Les incendies en Alberta ont nui à l'économie du pays, dit la Banque du Canada

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La banque centrale a estimé que l'incendie de forêt qui a dévasté la région albertaine de Fort McMurray avaient retranché 1,1 point de pourcentage à la croissance du deuxième trimestre.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

La Banque du Canada a réduit ses perspectives pour l'année en faisant valoir que les dommages causés par les incendies de forêt en Alberta avaient entraîné une contraction de l'économie au deuxième trimestre.

Les conséquences du désastre, qui a forcé l'interruption temporaire des activités d'importantes installations de sables bitumineux, se sont imposées alors que l'économie nationale éprouvait déjà des difficultés avec ses exportations, les faibles investissements des entreprises et l'incertitude vis-à-vis de la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne.

Les prévisions de la banque centrale du Canada ont été publiées mercredi, en même temps que sa plus récente annonce au sujet de son taux d'intérêt directeur. Ce dernier est resté inchangé à 0,5 pour cent, comme prévu.

«Essentiellement, les forces sous-jacentes qui favorisent un raffermissement de la croissance au Canada restent les mêmes, et le processus d'ajustement de l'économie aux prix du pétrole moins élevés est bien engagé», a déclaré la première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins, après l'annonce.

«Ceci dit, des facteurs internationaux et nationaux nous ont amenés à revoir à la baisse nos prévisions de croissance pour le produit intérieur brut.»

Conséquences du Brexit

Parmi les prévisions de son Rapport sur la politique monétaire, la banque centrale a mis un chiffre, pour la première fois, sur l'impact potentiel du référendum britannique qui a eu lieu le 23 juin dernier, au cours duquel le Royaume-Uni a choisi de se séparer de l'UE - un événement surnommé «Brexit».

Les suites du vote devraient réduire le niveau du PIB mondial de 0,2 pour cent d'ici la fin de 2018 - et réduire de 0,1 pour cent celui du Canada au cours de la même période.

Selon la banque centrale, cet effet «modeste» sur le Canada est essentiellement attribuable à la faible exposition commerciale directe au Royaume-Uni. La banque a souligné que la portée de l'impact du Brexit restait incertaine et qu'elle ne serait comprise qu'une fois que le processus se déroulera.

Le rapport de la Banque du Canada a aussi donné plus de détails sur les effets de l'énorme incendie de forêt qui a dévasté la région albertaine de Fort McMurray, en mai. Les flammes ont réduit la production pétrolière, entraîné l'évacuation de Fort McMurray et détruit plus de 2000 structures.

La banque centrale a estimé que les incendies avaient retranché 1,1 point de pourcentage à la croissance du deuxième trimestre - évaluée le produit intérieur brut (PIB) réel -, ce qui signifie que l'économie devrait s'être contractée de 1,0 pour cent.

En avril, avant les incendies, la banque avait prédit que l'économie afficherait une croissance de 1,0 pour cent au deuxième trimestre.

Redressement au 3e trimestre

Malgré tout, la banque s'attend à un «redressement marqué» au troisième trimestre, avec la reprise de la production pétrolière et les efforts de reconstruction dans la région. La croissance du troisième trimestre devrait gagner 1,3 point de pourcentage grâce à ces éléments, ce qui se traduirait par une croissance de 3,5 pour cent pour le trimestre.

Ce redressement devrait aussi être alimenté par les mesures mises en place par le gouvernement fédéral pour améliorer les allocations pour enfants - qui stimulent la consommation - et son engagement à augmenter les dépenses en infrastructures, a précisé la Banque du Canada.

La banque a aussi révisé à la baisse sa prévision de croissance pour l'ensemble de 2016, la faisant passer à 1,3 pour cent, comparativement à sa projection de 1,7 pour cent en avril. Ce faisant, elle a souligné les plus faibles perspectives pour les investissements et les exportations, qui ont plus que contrebalancé l'effet positif de la récente croissance des prix du pétrole.

Elle calcule maintenant que l'économie avancera de 2,2 pour cent l'an prochain, et de 2,1 pour cent en 2018. En avril, la banque avait dit prévoir une croissance de 2,3 pour cent en 2017 et de 2,0 pour cent en 2018.

Malgré tout, la banque a expliqué dans son rapport sur la politique monétaire que l'intensification de l'activité dans le secteur hors ressources «(s'imposerait) comme la tendance dominante au second semestre de 2016».

Elle croit que la demande étrangère et les dépenses publiques progresseront, tout comme l'incidence de la dépréciation passée du dollar canadien, ce qui fera monter le taux de croissance du PIB.

Selon le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, même si les exportations hors ressources ont offert une performance décevante ces derniers mois, elles devraient continuer à grimper de façon soutenue à plus long terme, comme elles l'ont fait ces dernières années.

«Cela nous permet de garder espoir dans le récit de base (...) Nous refusons d'imposer un virage à 180 degrés de nos prévisions en raison des quelques dernières données ponctuelles», a expliqué M. Poloz aux journalistes.

Pour ce qui est de la décision de maintenir le taux d'intérêt directeur à son niveau actuel, la banque a expliqué que l'inflation s'était tenue à l'intérieur de la fourchette qu'elle privilégie, même si elle s'est aventurée récemment un peu plus haut que prévu.

Les vulnérabilités financières restent cependant «élevées» et elles «s'accentuent», particulièrement dans les régions de Vancouver et de Toronto.

Le rapport a répété les récents avertissements de M. Poloz au sujet des hausses de prix insoutenables des maisons sur les marchés de Vancouver et de Toronto. Le gouverneur a déjà indiqué que les hausses de prix étaient démesurées par rapport aux données économiques fondamentales comme la création d'emplois, l'immigration et la croissance des revenus.

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