La Caisse de dépôt compte investir jusqu'à 700 M $US en Inde

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Le premier vice-président et chef des placements de la CDPQ, Roland Lescure

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) investira jusqu'à 700 millions $US (918 millions $) en Inde d'ici quatre ans pour profiter des occasions d'affaires découlant de l'actuelle vague de redressement d'actifs en difficultés dans ce pays d'Asie.

L'investisseur institutionnel a conclu une entente avec la société indienne de services financiers Edelweiss Group qui lui permet entre autres d'acquérir 20 % de sa filiale Edelweiss Asset Reconstruction Company (EARC), qui achète des prêts en souffrance et dont l'actif sous gestion est évalué à 4,5 milliards $US.

«Nous voulons améliorer [ces prêts en difficultés], fournir de l'appui aux entreprises afin de fournir du rendement», a expliqué lundi le premier vice-président et chef des placements de la CDPQ, Roland Lescure, au cours d'un entretien téléphonique depuis Mumbaï, après la conférence de presse pour confirmer l'entente.

Les placements, qui seront effectués par EARC ainsi que par l'entremise de différents fonds de sa société mère, mèneront à l'achat de prêts non productifs de banques indiennes et à des investissements en dette privée dans des sociétés indiennes en croissance.

Annuellement, les investissements de la Caisse, qui a ouvert son bureau à New Delhi en mars dernier, devraient osciller entre 150 millions $US (196 millions $) et 175 millions $US (229 millions $). En date du 30 juin, la taille de ses investissements en Inde était d'environ 1,7 milliard $.

Les détails financiers de cette prise de participation n'ont pas été dévoilés, mais la CDPQ comptera des représentants au conseil d'administration d'EARC ainsi qu'au comité d'investissement d'Edelweiss, qui assure le suivi des investissements.

Après Brookfield Asset Management (TSX : BAM.A) ainsi que l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada, la Caisse est le plus récent investisseur institutionnel canadien à conclure une entente en Inde, où les banques nationales sont aux prises avec un portefeuille de prêts douteux avoisinant les 100 milliards $US (131 milliards $) en raison des nombreuses réformes des dernières années.

«Au fil des ans, les grandes banques [...] ont eu des politiques de prêts qui n'étaient pas toujours bien calibrées, a précisé M. Lescure. Aujourd'hui, il y a énormément de crédit non performant dans leur bilan.»

Créances rachetées

Edelweiss rachète des créances d'institutions financières, partage avec ces dernières une partie des bénéfices découlant de la reprise et travaille à redresser les entreprises mal en point.

Selon M. Lescure, un partenariat avec une firme indienne dotée d'une telle expertise en la matière permet à la CDPQ de maîtriser le niveau de risque tout en profitant des occasions d'affaires d'une économie émergente comme l'Inde.

«C'est vrai qu'actifs en détresse, actifs en restructuration, ce sont des termes qui peuvent faire parfois un peu peur, mais derrière ces actifs, il y a de vrais projets, souligne-t-il. Edelweiss, ce sont des entrepreneurs qui, clairement, maîtrisent les risques.»

La CDPQ laissera la firme indienne se charger du travail sur le terrain, mais la présence de ses représentants sur le conseil d'EARC ainsi que sur le comité d'Edelweiss lui permettra de s'assurer que les investissements se font au bon endroit.

Risque «acceptable»

Pour l'ancien numéro deux de la Caisse Michel Nadeau, le risque rattaché à ce partenariat conclu par la CDPQ en Inde est tout à fait acceptable.

«Le principe de base est la diversification, ce qu'Edelweiss apporte, explique-t-il. Il faut être capable de prendre des risques. C'est quand une entreprise éprouve des difficultés que vous pouvez faire de l'argent.»

M. Nadeau espère toutefois que l'investisseur institutionnel en profitera pour que des gens d'affaires québécois puissent profiter de l'expertise de la firme indienne dans le redressement afin de la ramener dans la province.

En plus de la CDPQ, une compagnie d'assurance scandinave - dont le nom n'a pas été dévoilé - ainsi que des investisseurs indiens prennent des participations respectives de quatre et 16 % dans EARC.

Au total, ces partenaires devraient injecter entre 1,8 milliard $US à 2 milliards $US dans la dette privée et la restructuration d'actifs en difficulté en Inde.

En date du 30 juin dernier, l'actif net de la CDPQ s'élevait à 254,9 milliards $.

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