Weeds: Herbes et Curiosités fait des petits

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L'expansion prochaine de la boutique de cannabis médicinal, dont est responsable Michel Dumond (photo), se fera dans un contexte où la légalité de tels commerces n'est pas reconnue par les instances en place comme Santé Canada.

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(Québec) Jusqu'à deux nouvelles boutiques Weeds : Herbes et Curiosités, dispensaires de cannabis médicinal, ouvriront leurs portes à Québec d'ici quatre à cinq semaines. Une autre verra incessamment le jour à Montréal.

C'est ce qu'a appris Le Soleil lundi, de la bouche même de Michel Dumond, le responsable de la boutique du même nom ouverte depuis deux mois sur la rue Saint-Joseph Ouest, dans le quartier Saint-Sauveur.

«Le local dans Saint-Roch est rendu à la limite de sa capacité. [...] On dépasse les 3000 membres», indique celui qui s'est associé avec le controversé homme d'affaires Don Briere, arrêté plusieurs fois au cours des 44 dernières années pour possession et trafic de marijuana, afin de lancer ce qu'ils qualifient de «premier dispensaire de cannabis médicinal au Québec».

Une «couple» de boutiques Weeds : Herbes et Curiosités pourraient donc voir le jour à Québec «d'ici quatre à cinq semaines» afin de répondre à la demande; mais «commençons par une», précise M. Dumond. Il ajoute avoir déjà trouvé un local à Québec et un autre à Montréal, et qu'«il y en a peut-être un autre à Québec à venir», mais refuse de préciser au Soleil l'emplacement des dits locaux.

Légal ou pas?

Cette expansion prochaine se fera dans un contexte où la légalité de tels commerces n'est pas reconnue. En effet, «Santé Canada n'autorise pas les centres de distribution au détail, tels que les clubs compassion ou les dispensaires. Ils sont illégaux», peut-on lire sur le site de l'institution fédérale.

Dans une déclaration écrite datant du 11 août 2016, Santé Canada rappelle que «les comptoirs de vente de marijuana, communément appelés "dispensaires" ou "clubs compassion", n'ont pas l'autorisation de vendre du cannabis à des fins médicales ou autres.

Ces comptoirs vendent des produits non réglementés et possiblement dangereux qui font l'objet d'un approvisionnement illégal. La vente et la distribution illégales de cannabis dans des comptoirs au Canada sont passibles de mesures d'application de la loi.»

Actuellement, seuls les producteurs de cannabis approuvés par Santé Canada - il y en a actuellement 35, dont un seul au Québec - peuvent légalement vendre leur marchandise aux Canadiens autorisés à consommer de la marijuana à des fins médicales. Et ces producteurs approuvés ne peuvent vendre leur marchandise à un dispensaire, sous peine de perdre leur permis de production.

Michel Dumond affirme toutefois faire affaire avec certains de ces producteurs approuvés, qui prendraient le risque de perdre leur permis afin d'être «prêts à nous fournir» lorsque la marijuana aura été légalisée.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait procédé en 2010 à la fermeture du Centre compassion de Québec qui, depuis 2008, vendait de la marijuana à des consommateurs autorisés par Santé Canada. À l'époque, trois employés de l'établissement avaient été arrêtés et accusés de possession dans le but d'en faire le trafic, de complot pour trafic et de trafic de cannabis.

Plus récemment, 90 personnes ont été arrêtées en mai à Toronto à la suite d'une série de perquisitions réalisées dans 43 points de vente de cannabis situés dans la métropole canadienne. Ils ont notamment été accusés de trafic de drogue et de possession des produits de la criminalité.

Pas de sanction

Pourquoi la boutique Weeds : Herbes et Curiosités est-elle donc encore ouverte deux mois après son ouverture? «Le SPVQ est préoccupé par les activités d'un tel commerce et poursuit ses vérifications sur la légalité de celui-ci», répond laconiquement la police de Québec. «Présentement, c'est pas qu'on n'a pas le droit, se défend quant à lui M. Dumond, c'est que si on le fait pas, y'a un paquet de malades qui pourront pas se sentir mieux demain matin.»

«C'est pas nécessairement légal selon les directives de Santé Canada, mais c'est pas illégal non plus, parce qu'on essaie de respecter les lois de Revenu Canada», ajoute-t-il, répétant que son établissement et ses clients «paient des taxes». «Si on était si illégal que ça, ça ferait longtemps qu'on serait fermé.» Plusieurs pensent que les services de police à l'échelle du pays se montrent indulgents à l'endroit des dispensaires de cannabis dans le contexte où le projet de loi pour la légalisation de la marijuana annoncé par le gouvernement de Justin Trudeau devrait être déposé dans moins d'un an, soit au printemps 2017. Une hypothèse que refuse de commenter le SPVQ. Michel Dumond conclut quant à lui que «de toute façon, dans six mois, ça va peut-être être la régie des alcools qui va gérer tout ça».

Les Canadiens pourront faire pousser leur cannabis

À compter de mercredi, les Canadiens autorisés à consommer du cannabis à des fins médicales pourront en produire une quantité limitée pour leur propre consommation ou désigner une personne qui le fera pour eux. Ils pourront également continuer à se procurer leur cannabis auprès d'un des 35 producteurs de marijuana autorisés par Santé Canada, qui font l'objet d'un contrôle de la qualité. C'est ce que dicte le nouveau Règlement sur l'accès au cannabis à des fins médicales de Santé Canada, qui entrera en vigueur le 24 août. Michel Dumond, responsable de la boutique Weeds : Herbes et Curiosités, située sur la rue Saint-Joseph, ne voit pas ce nouveau règlement comme une compétition pour son entreprise. «On est entièrement en accord avec le fait que le monde puisse faire pousser eux-mêmes leur cannabis médicinal.» Par ailleurs, «Santé Canada est aussi déterminé à examiner d'autres modèles, y compris la distribution par les pharmacies», peut-on lire dans une déclaration émise par Ottawa pour annoncer la mise en vigueur du nouveau règlement. Actuellement, tout Canadien souhaitant se procurer légalement du cannabis médicinal doit obtenir un document médical - une sorte de prescription, mais plus détaillée - d'un praticien de la santé.

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