L'incertitude fait plonger les marchés européens

Madrid a subit une chute importante de 12,35%.... (Agence France-Presse)

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Madrid a subit une chute importante de 12,35%.

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Paris

Prises à contre-pied par le vote en faveur d'un Brexit qu'elles n'avaient pas anticipé, les places boursières européennes ont terminé la séance en déroute vendredi, à l'exception notable de Londres, qui tirait son épingle du jeu.

Paradoxalement, l'indice londonien a moins souffert que ses équivalents du continent, terminant la séance sur une baisse de 3,15% car il compte nombre de multinationales qui, pour certaines, ont peu d'activité en Europe, tandis que Paris cédait 8,04% et Francfort 6,82%.

A court terme, la baisse de la livre sterling pourrait également éventuellement se traduire par un gain de compétitivité pour les entreprises britanniques.

Avec la monnaie britannique au plus bas depuis 1985, les marchés européens ont toutefois été les principales victimes de cette journée noire, subissant des chutes du même ordre de grandeur qu'au moment de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

Après s'être envolée au-dessus de 1,50 dollar au moment de la fermeture des bureaux de vote, la livre sterling est tombée à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu'à 1,3229 dollar.

Vers 6h, heure du Québec, elle effaçait une partie de ses pertes face au dollar, à 1,3629 dollar pour une livre contre 1,4974 dollar jeudi soir.

Ailleurs en Europe Madrid a chuté de 12,35% et Milan de 12,48%. Lisbonne a perdu 6,99%, Bruxelles 6,40% et Amsterdam 5,70%. La Bourse suisse a reculé quant à elle de 3,44%. L'Eurostoxx 50 a reculé de 8,62%.

«L'étendue du plongeon a été exacerbée par un marché totalement positionné dans la mauvaise direction, les investisseurs choisissant de faire confiance aux sondages, sans plus de prudence, en misant massivement sur un +Remain+», un maintien du Royaume-Uni dans l'UE, explique Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

«C'est clairement un très gros choc pour les marchés» et «pour le Royaume-Uni, c'est un séisme» dont les «implications vont indubitablement aller au-delà des frontières britanniques, avec un effet immédiat et potentiellement durable sur les échanges commerciaux et sur tous les actifs financiers», affirme à l'AFP Matthew Beesley, directeur actions internationales de la société de gestion britannique Henderson Global Investors.

Depuis le début de la campagne, les marchés redoutaient une sortie du Royaume-Uni aux conséquences dévastatrices pour l'économie européenne et mondiale ainsi que pour le monde financier.

Le secteur bancaire a été le plus exposé au cours de cette journée avec Lloyds Banking Group (-21,00%) mais aussi en France BNP Paribas (-17,40%), Crédit Agricole (-14,00%) et Société Générale (-20,57%). Deutsche Bank a perdu 14,13% et Crédit Suisse 13,48%.

Parallèlement, les valeurs refuge comme le yen ou l'once d'or flambaient et les investisseurs se sont rués sur le marché obligataire.

Les banques sur le pied de guerre

Face à ce séisme les banques centrales étaient sur le pied de guerre pour tenter d'apaiser les craintes, avec un effet très limité sur les marchés à ce stade.

Concernée en premier chef par les répercussions du référendum, la Banque d'Angleterre (BoE) a indiqué qu'elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d'euros) de fonds additionnels.

Peu avant l'ouverture de Wall Street, la Réserve fédérale américaine a aussi donné de la voix en assurant être prête à fournir des liquidités en dollars aux autres banques centrales pour faire face aux «pressions».

Dans la matinée, alors que les marchés asiatiques dévissaient, la Banque du Japon (BoJ) a fait des déclarations similaires, ce qui n'a pas empêché la Bourse de Tokyo de plonger de près de 8% à la clôture.

Un certain nombres de gérants d'actifs, à l'instar du numéro un mondial, l'américain BlackRock, ont cherché vendredi à relativiser en voyant aussi dans ces mouvements des «opportunités».

«Aujourd'hui, le marché est dans la phase émotionnelle, car le vote va à l'encontre des prévisions et le score est sans appel», affirme Alain Zeitouni, directeur des gestions pour Russell Investments France, basé à Londres.

Mais selon lui, «le choc est absorbable» et «nous n'assistons pas à des ventes de panique».

Reste que le principal poids qui pèse sur les marchés est celui de l'incertitude.

Car comme le souligne Allianz Global Investors, «certes, on peut s'attendre à ce que le Royaume-Uni parvienne effectivement à établir de nouvelles relations commerciales avec l'UE et d'autres pays, mais ce processus prendra du temps et demandera un effort considérable».

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