présidence de Desjardins. [...] Je suis très heureuse que ce soit Guy Cormier qui ait été élu. J'ai eu l'occasion de travailler beaucoup avec lui. Il fait un excellent travail. Je suis très sereine par rapport à ça. Pour moi, une façon d'être sereine c'est, dans certains cas, de commencer à regarder en avant et non pas toujours en arrière. [...] Mais une entreprise qui n'a plus la capacité de s'adapter, d'innover, de faire des choses pour amener des expériences nouvelles à ses clients et à ses employés est une entreprise qui à mon avis va être en difficulté. Il faut savoir s'adapter à la réalité d'aujourd'hui. Je pense que M. Cormier et son équipe souhaitent s'assurer que Desjardins soit toujours pertinent, en croissance et en développement. [Pour les coupes de postes], je crois que c'est tout à fait le privilège du président et de son équipe de direction de pouvoir prendre des décisions qui jugent les meilleurs dans les circonstances pour livrer la vision et le plan d'affaires pour lequel il a été élu.

Q: Quel est votre rôle aujourd'hui chez Desjardins?

R: Lors de la nomination de M. Cormier j'ai été très active pour l'appuyer selon les besoins. Aujourd'hui, je m'occupe du Sommet international des coopératives et je représente Desjardins dans les instances coopératives internationales et ça, tel qu'entendu avec le conseil d'administration. Lorsque je suis arrivée à la présidence, c'est Alban D'Amours [président de 2000 à 2008] qui représentait Desjardins à l'internationale. Mon travail est de mettre en valeur l'organisation.

Q: Depuis votre départ, avez-vous eu d'autres offres d'emploi?

R: Je me suis retrouvée invitée à joindre plusieurs conseils d'administration, celui de Couche-Tard, de Bell, de Michelin et celui de Standard & Poor's. Le gouvernement du Québec m'a également demandé de prendre la responsabilité de la présidence du conseil d'administration d'Investissement Québec. [...] C'est vrai, c'est beaucoup de choses dans une courte période, ça demande un petit peu d'ajustement, mais en même temps, la grande différence, c'est que lorsque vous êtes membres du conseil ou président du conseil, vous n'avez plus la responsabilité opérationnelle. Vous êtes là pour assurer la gouvernance et tenter d'aider le mieux possible l'équipe. C'est des rôles bien différents, cela me laisse un peu plus de temps.

Q: Quelle est votre vision pour Investissement Québec?

R: C'est une institution extrêmement importante au Québec. Je crois que nous avons une mission très claire, d'aider au développement de l'écosystème d'entreprise et d'entrepreneuriat québécois. Notre rôle est à la fois d'aider les entreprises et travailler avec Desjardins, comme avec la Banque Nationale ou une autre institution financière. Également, de travailler avec le Fonds de solidarité et la Caisse de dépôt pour faire en sorte que lorsqu'on regarde ça globalement, on a au Québec un terreau fertile de développement des entreprises. [...] Lorsqu'on travaille pour une société d'État ou un organisme gouvernemental, cela donne l'occasion de faire du service public, dans le sens que j'ai eu le privilège de faire beaucoup de choses et si je peux apporter un petit peu de mon expérience et de mes idées à l'équipe d'Investissement Québec, je vais être contente de le faire.

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