Bras de fer sur le salaire minimum à 15 $

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Selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, une telle hausse du salaire minimum serait une catastrophe pour les petites entreprises.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a beau se montrer réticent à hausser le salaire minimum à 15 $, les promoteurs de cette idée n'ont pas l'intention de lâcher prise. De son côté, la représentante des petites entreprises voit dans un tel salaire minimum une véritable catastrophe pour les PME.

Cette question du salaire minimum à 15 $, défendue par plusieurs organisations syndicales et groupes communautaires, est revenue dans l'actualité à l'occasion du Forum social mondial, vendredi dernier, après que l'homme d'affaires Alexandre Taillefer l'eut aussi défendue, au nom de la «décence» envers les travailleurs à faible revenu.

Dans les heures qui ont suivi, M. Leitão a dit juger que le salaire minimum, actuellement à 10,75 $ l'heure, était suffisant.

L'un des porte-étendards de cette cause du salaire minimum à 15 $, Daniel Boyer, président de la FTQ, s'est dit estomaqué d'une telle déclaration du ministre. Il a l'intention de poursuivre le gouvernement avec cette idée jusqu'aux prochaines élections s'il le faut.

«On ne lâchera pas le morceau», s'est-il exclamé, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, mardi.

«Je comprends que ça ne fasse pas l'unanimité. Mais si on posait la question dans un sondage : "Est-ce que c'est suffisant comme salaire, 10,75 $ l'heure?", je pense qu'il y aurait un fort pourcentage de gens qui diraient non. Et j'inviterais M. Leitão à vider son compte en banque, et à essayer de vivre pendant une semaine, un mois, avec 10,75 $ l'heure, juste pour le fun, pour voir ce que ça donne», a lancé M. Boyer.

Le président de la plus grande centrale syndicale au Québec s'est d'ailleurs dit surpris de cette attitude fermée du ministre des Finances, ajoutant que lorsque les organisations syndicales en avaient parlé au premier ministre Philippe Couillard, lors de leur traditionnelle rencontre du 1er mai, ce dernier s'était montré plus compréhensif, plus ouvert.

«Catastrophique», dit la FCEI

De son côté, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui représente des milliers de petites et moyennes entreprises, s'inquiète d'un salaire minimum éventuellement à 15 $.

«Ce n'est pas une bonne idée. Ce serait catastrophique pour les petites entreprises», s'est exclamée Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, espère... (Archives La Presse) - image 2.0

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Le président de la FTQ, Daniel Boyer, espère que plusieurs milliers de personnes se joindront à la manifestation.

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Mme Hébert estime qu'une telle hausse n'est «pas le meilleur moyen» pour améliorer le sort des travailleurs à faible revenu et qu'il y aurait des moyens «moins dommageables pour l'économie».

Exemption personnelle

Elle suggère, par exemple, de hausser l'exemption personnelle de base de 1000 $ ou 2000 $ pour les travailleurs à faible revenu et d'investir en formation pour les travailleurs moins qualifiés.

M. Boyer rejette cette suggestion de hausser l'exemption personnelle de base, parce que ce serait ainsi l'ensemble des contribuables qui se trouveraient à compenser financièrement les salaires trop bas payés par ces employeurs.

Mme Hébert fait valoir un autre argument : l'équité entre les travailleurs au sein d'une entreprise. Elle croit que si on hausse le salaire minimum à 15 $ pour les employés moins qualifiés, ceux qui en gagnent actuellement 18 $ réclameront à leur tour davantage.

Et la vice-présidente s'adresse particulièrement à la FTQ et à la CSN, qui militent pour cette cause.

«Les grandes centrales syndicales le savent très bien qu'on a une économie basée sur les petites et moyennes entreprises. Elles-mêmes le font valoir lorsqu'il est question de leur fonds de travailleurs, comme quoi elles veulent soutenir les PME. Eh bien, si elles veulent vraiment soutenir les PME, elles devraient peut-être opter pour une autre solution que celle du salaire minimum», leur conseille Mme Hébert. Elle fait ainsi référence au Fonds de solidarité de la FTQ et au Fondaction de la CSN.




Les autres voudront plus

Mme Hébert fait valoir un autre argument: l'équité entre les travailleurs au sein d'une entreprise. Elle croit que si on hausse le salaire minimum à 15 $ pour les employés moins qualifiés, ceux qui en gagnent actuellement 18 $ réclameront à leur tour davantage.

Et la vice-présidente s'adresse particulièrement à la FTQ et à la CSN, qui militent pour cette cause.

«Les grandes centrales syndicales le savent très bien qu'on a une économie basée sur les petites et moyennes entreprises. Elles-mêmes le font valoir lorsqu'il est question de leur fonds de travailleurs, comme quoi elles veulent soutenir les PME. Et bien, si elles veulent vraiment soutenir les PME, elles devraient peut-être opter pour une autre solution que celle du salaire minimum», leur conseille Mme Hébert. Elle fait ainsi référence au Fonds de solidarité de la FTQ et au Fondaction de la CSN.

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