Postes Canada: l'équité salariale n'est pas négociable, dit la ministre

Chez Postes Canada, on nie carrément qu'il existe... (Photo Ryan Remiorz, PC)

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Chez Postes Canada, on nie carrément qu'il existe une discrimination salariale. Le syndicat parle d'un écart pouvant aller jusqu'à 30 % rurales et suburbaines, où il y a une surreprésentation féminine.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Alors que des négociations intensives se sont entamées, vendredi, la ministre fédérale du Travail, MaryAnn Mihychuk, a personnellement servi un avertissement à Postes Canada: l'équité salariale est non négociable.

Les positions du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et de la société d'État sur la question de la rémunération des factrices rurales et suburbaines sont diamétralement opposées.

D'un côté, chez Postes Canada, on nie carrément qu'il existe une discrimination salariale. De l'autre, au syndicat, on parle d'un écart pouvant aller jusqu'à 30 % pour ce groupe d'employés où il y a - selon le STTP - une surreprésentation féminine.

La ministre Mihychuk, qui a nommé jeudi un médiateur spécial pour dénouer l'impasse, semble partager la lecture du camp syndical. C'est à tout le moins ce qui se dégage des propos qu'elle a tenus vendredi matin en marge du caucus libéral à Saguenay.

«Nous [le gouvernement] croyons que l'équité salariale devrait être un point non négociable. C'est la loi, et elle doit être respectée», a-t-elle lâché lors d'une mêlée de presse au sujet des négociations, mentionnant que ce point «est soulevé par l'une des parties».

La société d'État se conforme-t-elle à la loi? «Cent pour cent, oui», a tranché la porte-parole de Postes Canada, Aurélie Walsh.

«C'est deux différents groupes d'employés. Les facteurs urbains sont payés à l'heure, tandis que les facteurs ruraux sont payés sur un modèle de rémunération basé sur les activités. C'est complètement différent», a-t-elle expliqué vendredi en entrevue téléphonique.

Le syndicat s'inscrit en faux contre cet argument. «Si vous prenez un facteur ou une factrice [urbain] et vous prenez une factrice qui est en milieu rural, il peut y avoir jusqu'à 30 % de différence entre les deux», a offert le porte-parole du STTP, Yannick Scott.

Le bureau de Mme Mihychuk a assuré que celle-ci n'avait pas cherché à s'immiscer dans les négociations ou à prendre parti. «La ministre parlait d'équité salariale de façon générale», a-t-on plaidé.

Un médiateur pour dénouer l'impasse

La question de l'équité salariale n'est pas la seule à faire l'objet de divergences entre les deux parties. Les négociations achoppent sur plusieurs autres points, a reconnu d'emblée la ministre Mihychuk, vendredi matin.

«Ils doivent vraiment se mettre au travail», a-t-elle laissé tomber d'un air grave.

Les pourparlers, qui pourraient durer toute la fin de semaine, se dérouleront en présence du médiateur spécial William Kaplan, à qui le gouvernement fédéral a confié le mandat d'aider les deux camps à parvenir à une entente négociée.

«J'ai bon espoir que le médiateur amènera une nouvelle perspective à la table de négociation, ce qui pourrait motiver les parties à trouver une solution et les sortir de l'impasse où elles se trouvent présentement», a déclaré la ministre Mihychuk par voie de communiqué.

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