Immigration: manoeuvres et soudeurs, bienvenue!

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Fumoir Grizzly, une entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures, compte beaucoup sur les travailleurs étrangers pour remplir les commandes. La compagnie embauche des travailleurs de neuf nationalités différentes.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Trop de gestionnaires. Trop de professionnels. Pas assez de manoeuvres. Pas assez de soudeurs.

Pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), les candidats immigrants reçus au Québec ne correspondent pas aux besoins de main-d'oeuvre des petites et moyennes entreprises.

«Il est temps que ça change», a plaidé, mercredi, la vice-présidente principale de la FCEI, Martine Hébert, à l'occasion des auditions publiques sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2017-2019.

«Il faut que les politiques d'immigration permettent d'accueillir non seulement des travailleurs spécialisés, mais également des travailleurs non qualifiés dont nos PME ont grandement besoin. Malheureusement, les critères d'immigration ne permettent pas l'entrée de cette main-d'oeuvre non spécialisée.»

En ces temps de rareté de main-d'oeuvre et même de plein emploi dans certaines régions ou pour certains métiers, les principaux besoins à combler sont principalement des postes moins qualifiés tels que le personnel de production, les vendeurs, les techniciens et les cols blancs.

Selon un sondage mené par la FCEI auprès d'un échantillon de ses 24 000 membres au Québec, près du tiers des PME cherchent du personnel de production ou de corps de métier. Environ 23 % d'entre elles ont besoin de personnel de la vente et 20 % du personnel administratif ou technique. À peine 8 % des PME sont à la recherche de cadres et de gestionnaires.

«Si l'on regarde le profil des personnes immigrantes admises au cours des 10 dernières années, nous remarquons que le Québec a accueilli davantage de gestionnaires et de professionnels que de techniciens et de travailleurs non qualifiés. Il y a une dichotomie avec les besoins identifiés par les PME», rend compte Martine Hébert qui réclame un meilleur arrimage entre l'immigration et les postes disponibles sur le marché du travail.

«Il faut bien comprendre que les entreprises ne fondent pas leurs décisions d'embauche en fonction des qualifications des personnes qui sont à la recherche d'emplois, mais plutôt en fonction des postes qu'elles ont à pourvoir, a-t-elle fait valoir. Autrement dit, il est peu probable qu'une entreprise à la recherche d'un soudeur embauche un sociologue, simplement parce que ce dernier est à la recherche d'un emploi. À l'inverse, il est peu probable qu'un immigrant diplômé universitaire accepte d'occuper un poste de manoeuvre dans une usine de transformation alimentaire.»

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Infographie Le Soleil

L'exemple de Fumoir Grizzly

La quête de main-d'oeuvre est un défi de tous les instants pour Fumoir Grizzly, une entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures spécialisée dans la production et la commercialisation de poissons fumés.

Depuis plusieurs années, l'entreprise de 70 employés fait appel à des travailleurs étrangers installés à Québec. «Nous comptons des employés provenant de neuf nationalités différentes», explique la pdg, Laura Boivin, qui demande, elle aussi, que le Québec ouvre davantage ses portes aux travailleurs non qualifiés.

«Souvent, ils ne parlent pas français. Nous leur offrons des cours en milieu de travail. Nous les aidons à mieux s'adapter, car nous voulons qu'ils soient heureux et qu'ils restent avec nous. Nous veillons également à leur avancement au sein de la compagnie. Notre directeur de la production, un Roumain, est entré ici comme manoeuvre.»

La présidente de Fumoir Grizzly, Laura Boivin, compte... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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La présidente de Fumoir Grizzly, Laura Boivin, compte beaucoup sur les travailleurs étrangers non qualifiés. L'entreprise leur offre des cours de français, en plus de possibilités d'avancement.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Laura Boivin le confirme : le manque chronique de personnel d'usine freine la croissance de l'entreprise. Les commandes s'accumulent et il faut accroître la production. Une opération qui ne sait pas en un tournemain compte tenu que le personnel est insuffisant.

Récemment, Fumoir Grizzly a eu toutes les misères du monde à trouver les ressources humaines nécessaires pour ajouter une autre équipe de production afin de répondre à la demande de ses clients.

Le français, ça s'apprend aussi au travail

Le Québec doit-il ouvrir ses portes seulement aux candidats possédant une connaissance du français?

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) invite le gouvernement à ne pas trop s'enfarger dans les fleurs du tapis sur la question de la langue.

«De nombreux candidats potentiels qui pourraient occuper des emplois vacants tout en intégrant des programmes de francisation sont actuellement éliminés en raison des critères liés à la connaissance du français», avance la FCEI dans son mémoire. L'organisme parle même d'une «certaine forme de discrimination systémique en fonction du pays d'origine».

La FCEI estime que la Belle Province ne peut pas se payer le luxe de «bouder certains bassins d'immigration» tellement les besoins de main-d'oeuvre sont criants.

Le français, à son avis, peut s'apprendre dans les usines et dans les bureaux. Pas seulement sur les bancs d'école.

«L'une des façons d'assurer un apprentissage du français passe par le travail. Autrement dit, il est possible d'apprendre le français une fois rendu sur place.»

Travailleurs temporaires

Par ailleurs, la FCEI propose la création d'un nouveau visa qui ouvrirait la voie à la résidence permanente aux travailleurs étrangers temporaires peu qualifiés qui ont oeuvré deux ans et plus pour un employeur canadien. 

Une sorte de «voie d'accès» leur permettant d'accéder à la résidence permanente.

Dans la réalité des choses, les travailleurs étrangers temporaires viennent combler des besoins qui sont permanents dans les entreprises ou qui le deviendront avec le temps.

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