Bauer en difficulté

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Bauer est dans la mire des autorités boursières canadiennes et américaines parce qu'elle a retardé la publication de son rapport annuel en plus de mener une enquête interne sur ses pratiques comptables.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Malmené en Bourse depuis plus d'un an, le fabricant d'équipement de hockey Bauer, dont le plus important actionnaire est Power Corporation, a vu son action poursuivre sa dégringolade, lundi, en raison de son incapacité à déposer à temps ses états financiers annuels vérifiés.

En ne respectant pas l'échéance fixée au 15 août, Performance Sports Group (TSX : PSG), qui commercialise également la marque Easton, a indiqué qu'elle se trouvait dans une situation de défaut de facilités de crédit à l'égard de ses créanciers.

L'annonce a été mal reçue par les investisseurs, puisqu'à la Bourse de Toronto, l'action de l'équipementier a abandonné 46,44 %, ou 2,09 $, pour clôturer à 2,41 $, au cours d'une séance où le volume de transaction a été supérieur à 4,2 millions, ce qui est exceptionnellement élevé par rapport à sa moyenne d'environ 119 000. Depuis un an, la valeur du titre de Performance Sports Group a plongé d'environ 90 %.

Avant l'ouverture des marchés, la société avait précisé que le dépôt des documents concernés avait été retardé par une enquête interne menée par son comité d'audit.

Performance Sports Group a précisé avoir retenu les services d'experts indépendants et que des discussions étaient en cours avec ses créanciers, sans toutefois s'avancer sur les résultats de la démarche.

La société n'a pas fourni plus de détails entourant l'enquête et n'a pas évoqué le moment du dépôt des documents concernés.

Dette de 424,8 M $US

Dans le cadre d'une annonce effectuée en juin dernier, l'entreprise exploitant un centre de recherche et développement à Blainville, dans les Laurentides, disait s'attendre à afficher une dette de 424,8 millions $US à la fin de l'exercice 2016.

Par le biais de sa filiale Sagard Capital, Power Corporation (TSX:POW) a progressivement augmenté sa participation dans Performance Sports Group au fil du temps pour en devenir le plus important actionnaire.

En date du 25 juillet, la participation de Sagard Capital était évaluée à 17 %, d'après Thomson Reuters.

Depuis à peine quelques jours, le président du conseil de Sagard Capital, Paul Desmarais III, siège également au conseil d'administration de Performance Sports Group, à la suite de la démission de Dan Friedberg.

Le conglomérat a redirigé les questions vers l'équipementier sportif, qui affirme que le cours normal de ses activités ne changera pas en raison de la situation actuelle.

«Notre compagnie ne s'attend pas à ce que cette annonce se traduise par un impact sur notre capacité à fournir des produits de qualité à nos détaillants», a indiqué l'entreprise, par courriel.

Établie à Exeter, dans l'État du New Hampshire, Performance Sports Group avait soulevé des risques à l'égard de sa rentabilité lors de la divulgation de ses résultats du quatrième trimestre, le 31 mai.

Incursion critiquée

En plus d'être lourdement endettée, l'incursion effectuée par l'entreprise dans le secteur du commerce de détail a été critiquée par plusieurs, dont Graeme Roustan, président du conseil d'administration de 2008 à 2012.

Joint au téléphone, l'homme d'affaires originaire de Sherbrooke, qui a tenté sans succès de revenir au conseil d'administration de l'équipementier l'an dernier, a affirmé qu'il était toujours disponible si on avait besoin de lui. «Le conseil sait que je suis prêt à revenir comme président du conseil et commencer un processus de redressement, a-t-il dit. L'offre est sur la table et elle continuera à le rester.»

Au cours des deux derniers mois, Performance Sports Group a effectué deux rondes de mises à pied. La plus récente, annoncée le 2 août, a eu des répercussions au sein de son centre d'innovation de Blainville inauguré il y a moins d'un an.

M. Roustan s'est montré critique des compressions effectuées dans les Laurentides. «Je suis inquiet parce que c'est à cet endroit qu'on effectue la recherche et le développement. Avec moins d'ingénieurs québécois, je suis préoccupé de la future gamme de produits.»

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