Un inspirant modèle allemand en formation professionnelle

Une partie de la première cohorte d'étudiants du... (Photo fournie par la commission scolaire de la Beauce-Etchemins)

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Une partie de la première cohorte d'étudiants du CIMIQ en soudage-montage, qui a passé la moitié de son temps sur les bancs d'école, et l'autre moitié en entreprise.

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(Québec) Lancés au cours de la dernière année à Thetford Mines et à Saint-Georges, deux projets-pilotes d'apprentissage en milieu de travail qui s'inspirent du modèle dual allemand connaissent déjà une forte popularité. Le ministère de l'Éducation souhaite maintenant élargir la formule. Un appel a été lancé ces derniers mois pour mettre sur pied d'autres programmes similaires un peu partout au Québec. Parce qu'aller à l'école tout en passant la moitié de son temps en entreprise est une formule alléchante pour les jeunes adultes.

Après avoir adopté le modèle dual allemand, en janvier, le programme de soudage-montage de la commission scolaire de la Beauce-Etchemins (CSBE) est passé de 4 inscriptions par session à... 40. «On a été surpris d'avoir 65 personnes lors de notre première soirée d'information, en décembre dernier», raconte André Poulin, gestionnaire de la formation professionnelle à la CSBE.

Les futurs étudiants, qui avaient en majorité entre 30 et 45 ans, étaient intéressés par la formation concrète en entreprise et le salaire annuel entre 11000 $ et 30000 $ qu'ils pourraient gagner durant les 18 mois que dure le diplôme d'études professionnelles (DEP).

Des entreprises comme Canam, Manac, PHL, ProPac et Quirionmétal ont levé la main pour participer au projet et embaucher des étudiants dès le départ, en sachant qu'ils allaient passer 50 % de leur temps au Centre de formation CIMIC, à Saint-Georges.

«Les entreprises ont été très participatives. Elles ont beaucoup de difficulté à recruter des gens formés, alors elles ont embarqué», soutient M. Poulin.

Dans le modèle dual, les jeunes vont en entreprise dès la deuxième semaine du programme et mettent en pratique tout de suite ce qu'ils apprennent au lieu d'attendre les stages de fin d'études.

Des 40 étudiants inscrits en soudage-montage, 17 ont pu participer au modèle allemand, car ils ont été sélectionnés par les entreprises. Les autres suivent la formation traditionnelle.

Mais ils auront une autre chance de se joindre au projet-pilote, car la CSBE ouvre une deuxième cohorte en septembre. «Ça a tellement bien été qu'on n'attend pas en janvier. Les étudiants trouvent que la formation est concrète et les entreprises y trouvent leur compte», exprime M. Poulin. Certaines poussent même leurs employés actuels non qualifiés à suivre la formation.

À la lumière des premiers résultats, M. Poulin est catégorique. «Faut qu'il se passe quelque chose au Québec en formation professionnelle, parce qu'on a de la difficulté à attirer des candidats. On n'a pas le choix d'aller vers ce modèle-là.»

Montmagny sur les rangs

Le centre de formation professionnelle (CFP) de l'Envolée, à Montmagny, est maintenant sur les rangs pour accueillir un projet-pilote semblable en janvier 2017.

Déjà, une douzaine d'entreprises de la région, comme Teknion, Usimet, Rousseau Métal ou Maison Laprise, se sont montrées intéressées à embaucher des étudiants des DEP en tôlerie et en technique d'usinage. «Ça augure très bien, on est confiants qu'on pourra le faire», indique Brigitte Labrecque, conseillère aux entreprises au Centre local de développement de Montmagny.

La formule collégiale: un prof dans l'usine

Au Cégep de Thetford, les étudiants en technique de la plasturgie ne sont pas embauchés dès le départ par des entreprises. Mais ils y passent tout de même 50 % de leur temps, sous l'oeil avisé de leur prof.

«Les jeunes apprécient le nouveau programme parce qu'ils le trouvent concret», soutient Robert Rousseau, directeur du Cégep de Thetford. Il y a deux ans, le programme de plasturgie était sur le respirateur artificiel avec seulement trois à quatre admissions par année, malgré la forte demande dans le secteur.

En septembre 2015, il a accueilli sa première cohorte du modèle allemand qui est passée d'un seul coup à 20 étudiants. La deuxième cohorte, qui commence en septembre prochain, compte elle aussi une vingtaine de jeunes. Comme tous les autres cégépiens, les futurs techniciens en plasturgie continuent de suivre leurs cours généraux (français, philosophie, etc.) au Cégep de Thetford, mais tous leurs cours de technique se déroulent dans un contexte industriel.

«Les entreprises répondent très bien à notre demande, elles aimeraient même qu'on aille plus vite parce qu'elles manquent de main-d'oeuvre», lance M. Rousseau. Mais la technique dure tout de même trois ans, si bien que le projet-pilote accouchera de ses premiers travailleurs en 2018.

Le Cégep de Thetford dit avoir adapté le modèle allemand à la sauce québécoise. «Ce qu'on demande à l'entreprise, c'est d'accueillir et d'accompagner. Mais contrairement au modèle dual appliqué en Allemagne, on ne confie pas la responsabilité d'enseigner le travail technique à l'entreprise. Elle reste entre les mains de l'enseignant, qui est là en tout temps», soutient M. Rousseau, qui préfère parler «d'apprentissage en milieu de travail».

Les étudiants ne touchent pas de salaire durant leurs études, sauf pour le stage rémunéré à la toute fin. Selon M. Rousseau, comme le secteur manufacturier québécois compte plus de PME que de grandes entreprises, il serait difficile pour elles de prendre complètement en charge l'enseignement. Surtout qu'elles sont spécialisées souvent dans certains secteurs de la plasturgie.

Génie mécanique à Jonquière

Le deuxième établissement collégial à proposer un projet-pilote semblable est le Cégep de Jonquière, qui offrira dès septembre sa technique de génie mécanique selon le modèle allemand à une quarantaine d'étudiants. «Le ministère de l'Éducation nous a approchés pour expérimenter cette nouvelle formule d'apprentissage et on avait aussi le goût d'aller dans ce sens-là», indique Jasmine Gauthier, directrice des études au cégep de Jonquière.

Encore une fois, les entreprises de la région ne se sont pas fait prier pour participer et les étudiants iront dès les premiers mois tâter le terrain en usine.

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