Altrum, un «cadeau» pour les banques

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Un employé d'Altrum travaille à la conception d'un trophée en acrylique.

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(Québec) Les dirigeants des grandes sociétés du monde entier les disposent fièrement dans leur bureau comme des trophées de chasse. Une transaction financière majeure de plusieurs millions - ou milliards - de dollars, ça se souligne!

À Saint-Martin, dans la Beauce, il y a une PME qui conçoit, fabrique et commercialise ces trophées de chasse en acrylique, en aluminium, en bois ou en cristal.

Altrum est même le leader mondial dans le domaine de la vente de produits commémoratifs pour les grandes banques d'affaires de la planète!

«Dans l'univers des banques, il est de mise d'offrir un cadeau à tous les acteurs qui ont participé de près à la réalisation d'une transaction : les propriétaires, les hauts dirigeants, les avocats, etc.», explique Bernard Bolduc, le patron d'Altrum.

Les origines d'Altrum - jadis connu sous les noms, entre autres, d'Unique Novelties of Canada, d'Unique Art et de BCH Unique jusqu'au début de l'année 2016 - remontent à 1957.

Installés dans le sous-sol du centre paroissial de Saint-Martin, les employés fabriquaient des porte-clés, des pendentifs, des boutons de manchette et des plaques de bureau pour les boutiques de cadeaux et de souvenirs.

Un jour, la concurrence asiatique est arrivée dans le paysage avec ses produits pas chers et le marché d'Altrum s'est effondré comme un château de cartes. «Les grossistes sont allés s'approvisionner ailleurs», se rappelle Bernard Bolduc, qui a succédé à son père Félix à la tête de l'entreprise.

C'est à partir de ce moment qu'une porte s'est ouverte du côté des produits de reconnaissance pour les grandes banques.

Leader mondial

Au début, Altrum n'était qu'un sous-traitant. La PME recevait des commandes de la part de revendeurs qui étaient en lien avec les banquiers.

Profitant de la crise financière qui battait son plein aux États-Unis, Altrum a contribué à la fusion, en 2009, de ses principaux revendeurs. Elle a bouclé la boucle, trois ans plus tard, en les achetant.

«Nous avons alors réinventé notre modèle d'affaires. Nous avons fait sauter la chaîne de distribution», souligne Bernard Bolduc, dont l'entreprise figurait, l'an dernier, parmi les sociétés les mieux gérées selon Deloitte.

Aujourd'hui, Altrum a ses équipes de vente à New York et à Londres. Elle est aussi présente en Inde et à Taiwan. L'entreprise fait le design de ses produits et en assure la commercialisation partout dans le monde.

«Nous évoluons dans un tout petit marché d'environ 70 à 75 millions $ à travers la planète. Dans un environnement regroupant une poignée de joueurs, nous détenons à peu près 40 % du marché mondial. Nous livrons dans 140 pays.»

Altrum a mis au point un système de veille qui lui permet d'être alerté dès qu'une transaction survient aux quatre coins de la planète.

«Dès l'annonce faite, nous rejoignons nos contacts dans les banques pour déterminer leurs besoins.»

En moyenne, à la suite d'une transaction, Altrum livre une vingtaine de pièces commémoratives.

Il arrive que la commande soit plus importante.

Altrum a déjà fabriqué 600 pièces à la suite d'une importante acquisition réalisée par le groupe pharmaceutique Novartis. À son retour sur les marchés boursiers en 2010 après avoir été temporairement nationalisé, le constructeur automobile GM avait aussi été très reconnaissant envers les centaines de personnes qui avaient contribué à son introduction en Bourse.

Un exemple de trophée conçu par Altrum... - image 2.0

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Un exemple de trophée conçu par Altrum

La Beauce ou le Mexique

Bernard Bolduc a tenu à rappeler que la crise financière qui avait frappé nos voisins du sud en 2008 et en 2009 avait fait mal à son entreprise.

«L'économie ne tournait plus. Des transactions, il n'y en avait plus. Nos clients tombaient comme des mouches. À la fin de 2009, nos ventes étaient 70 % en deçà de ce qu'elles étaient en 2007.»

En 2009, la PME a dû mettre la clé sous la porte de son usine au Mexique qu'elle avait inaugurée 18 mois auparavant afin d'accroître sa capacité de production de 40 %.

C'était ça ou la fin des activités à l'usine de Saint-Martin. «Nous ne pouvions pas imaginer faire perdre le gagne-pain à des personnes qui avaient contribué au succès de l'entreprise», indique M. Bolduc. «Notre expertise est à Saint-Martin. Nos gens de talent sont à Saint-Martin. Alors, tous ensemble, nous avons décidé que nous allions faire les choses différemment, que nous allions nous réinventer et prendre le virage de l'agilité manufacturière.»

