L'industrie du bois d'oeuvre craint des pertes d'emplois

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Le Canada représente traditionnellement environ le tiers du marché américain du bois d'oeuvre, mais certaines rumeurs avancent que les États-Unis aimeraient voir cette proportion reculer à 22 %.

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Ross Marowits
La Presse Canadienne
Montréal

Des responsables canadiens de l'industrie du bois d'oeuvre rencontreront cette semaine l'ambassadeur du commerce américain, alors qu'ils se préparent à l'imposition de droits punitifs de la part des États-Unis, ce qui menace d'entraîner des fermetures de scieries et des mises à pied.

Le représentant au Commerce des États-Unis, Michael Froman, discutera mercredi avec l'industrie canadienne du bois d'oeuvre, à Toronto, tout comme la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, l'a déjà fait avec les producteurs américains.

«Je crois que c'est une occasion d'avoir une conversation directe, sans filtres, et je crois que c'est une bonne chose», a estimé la présidente du conseil du commerce de bois d'oeuvre de la Colombie-Britannique, Susan Yurkovich.

Elle dit avoir encore bon espoir qu'une entente sera conclue et permettra d'éviter une guerre commerciale coûteuse.

Mais peu d'observateurs de l'industrie se montrent aussi confiants. Peu d'entre eux s'attendent à ce que les Américains renoncent à l'imposition de quotas stricts pour réduire la part du marché du Canada.

Le Canada représente traditionnellement environ le tiers du marché américain du bois d'oeuvre, mais certaines rumeurs avancent que les États-Unis aimeraient voir cette proportion reculer à 22%, selon le chef de la direction de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau.

«Il sera impossible pour le Canada d'accepter cela», a-t-il affirmé, même si la fourniture de bois d'oeuvre canadien devait reculer à environ 25% du marché d'ici 2027 en raison d'une infestation d'insectes nuisibles et de règles de conservation au Québec, selon un rapport de la Canada West Foundation.

Après une décennie de stabilité relative, l'expiration de l'entente de 2006 sur le bois d'oeuvre et celle, le 12 octobre, d'une période de grâce d'un an, les États-Unis devraient commencer à imposer des droits sur le bois canadien, ce qui devrait rendre les exportations canadiennes de bois d'oeuvre plus dispendieuses.

Les observateurs de l'industrie s'attendent à ce que des droits compensatoires et antidumping totalisant plus de 25% soient imposés dans environ six mois, même si les États-Unis n'ont pas réussi à faire trancher la situation en leur faveur devant les tribunaux. Selon eux, le système canadien est trop fortement subventionné.

À la suite de l'expiration de l'entente précédente, en 1996, le département américain du Commerce avait imposé un droit de 32% sur le bois canadien, qui avait été ensuite réduit à environ 27% en 2002. Il était resté à ce niveau jusqu'à la conclusion d'une nouvelle entente, en 2006.

Pour les travailleurs et les petites communautés rurales qui dépendent fortement de l'industrie forestière, la perspective de nouveaux droits semblables est inquiétante, a fait valoir M. Garneau.

«De toute évidence, cela va moins toucher les centres urbains, mais je peux vous dire que le Canada rural va beaucoup souffrir», a-t-il affirmé lors d'un entretien.

Des dizaines de milliers d'emplois ont été supprimés depuis la dernière impasse sur le commerce du bois d'oeuvre, au tournant du siècle.

M. Garneau a demandé à Ottawa d'offrir aux producteurs canadiens des garanties de prêts et un financement pour contrebalancer leurs coûts légaux et les droits, qui ont dépassé 5 milliards $ la dernière fois.

«Nous avons besoin d'aide pour nous défendre des méthodes abusives employées par les États-Unis dans le commerce.»

Les producteurs de l'Ouest canadien n'ont pas encore pris position au sujet d'une aide directe, a pour sa part indiqué Mme Yurkovich.

Assurer un libre-échange

Selon M. Garneau, le système d'enchère sur le bois d'oeuvre en vigueur en Ontario et au Québec est similaire à ce qui existe aux États-Unis, et cela devrait assurer un certain libre-échange.

Une partie des difficultés causées par les droits antidumping serait contrebalancée par la faiblesse du dollar canadien et par les conséquences fortuites d'une hausse attendue des prix du bois d'oeuvre, qui rendrait plus dispendieuse la construction de maisons.

La ministre Freeland a indiqué que le gouvernement était prêt à poursuivre les négociations, ajoutant que l'imposition de pénalités n'était pas automatique.

«Nous travaillons afin d'obtenir un bon accord pour les Canadiens, mais pas n'importe quel accord, a indiqué Mme Freeland à des journalistes à Toronto. Et si nous n'arrivons pas à obtenir un accord, ce qui, je l'espère bien, ne sera pas le cas, mais qui reste certainement une possibilité, et si des droits sont imposés, nous sommes prêts à (nous défendre devant les tribunaux).»

La ministre a rappelé que la résolution des conflits sur le bois d'oeuvre était historiquement compliquée, mais que le défi était augmenté en raison d'un environnement plus protectionniste aux États-Unis et de la campagne électorale présidentielle, qui met à l'avant-plan les problèmes commerciaux.

Selon l'analyste Rupert Merer, de la Banque Nationale, de plus importantes exportations canadiennes vers l'Asie et les efforts de Canfor, Interfor et Western Fraser - des producteurs de l'Ouest canadien - pour augmenter leur empreinte dans le sud-ouest des États-Unis vont partiellement contrebalancer les conséquences néfastes liées à l'imposition de droits.

M. Merer croit qu'une éventuelle entente entre les deux pays pourrait être semblable à la dernière, avec des adaptations pour tenir compte de la plus faible devise canadienne, d'une hausse des coûts d'exportations et de contraintes plus strictes quant aux volumes.

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