Fonds InnovExport: 30 M$ et 15 «dragons»

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Jean-Michel Genois Gagnon, Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Quinze entrepreneurs du Québec ont décidé de déplier les billets verts et d'investir dans le Fonds InnovExport. Ce dernier, doté d'un budget total de 30 millions $, soutient l'amorçage et le démarrage d'entreprises qui visent des marchés étrangers.

«C'est un peu comme redonner au suivant», a illustré Richard Bordeleau, de l'entreprise Icentia, président du Fonds et membre du G15, ce regroupement de mentors qui aideront les «entreprises de demain».

Les dirigeants de firmes comme EXFO, Premier Tech, Eddyfi, Regitex ou Creaform font notamment partie du lot.

Annoncé lors du dernier budget provincial, le Fonds Innov­Export permettra de financer une cinquantaine de projets au cours des prochaines années. Investissement Québec a injecté 15 millions $ dans l'aventure, la Caisse de dépôt et placement du Québec, 6 millions $, le Fonds de solidarité FTQ, 4,5 millions $, et le Fondation CSN, 2,25 millions $, en plus des 15 «dragons» qui ont tous déboursé 150 000 $ de leur poche. La Ville de Québec appuie également l'initiative en investissement 2 millions $ pour la gestion du fonds dans les bureaux de l'incubateur Le Camp, dans Saint-Roch.

«InnovExport constitue le chaînon manquant du financement des entreprises innovantes. L'objectif est de supporter le génie créateur des jeunes d'ici», a indiqué M. Bordeleau, en point de presse.

Les entreprises québécoises, et ce, peu importe leur secteur, peuvent déjà soumettre leur candidature sur le site du Fonds. La date limite de soumission a été fixée au 28 octobre. Par la suite, des «dragons» vont communiquer avec les candidats pour discuter des projets et voir s'ils font une proposition d'investissement ou pas. Le Fonds procédera par appel de projets sur une base trimestrielle.

«Nous avons besoin de sociétés qui sont innovantes parce que leurs produits va mieux performer à l'international, ce qui va faire en sorte de renforcer nos exportations», a noté pour sa part la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade.

Douce revanche pour Labeaume

Pour le maire de Québec, Régis Labeaume, le Fonds InnovExport vient «combler un trou évident» depuis la disparition de la Société Innovatech Québec qui a donné un coup de pouce à des entreprises aujourd'hui mondiales comme Medicago.

«Je l'avais sur le coeur depuis bien longtemps, alors pour moi, je viens de régler un vieux compte», a illustré M. Labeaume, qui a siégé au conseil d'administration d'Innovatech Québec de 1997 à 2005.

Aucun autre fonds de capital de risque n'a été à ce point destiné aux jeunes entreprises depuis, dit-il. Et de voir la formule renaître à Québec est un message révélateur pour l'économie de la capitale, estime-t-il. «Que le gouvernement accepte de mettre de l'argent dans un fonds établi à Québec pour tout le Québec, c'est symptomatique. On n'a jamais vu ça. C'est une nouveauté», s'est réjoui le maire de Québec en marge de la conférence de presse à laquelle participait aussi le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais.

«Dans ma tête à moi, c'est un fond qui va durer très longtemps, a conclu M. Labeaume. Et on a les bonnes personnes pour réussir, être performants et avoir du succès. C'est un fonds qui ne mourra pas.»

Une seule femme sur les 15 mentors

Les femmes se font rares dans les membres du G15. Lisa Fecteau de Regitex est la seule sur les 15 mentors qui accompagneront les entreprises soutenues par le Fonds InnovExport. «On a regardé pour avoir une plus grande représentation féminine. Je pense qu'au Québec, on a du chemin à faire», a reconnu le président du Fonds, Richard Bordeleau. Ce dernier a suscité une réaction intriguée à la conférence de presse en qualifiant le Fonds d'«agnostique au sexe des gens», façon de dire que le projet innovant d'une entreprise l'emporte sur le fait que la personne qui le propose soit un homme ou une femme. La ministre Dominique Anglade a pour sa part indiqué que son gouvernement fait des efforts en ce sens. «La semaine dernière, ma collègue Lise Thériault a lancé un programme d'entrepreneuriat féminin», a dit Mme Anglade en référence au Fonds pour les femmes entrepreneures FQ de 19 millions $.

Qui peut participer?

  • Entreprises: toutes compagnies qui visent des marchés étrangers. Le nombre d'employés importe peu. L'entreprise ne doit pas connaître des profits récurrents croissants, qui lui permet de vivre sans aide. 
  • En amorçage: Une compagnie qui débute; elle peut offrir un produit ou un service. L'entrepreneur a une idée, un prototype, mais il n'a pas nécessairement de ventes. Pour être admissible, il doit toutefois avoir discuté avec des clients. Le Fonds InnovExport prêtera de l'argent, mais conservera la possibilité de transformer son investissement en action de la compagnie.
  • En démarrage: L'entreprise possède un produit plus défini. Elle connaît quelques ventes. Le Fonds InnovExport va alors devenir partenaire avec l'entrepreneur dans l'aventure. Il va devenir actionnaire à part entière. Si l'entrepreneur cherche plutôt une subvention, ce n'est pas le rôle du fonds.  

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