Aujourd'hui, Altrum fait travailler 225 personnes, dont 125 à Saint-Martin.

Le marché de l'avenir, celui de la reconnaissance des employés

Pour Altrum, la croissance au cours des prochaines années viendra principalement de ses activités dans le créneau des programmes de reconnaissance des employés.

Bernard Bolduc l'avoue. Il est illusoire de penser que seules les ventes dans le segment d'affaires des produits commémoratifs pour les grandes banques permettront à la PME d'approcher le chiffre d'affaires magique de 100 millions $.

Depuis plusieurs années, Altrum produit toutes sortes d'objets de reconnaissance que les employeurs remettent à leurs employés à l'occasion d'un anniversaire, de la réalisation d'un bon coup ou d'une prise de retraite.

«Dans bien des cas, il s'agit carrément de l'argent tiré par les fenêtres, car il n'y a aucun sens véritable qui accompagne le geste», raconte-t-il en entrevue au Soleil

«Je vais toujours avoir en mémoire l'image de l'un de nos employés qui pleurait à chaudes larmes au moment où nous célébrions son 40e anniversaire à l'emploi de la compagnie. Il était émotif non pas en raison du cadeau que nous lui avions offert, mais parce que nous avions diffusé une vidéo dans laquelle son fils, alors en mission militaire en Afghanistan, racontait comment son père lui avait transmis les valeurs liées à l'engagement.»

Entraîneur-entrepreneur à l'École d'entrepreneurship de Beauce, Bernard Bolduc connaît les préoccupations actuelles des employeurs. La principale, c'est le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre.

Garder les talents

La reconnaissance formelle et informelle est l'un des moyens privilégiés par de nombreuses entreprises pour attirer et, surtout, pour garder les plus beaux talents.

«Nous avons développé un programme d'accompagnement des entreprises dans l'élaboration et l'exécution d'une stratégie de reconnaissance des employés afin d'accroître l'engagement de ces derniers et faire en sorte qu'ils soient des travailleurs inspirés et inspirants», indique Bernard Bolduc en signalant que ce programme, Altrum l'applique déjà chez des clients aux États-Unis et qu'il sera bientôt mis de l'avant à grande échelle de ce côté-ci de la frontière.

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Depuis plusieurs années, Altrum produit toutes sortes d'objets de reconnaissance que les employeurs remettent à leurs employés à l'occasion d'un anniversaire, de la réalisation d'un bon coup ou d'une prise de retraite.

Depuis plusieurs années, Altrum produit toutes sortes d'objets de reconnaissance que les employeurs remettent à leurs employés à l'occasion d'un anniversaire, de la réalisation d'un bon coup ou d'une prise de retraite.

Bernard Bolduc l'avoue. Il est illusoire de penser que seules les ventes dans le segment d'affaires des produits commémoratifs pour les grandes banques permettront à la PME d'approcher le chiffre d'affaires magique de 100 millions $.

Depuis plusieurs années, Altrum produit toutes sortes d'objets de reconnaissance que les employeurs remettent à leurs employés à l'occasion d'un anniversaire, de la réalisation d'un bon coup ou d'une prise de retraite.

«Dans bien des cas, il s'agit carrément de l'argent tiré par les fenêtres, car il n'y a aucun sens véritable qui accompagne le geste», raconte-t-il en entrevue au Soleil

«Je vais toujours avoir en mémoire l'image de l'un de nos employés qui pleurait à chaudes larmes au moment où nous célébrions son 40e anniversaire à l'emploi de la compagnie. Il était émotif non pas en raison du cadeau que nous lui avions offert, mais parce que nous avions diffusé une vidéo dans laquelle son fils, alors en mission militaire en Afghanistan, racontait comment son père lui avait transmis les valeurs liées à l'engagement.»

Entraîneur-entrepreneur à l'École d'entrepreneurship de Beauce, Bernard Bolduc connaît les préoccupations actuelles des employeurs. La principale, c'est le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre.

Garder les talents

La reconnaissance formelle et informelle est l'un des moyens privilégiés par de nombreuses entreprises pour attirer et, surtout, pour garder les plus beaux talents.

«Nous avons développé un programme d'accompagnement des entreprises dans l'élaboration et l'exécution d'une stratégie de reconnaissance des employés afin d'accroître l'engagement de ces derniers et faire en sorte qu'ils soient des travailleurs inspirés et inspirants», indique Bernard Bolduc en signalant que ce programme, Altrum l'applique déjà chez des clients aux États-Unis et qu'il sera bientôt mis de l'avant à grande échelle de ce côté-ci de la frontière.

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