Rogers vend L'Actualité, Châtelaine et Loulou

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Rogers Communications a décidé de se concentrer sur ses propriétés de langue anglaise.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Rogers Communications (TSX : RCI.B) se retire du marché francophone des magazines en mettant en vente L'actualitéChâtelaine ainsi que Loulou, afin de se concentrer sur ses propriétés de langue anglaise.

Cette décision du géant torontois s'inscrit dans le cadre d'une importante restructuration provoquée par une baisse des revenus publicitaires et du nombre d'abonnés. Rogers met aussi fin aux versions imprimées de certains titres en plus de réduire la fréquence de publication pour d'autres.

Les abonnés des trois magazines publiés dans la langue de Molière ont déjà été prévenus que les dernières publications étaient prévues pour décembre, mais Rogers se dit persuadé de trouver un nouvel acheteur d'ici là.

«Nous avons des discussions sérieuses avec des acheteurs potentiels. Je suis persuadé que la vente se concrétise d'ici la fin de l'année», a expliqué vendredi le premier vice-président, contenu et éditions numériques chez Rogers Média, Steve Maich, au cours d'un entretien téléphonique, sans nommer d'acquéreur potentiel.

Il n'a pas été possible d'obtenir des précisions sur le sort qui attend les publications québécoises si aucune transaction n'est conclue. Par l'intermédiaire d'un courriel, une porte-parole a affirmé que l'entreprise ne voulait pas commenter des «hypothèses».

D'après M. Maich, L'actualité, Châtelaine et Loulou, qui comptent environ 70 employés au total, n'offraient pas assez d'occasions de synergies avec les autres publications et activités de l'entreprise, comme la radio et la télédiffusion.

Puisque ces trois publications ne font pas partie du «noyau» de Rogers, l'entreprise a tout simplement décidé qu'il valait mieux tourner la page plutôt que de les conserver.

«Nous en sommes venus à la conclusion que si des partenaires étaient prêts à déployer des ressources et à investir pour assurer l'avenir des magazines, il valait mieux agir ainsi», a affirmé M. Maich.

«Coup de tonnerre»

Alors qu'une coalition de médias écrits cogne à la porte des gouvernements du Québec et du Canada, cette restructuration annoncée par Rogers démontre une fois de plus à quel point le contexte actuel est difficile pour les entreprises médiatiques, estime Luc Dupont, professeur agrégé au département de communication de l'Université d'Ottawa.

Il qualifie de «coup de tonnerre» la restructuration annoncée par Rogers, qui a percé le secteur des médias écrits en mettant la main sur Maclean Hunter pour 3,1 milliards $ en 1994.

M. Dupont estime néanmoins que L'actualité, Châtelaine et Loulou représentent encore de «belles propriétés» et qu'il ne sera pas trop difficile pour Rogers de dénicher un acheteur.

«Ce n'est toutefois pas le meilleur moment pour vendre, affirme-t-il. Le prix obtenu sera probablement bien inférieur comparativement à ce qu'on aurait pu générer il y a quelques années.»

Selon M. Dupont, Québecor (TSX : QBR.B), qui possède déjà de nombreuses publications et qui a mis la main sur les magazines de Transcontinental (TSX : TCL.A) en 2014, pourrait représenter un acquéreur potentiel. Ces deux entreprises ont refusé de commenter.

Du côté anglais, dès janvier, Rogers met fin aux versions imprimées des magazines Flare, Sportsnet, MoneySense et Canadian Business, qui seront seulement offerts en version numérique - sur le Web ainsi que par applications mobiles.

Le magazine hebdomadaire Maclean's passera également à une publication mensuelle, alors que la version anglaise de Châtelaine et de Today's Parent verront leur fréquence de publication être réduire à six éditions par année.

D'une année à l'autre, les revenus tirés des médias imprimés ont affiché un recul de plus de 30 %, a souligné M. Maich.

Celui-ci n'a pas fourni de précisions quant aux répercussions de la restructuration sur les employés, mais il ne s'attend toutefois pas à des réductions massives de personnel.

«Il y aura des pertes d'emplois, particulièrement pour les personnes qui travaillent dans le secteur imprimé, a-t-il dit. Mais notre décision d'aujourd'hui ne concerne pas une réduction d'effectif. Nous désirons offrir un contenu de qualité.»

Rogers affirme que ses abonnés concernés qui désirent obtenir un remboursement peuvent le demander.

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