Le gestionnaire du Centre Vidéotron s'en va

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Pierre Dion et Benoit Robert

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(Québec) «Je suis un homme très chanceux. À la loterie des défis, j'ai sorti le bon numéro», disait le gestionnaire du Centre Vidéotron Benoît Robert au Soleil en septembre dernier. Aujourd'hui, il quitte son poste et retourne vivre aux États-Unis, avec sa famille.

Celui qui était président du Groupe Sports et divertissement de Québecor était à Québec depuis deux ans pour veiller à la programmation et à la bonne marche du Centre Vidéotron.

«Benoît Robert agira désormais comme conseiller spécial au président et chef de la direction de Québecor en matière de sports et divertissement. Benoît retournera aux États-Unis rejoindre sa famille et collaborera désormais au développement des affaires de Québecor à partir de Los Angeles, où il a décidé de s'établir», a confirmé Martin Tremblay, vice-président affaires publiques chez Québecor, dans une déclaration fournie aux médias jeudi.

Même s'il restera en contact avec l'entreprise, le grand manitou du Centre Vidéotron cède officiellement son poste à Pierre Dion, le président-directeur général de Québecor, qui portera alors un double chapeau.

«Le fait que Pierre Dion fasse le choix d'assumer cette fonction témoigne de l'importance qu'il accorde au succès du Centre Vidéotron, au retour d'une équipe de la LNH [Ligue nationale de hockey] à Québec et à l'ensemble du plan d'affaires sports et divertissement de l'entreprise», croit M. Tremblay.

Québecor assure que Benoît Robert restera actif à Los Angeles, notamment dans le dossier d'un éventuel retour d'une équipe de la LNH à Québec. Celui qui était constamment dans ses valises aurait fait un choix familial.

«Benoît continuera de collaborer au succès de notre stratégie «sports et divertissement», dont la programmation du Centre Vidéotron et l'acquisition d'une franchise de la LNH. Nous pourrons ainsi continuer de compter sur la grande expérience de Benoît ainsi que sur sa connaissance du marché américain en matière de sports et divertissement où il a développé un réseau de contacts très important», ajoute M. Tremblay.

Martin Tremblay n'a pas voulu répondre aux questions du Soleil sur le sujet, s'en tenant à sa déclaration officielle. Ni Benoît Robert ni Pierre Dion n'étaient disponibles jeudi pour une entrevue.

Benoit Robert est un ex-hockeyeur d'origine québécoise, exilé pendant 35 ans aux États-Unis. Il a entre autres travaillé avec les Kings de Los Angeles et avec le géant du divertissement AEG. Il avait obtenu la présidence du Groupe Sports et divertissement de Québecor en août 2014, succédant à Aldo Giampaolo.

La première sortie publique de M. Robert remonte à septembre 2014, où, à côté du maire de Québec, Régis Labeaume, et du pdg de Québecor, Pierre Dion, il demandait à la population de lui faire confiance pour remplir l'amphithéâtre.

M. Robert s'était ensuite réjoui de la popularité des festivités d'ouverture du Centre Vidéotron et des ventes de billets à la fin de l'année 2015.

En juin dernier, les résidents de Québec ont toutefois appris que Québecor avait fait un déficit d'exploitation de 1,4 million $ en 2015 et que la Ville de Québec devait en éponger la moitié, soit 729 000 $.

En réaction, Pierre Dion avait toutefois soutenu que Québecor ne changeait pas son modèle d'affaires en ce qui a trait au Centre Vidéotron et qu'il fallait s'attendre à un déficit également pour l'an prochain. «Ça va prendre quelques années avant de le rentabiliser», a-t-il indiqué à propos du nouvel amphithéâtre de Québec.

Forte baisse du profit net

Québecor a aussi appris en juin que la candidature de la Ville de Québec n'avait pas été retenue par la LNH dans son processus d'expansion. Seule la ville de Las Vegas aura droit à une nouvelle équipe de hockey professionnelle.

Dans une conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre de Québecor jeudi, Pierre Dion a soutenu que malgré sa déception, Québecor «restait un partenaire fort de la LNH».

Au cours du deuxième trimestre de l'année, l'entreprise a engrangé un bénéfice net de 9,8 millions $, ou 8 ¢ par action, par rapport à 72,1 millions $, ou 59 ¢ par action, il y a un an.

Abstraction faite des éléments non récurrents, Québecor a fait état d'un profit ajusté de 69,9 millions $, ou 57 ¢ par action, en progression de 5,1 %.

Les recettes ont progressé de 3 % pour s'établir à 992,5 millions $.

Par ailleurs, la présidente et chef de la direction de Québecor Groupe Média, Julie Tremblay, a déploré la baisse des revenus publicitaires et de la rentabilité de la chaîne spécialisée TVA Sports découlant de l'exclusion du Canadien de Montréal des séries éliminatoires de la LNH.

De plus, les activités de location de studios et d'équipements de Mels Studios et Postproduction ont été touchées par l'absence d'une mégaproduction hollywoodienne au deuxième trimestre 2016.

Avec La Presse Canadienne

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La conseillère de l'opposition Anne Guérette... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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La conseillère de l'opposition Anne Guérette

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pas rassurant pour Québec, croit Anne Guérette

C'est avec de grandes craintes que la conseillère de l'opposition Anne Guérette a accueilli la nouvelle du départ de Benoît Robert.

«M. Robert devait être l'une des meilleures personnes pour ramener une équipe de la LNH [Ligue nationale de hockey] à Québec et là, pour toutes sortes de raisons, il quitte le navire. Mais nous, le navire, on ne peut pas le quitter! Il nous appartient, on s'est engagés et on est obligés de soutenir cette entreprise», lance celle qui est aussi candidate à la chefferie du parti Démocratie Québec.

«Signe d'instabilité»

Mme Guérette ne digère pas ce qu'elle considère comme un «revirement» et «un signe d'instabilité» chez Québecor.

«Depuis le début de cette aventure, on nous dit que ça va être rentable, que ça va être extraordinaire au niveau des spectacles, qu'on va ramener une équipe de la LNH à Québec et que ça va stimuler le développement immobilier autour de l'édifice», rappelle Mme Guérette.

La conseillère considère maintenant que les citoyens de Québec doivent vivre avec «les conséquences négatives du pari hautement risqué pris par le maire, de façon précipitée».

«Les faits, c'est que le Centre Vidéotron est déficitaire, qu'on doit signer des chèques pour éponger les déficits, qu'il n'y a pas d'équipe de la LNH et qu'il n'y a aucun bâtiment en construction autour pour rapporter des taxes à la Ville. Ce qu'on nous promet par rapport à ce qui se passe en réalité, c'est deux choses», s'insurge-t-elle.

La conseillère s'inquiète aussi pour les prochains mois, alors que peu de spectacles et d'événements sont à l'affiche au Centre Vidéotron. «Il y a 10 soirs de réservés d'ici la fin de l'année 2016, dont 5 seulement pour Céline Dion. On est pas mal loin des 100 soirs d'occupation par année, dont on parlait avant.»

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