Le défi 100 jours pour les femmes d'affaires s'installe à Québec

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Selon Joëlle Boisvert, associée et directrice du bureau de Gowling WLG à Montréal, les différentes craintes des femmes d'affaires ont été déboulonnées dans la cohorte d'une trentaine de femmes qu'elle a accompagnée l'an dernier.

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(Québec) Le Défi 100 jours L'effet A s'installe à Québec avec huit femmes d'affaires comme chefs de file pour une centaine de femmes. Tout cela dans le but de faire rayonner l'ambition de ces femmes dans la capitale nationale.

Cette première cohorte à Québec a entrepris ses exercices le 13 septembre. Avant Noël, le groupe de femmes aura vécu de nombreuses expériences en 100 jours pour découvrir les forces de leur ambition et propulser leur carrière à d'autres niveaux, foi de Marie-Pier St-Hilaire, l'une des huit leaders de L'effet A à Québec.

Mme St-Hilaire accompagnera 22 femmes du groupe, qui seront tout de même en contact avec les autres de la cohorte. Chacune aura des devoirs à faire, en plus d'assister à des ateliers donnés par des leaders d'expérience, des femmes et des hommes bien implantés dans le monde des affaires, comme Isabelle Hudon, Christiane Germain, Marie-France Poulin, Charles Sirois et Louis Têtu.

Comme le sondage de L'effet A l'a montré, Mme St-Hilaire insiste sur les aptitudes à acquérir pour que ces femmes développent leur confiance, apprennent à prendre des risques, explorent les entrailles de la négociation tout en expérimentant leurs capacités de rallier des gens à leur cause en étant aussi des personnes d'influence.

D'une certaine manière, ces 100 jours serviront à sortir les participantes de leur zone de confort au moyen du réseautage notamment. «Je suis une femme d'affaires qui prend des risques, avoue Marie-Pier St-Hilaire. Elles doivent comprendre que la peur peut servir à mettre l'accent sur ce qui sera le moteur pour les propulser dans le monde des affaires.»

Équilibre

Mère de trois enfants et en affaires depuis 16 ans, elle soutient que le modèle normal de femme que ses trois fils voient est celui d'une mère qui n'a pas peur de foncer, qui est passionnée par ce qu'elle accomplit, mais qui peut concilier aussi le travail, la famille et la vie de couple tout en étant énergique. «Mais il faut aussi un équilibre dans tout», poursuit-elle du même souffle.

«Dans le développement, illustre-t-elle, les femmes ont tendance à vouloir posséder 100 % des compétences pour postuler un emploi dans la haute direction [ce que montre le sondage] au lieu de foncer en sachant que certaines compétences s'acquièrent et se développent justement en occupant cette fonction. C'est tout à fait normal. Mais dans la gestion de sa vie, il faut établir des stratégies pour la carrière, la famille, le couple et choisir les priorités.»

Elle parle alors de l'intelligence émotionnelle, non pas la gestion des émotions ou l'émotivité, mais la gestion de cette intelligence émotionnelle pour devenir une vraie ou un vrai leader. Car, pour elle, l'ambition en affaires concerne autant les hommes que les femmes. Marie-Pier St-Hilaire affirme qu'il serait aussi bon d'inviter les hommes à assumer et à développer leurs ambitions lorsque les femmes auront été formées dans ce défi de 100 jours.

Quant à la cohorte, elle est composée de femmes venant de divers secteurs, que ce soit le monde manufacturier, celui des affaires gouvernementales, les assurances, les finances ou les secteurs plus traditionnels, comme le droit.

Pour avoir une idée des objectifs du défi et de l'équipe entourant la cohorte de Québec, il suffit de visiter le site Web effet-a.com/formations/defi-100-jours-leffet-a-qc.

Plus craintives à exposer leurs ambitions

La moitié du talent dans le monde des affaires et dans les entreprises, comme dans la société en général, est composé de femmes. Pourtant, ce n'est pas la réalité dans les postes de haute direction des compagnies ou dans les conseils d'administration.

Et pourtant, les femmes ont tendance à viser le 120 % de compatibilité lorsqu'un poste de direction les intéresse alors que les hommes postulent même à 70 % de compatibilité. Les femmes prennent moins de risques et craignent souvent d'être atteintes du syndrome de l'imposteur. Alors, elles regrettent souvent de n'avoir pas été assez ambitieuses au cours de leur carrière.

C'est ce que révèle un récent sondage de l'organisation L'effet A qui fait la promotion de l'ambition des femmes par l'entremise du Défi 100 jours L'effet A. La cofondatrice de l'organisation créée il y a deux ans, Isabelle Hudon, a voulu faire taire les statistiques stagnantes quant à la place des femmes dans le monde des affaires. Selon la chef de la direction de la Financière Sun Life Québec, il faut accélérer le changement et développer le potentiel de la nouvelle génération de leaders.

Si le sondage montre que 73 % des femmes sont ambitieuses comparativement à 78 % chez les hommes, elles n'occupent que 18 % des postes de haute direction et 37 % des postes de gestionnaires au Québec alors que la proportion est de 82 % et de 63 % pour hommes.

Mythes déboulonnés

La crainte d'être vues comme des imposteurs, le manque d'opportunités, le manque de confiance et la peur du risque sont les principaux problèmes identifiés dans le sondage. Selon Joëlle Boisvert, associée et directrice du bureau de Gowlings à Montréal, tout cela a été déboulonné dans la dernière cohorte d'une trentaine de femmes qu'elle a accompagnée l'an dernier.

Le groupe ayant choisi de faire un incubateur d'idées, Mme Boisvert soutient que le modèle des trois P qui en est ressorti vient modeler une nouvelle approche dans l'organisation d'une entreprise pour créer des conditions favorisant l'évolution des femmes vers les sommets et les postes de direction.

La «Proactivité directe et efficace de la direction», la «Productivité repensée» qui sort du modèle traditionnel d'évaluation de la productivité basé sur le nombre d'heures au bureau et la «Promotion de la femme» par la mise en valeur des modèles féminins, tout cela n'a rien d'agressant dans un modèle d'affaires.

«Ça ne change pas l'organisation de l'entreprise ni la nécessité de la compétitivité, continue Mme Boisvert. Mais cela suscite une réflexion et des aménagements pour une meilleure organisation des façons de faire. Dans notre organisation qui est maintenant internationale, dans nos objectifs, nous voulons augmenter le nombre de femmes dans des postes de leadership et augmenter le nombre de femmes comme associées pour que l'organisation soit plus représentative de la société. Cela devrait être l'objectif de n'importe quelle organisation, car une organisation diversifiée est plus performante parce qu'elle est collée à la réalité de la société.» 

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