Le sort des actions de RONA scellé en une seule réunion

Investissement Québec (IQ) a décidé en une seule réunion de se départir de ses... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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(Québec) Investissement Québec (IQ) a décidé en une seule réunion de se départir de ses actions de RONA, mais l'a fait avec la certitude que le ministre Jacques Daoust a donné son accord.

M. Yves Lafrance, qui était président-directeur général par intérim d'IQ au moment de la liquidation du bloc d'actions en 2014, est formel. Il a clairement demandé au chef de cabinet du ministre Jacques Daoust s'il avait son autorisation pour procéder à la vente.

Le courriel du 26 novembre 2014  dans lequel le chef de cabinet Pierre Ouellet donne son «OK» répond à une demande de feu vert tout à fait claire, selon M. Lafrance. D'autant plus qu'il fait suite à un appel de M. Lafrance lui-même qui, quelques jours auparavant, s'est enquis auprès de M. Ouellet de l'appui du ministre à la décision.

«Celui qui reçoit le courriel savait parfaitement ce qu'il en était», a déclaré M. Lafrance aux parlementaires de la commission de l'Économie et du Travail, jeudi.

Toujours vice-président chez IQ, M. Lafrance a exposé les conditions dans lesquelles la décision de vendre. IQ devait se départir d'une partie de ses parts pour respecter un seuil maximal de 10% de prise de participation. Lors de la séance du 17 novembre 2014, la discussion a dévié «de façon spontanée» vers la vente de l'ensemble du bloc détenu.

Vingt-huit mois après la tentative de prise de contrôle hostile par Lowe's, la menace semblait disparue, a expliqué M. Lafrance. Et la valeur des actions de 156 millions $ pesait «lourd» sur le portefeuille global de 2,5 milliards $ d'IQ.

Unanimité

La décision de vendre a été prise à l'unanimité par le c.a. d'IQ, sous réserve d'obtenir l'autorisation du ministre Jacques Daoust. Pour M. Lafrance, même si l'aval du politique n'était pas légalement obligatoire, il était incontournable.

«C'est un élément important, a affirmé M. Lafrance. Je pense que ça aurait eu une influence (si la réponse avait été négative). Si on le demande, c'est que ça avait un poids relatif important. Je ne pense pas que c'était anodin.»

Convaincu d'avoir l'assentiment du ministre, le c.a. d'IQ a entériné la vente des actions à sa séance suivant, le 15 décembre 2014.

M. Lafrance, qui a passé la majeure partie de sa carrière chez IQ, se considère «chanceux» d'avoir en main le courriel du chef de cabinet Pierre Ouellet. «Si on ne l'avait pas, je pense que ça n'aurait pas été une journée facile», a-t-il lancé.

Pour le Parti québécois, il est maintenant clair que le ministre démissionnaire Jacques Daoust a «menti». Il est inconcevable que le chef de cabinet Pierre Ouellet ne lui ait pas transmis la demande d'approbation d'IQ. Le député péquiste Alain Therrien soupçonne aussi que le bureau du premier ministre Couillard a été mis au parfum.

Ex-chef de cabinet

Le témoignage de Pierre Ouellet devant la commission parlementaire est attendu jeudi après-midi, à 16h. Les partis d'opposition dénoncent que les libéraux se sont objectés à une comparution de l'ex-ministre Jacques Daoust et de l'ex-dirigeant de RONA Robert Dutton.

L'achat des actions de RONA a été effectué en 2012 à la demande du ministre libéral Raymond Bachand. Elles ont été acquises à même les «fonds propres» qu' IQ doit techniquement gérer de façon autonome. Québec a voulu créer une «minorité de blocage» pour empêcher que RONA passe à Lowe's contre la volonté de ses administrateurs.

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