Des retraites moins dorées, prévoit Poloz

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De passage pour une première fois dans la capitale, mardi, pour une conférence, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz, a discuté de l'impact de la période prolongée des faibles taux d'intérêt depuis la crise financière mondiale de 2008.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La retraite pour plusieurs Canadiens ne sera peut-être pas si dorée. Les citoyens et les entreprises devront apprendre à vivre avec de faibles taux d'intérêt pour encore plusieurs années, avertit le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz.

De passage dans la capitale, mardi, pour une conférence devant l'Association des économistes québécois, le Cercle finance du Québec et le CFA Québec, M. Poloz a discuté de l'impact de la période prolongée des taux d'intérêt qui sont faibles depuis la crise financière mondiale de 2008. Plus de 400 personnes ont assisté à l'événement.

Selon le gouverneur de la Banque du Canada, en raison des faibles taux d'intérêt, les Canadiens ont beaucoup plus de difficultés à financer leur retraite. Les revenus d'intérêts générés par les économies accumulées au cours d'une vie ne sont pas nécessairement à la hauteur des attentes. Et la situation ne devrait pas s'améliorer, du moins à court terme.

«Beaucoup de Canadiens disent craindre et avec raison de ne pas pouvoir vivre avec leur épargne. Je compatis à leurs inquiétudes, que je peux très bien comprendre», a déclaré M. Poloz, ajoutant toutefois avec une pointe d'humour recevoir des remerciements des jeunes détenant un prêt hypothécaire pour garder les taux d'intérêt bas. Il a toutefois tenu à préciser qu'eux aussi allaient être touchés par cette situation.

Le patron de la banque estime que les jeunes travailleurs devront maintenant consacrer plus d'argent pour leurs vieux jours, car leur investissement sera moins rentable, et les plus âgés devront évaluer la possibilité de rester plus longtemps sur le marché du travail.

Espérance de vie

L'allongement de l'espérance de vie vient également brouiller les cartes, dit l'économiste, car il faut assez de liquidité pour financer une retraite qui est aujourd'hui beaucoup plus longue. Depuis le début des années 80, l'espérance de vie a grimpé d'environ six ans.

«Une espérance de vie plus longue, conjuguée à de bas taux d'intérêt, implique qu'une personne commençant à épargner aujourd'hui devra amasser beaucoup plus d'argent pour générer le même revenu de retraite qu'une personne qui a commencé à épargner il y a 25 ans, si les deux veulent prendre leur retraite au même âge», analyse celui qui a aussi été économiste et chef de la direction d'Exportation et Développement Canada de 1999 à 2011.

Les entreprises touchées

Les entreprises devront également s'ajuster aux faibles taux d'intérêt, estime M. Poloz, en réduisant leurs attentes quant aux rendements futurs des investissements. Si les entreprises comptent sur des rendements comparables à ceux observés avant la crise, «elles ne risquent pas d'investir de sitôt. Et la croissance, la productivité et la création d'emplois ne seront pas à la hauteur de nos attentes ni celles des entreprises», prévient le gouverneur, invitant les compagnies à continuer d'investir pour stimuler l'économie.

«Quand les investissements ralentissent, la production potentielle d'une économie croît elle aussi plus lentement. Et cela peut renforcer la tendance à la baisse des taux d'intérêt», ajoute-t-il.

Libéraliser les échanges

Afin de retrouver la santé financière, M. Poloz estime que les autorités doivent explorer toutes les avenues susceptibles de stimuler le potentiel de croissance de l'économie. L'une des solutions est la libéralisation des échanges, que ce soit le Partenariat transpacifique ou l'accord commercial entre le Canada et l'Union européenne (UE).

«L'histoire nous a montré qu'un glissement vers le protectionnisme serait très contreproductif. [...] Ici, au pays, l'annonce cet été d'un accord préliminaire sur le libre-échange interprovincial ne peut être que bien accueillie», souligne M. Poloz, notant que l'investissement du gouvernement dans des infrastructures permettrait également d'accroître la productivité.

«Une estimation raisonnable indique que ces politiques pourraient faire augmenter le niveau du PIB réel de 3 à 5% d'ici 2025. Dans le meilleur des cas, ça représenterait 100 milliards $ de plus par an dans les poches des Canadiens. Dans un contexte où les taux vont rester bas pendant encore un moment, on ne peut tout simplement pas manquer de telles occasions», conclut celui qui été nommé gouverneur de la banque centrale en mai 2013.

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