La pénurie de main-d'oeuvre menace l'industrie touristique

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À la grandeur du Québec, 50 000 postes dans le secteur du tourisme pourraient demeurer vacants d'ici 2035, dont 2000 dans la capitale.

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(Québec) Le secteur du tourisme manque de jambes, de bras et de cerveaux. Rien de nouveau sous le soleil, dites-vous. N'empêche que le constat demeure toujours aussi implacable.

Une nouvelle étude réalisée par le Conference Board pour le compte de RH Tourisme Canada avance même que les «graves» problèmes de main-d'oeuvre «menacent» la croissance du tourisme au pays.

«Les recherches indiquent que le bassin de travailleurs disponibles ne sera pas en mesure de suivre la cadence de la croissance continue de la demande de main-d'oeuvre», signale-t-on en précisant que la hausse «potentielle» de dépenses dans le secteur touristique pourrait atteindre 287 milliards $ d'ici 2035. 

Et «pour suivre la cadence», une hausse de 41 % du nombre d'emplois sera requise. 

En 2014, les touristes ont dépensé 88,5 milliards $ au Canada.

L'industrie fait travailler 1,7 million de personnes d'un océan à l'autre. 

Ainsi, en raison du manque de travailleurs, pas moins de 240 000 postes dans le secteur du tourisme pourraient demeurer vacants d'ici 2035 dont 50 000 dans la Belle Province et 2000 à Québec.

Seulement dans l'industrie de la restauration, il pourrait y avoir 102 257 postes à pourvoir au cours des 20 prochaines années. 

Des préposés au comptoir et des aides de cuisine, les restaurateurs canadiens vont en nécessiter près de 54 000. Des cuisiniers, près de 19 000. Des superviseurs de services alimentaires, un peu moins de 11 000.

D'autres perles rares sont quasi introuvables. C'est le cas des animateurs, des responsables et des préposés de programmes de sports et de loisirs. Il en faudrait 35 000.

Selon l'étude, l'augmentation de l'immigration et le niveau plus élevé de participation des femmes au marché du travail ne permettront pas de contrer tous les effets du vieillissement de la population et de la baisse du nombre de jeunes de 15 à 24 ans que l'on retrouve généralement en grand nombre dans le secteur touristique. 

Chambres vacantes, restaurants fermés

«L'année 2015 a été une excellente année en matière de voyage et de tourisme, car des hausses ont été enregistrées dans le marché des voyages canadiens, américains et outremer», rend compte RH Tourisme Canada. «Toutefois, cette hausse de la demande a entraîné des problèmes de main-d'oeuvre pour de nombreuses entreprises.»

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Le Soleil

«Dans les cas extrêmes, les problèmes de main-d'oeuvre se sont traduits par des chambres d'hôtel demeurant vacantes en raison d'un manque de personnel pour en faire le nettoyage. Des restaurants ont dû réduire leurs heures d'ouverture ou même fermer leurs portes certains jours en raison d'un manque de personnel pour couvrir tous les quarts de travail. Bref, des transactions et des revenus ont été perdus en raison des pénuries de main-d'oeuvre», relate l'organisme qui veille à l'amélioration de la qualité et de la mobilité de la main-d'oeuvre dans l'industrie du tourisme.

Hausser les salaires?

Le secteur touristique serait-il plus attrayant s'il offrait de meilleures conditions salariales à son monde?

Pas certain, avance RH Tourisme Canada. Ça pourrait être un couteau à deux tranchants. Ça pourrait entraîner un accroissement du coût des produits et des services touristiques et, par conséquent, un frein à la croissance de la demande.

«Même si une hausse des salaires aidera à attirer plus de travailleurs, elle obligera aussi les entreprises à transmettre aux clients cet accroissement des coûts de main-d'oeuvre», rapporte l'étude. 

«En haussant les salaires, le secteur du tourisme serait en mesure d'accroître l'offre de main-d'oeuvre de 60 653 emplois à l'année. Cette augmentation représente 25 % de la pénurie de main-d'oeuvre potentielle totale prévue dans le secteur touristique en 2035.»

Les sources potentielles de croissance pour l'offre de main-d'oeuvre se trouvent principalement du côté des travailleurs plus âgés, des nouveaux immigrants, des travailleurs étrangers temporaires, des communautés autochtones et des personnes sans emploi. 

Du boulot reste à faire, également, pour accroître la productivité de la main-d'oeuvre au sein des entreprises touristiques.

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