L'industrie éolienne du Québec devra s'ouvrir sur le monde

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Environ 250 personnes prennent part au 10e Colloque de l'industrie éolienne québécoise, qui se tient à Matane jusqu'à mercredi.

Collaboration spéciale Johanne Fournier

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Matane) Dans un contexte où le gouvernement du Québec place le développement éolien en veilleuse, l'industrie du vent est inquiète. Dans un horizon d'environ quatre ans, les acteurs de cette filière prédisent des temps difficiles. La survie passera, selon leurs porte-parole, par les perspectives d'affaires qui explosent sur les marchés canadiens et américains.

L'optimisme à plus long terme demeure puisque la production mondiale d'énergie éolienne devrait doubler d'ici cinq ans. Il reste maintenant aux manufacturiers et aux promoteurs de savoir saisir les occasions qui se présentent.

«C'est sûr que l'industrie éolienne est préoccupée dans un court temps, admet le directeur général du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. À moyen et long termes, quand on regarde les ambitieux objectifs que le Québec s'est donnés, il va y avoir des opportunités pour les énergies renouvelables. On parle de réduire de 40 % la consommation de produits pétroliers, d'augmenter de 25 % la production d'énergie renouvelable et de permettre la construction de parcs éoliens pour l'exportation d'électricité.»

Selon M. Côté, le défi à court terme, pour le Québec, est d'envoyer des signaux et de se donner une stratégie industrielle pour s'assurer de profiter des opportunités qui se présentent.

En attendant, les maires de l'Est-du-Québec se sont donné des cellules d'intervention pour soutenir les manufacturiers, étant donné que ce sont les premiers à subir les impacts du déclin. «L'option la plus rapide, c'est d'exporter des composantes et l'expertise du Québec vers les marchés, de positionner nos entreprises et d'établir des partenariats avec des joueurs, notamment aux États-Unis, explique Frédéric Côté. Il faut que le Québec défende ce qu'il a bâti depuis 15 ans.»

Ouest canadien

Du côté du Canada, les yeux se tournent vers l'Ouest, soit l'Ontario, l'Alberta et la Saskatchewan. C'est ce qu'avance le directeur régional pour le Québec de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (CanWEA). «L'Ontario demeure le marché le plus important au Canada, souligne Jean-Frédérick Legendre. Il reste encore environ 1800 MW de projets à construire. C'est un joueur majeur.»

Pour sa part, l'Alberta a un objectif d'augmenter de 30 % l'électricité renouvelable d'ici 2030. «Ça devrait se traduire par 4200 MW d'énergie éolienne», précise M. Legendre.

La Saskatchewan est, de son côté, dans une position unique au Canada. Alors que les besoins en électricité stagnent un peu partout, cette province s'inscrit à vents contraires. «SaskPower prévoit 1600 MW d'ici 2030, ce qui correspond à 30 % de la puissance du réseau», mentionne le porte-parole de CanWEA.

Aux États-Unis, les Production Tax Credits (PTC) ont été renouvelés. Donc, des projets éoliens devraient voir le jour jusqu'en 2023 pour pouvoir profiter de ces avantages. Certains États, dont ceux de la Nouvelle-Angleterre et de New York, ont des objectifs ambitieux en termes d'énergie renouvelable. «CanWea estime que ça ouvre un marché de 20 000 MW en éolien aux États-Unis», affirme M. Legendre, en marge du 10e Colloque de l'industrie éolienne québécoise qui s'est ouvert à Matane lundi. Quelque 250 personnes provenant principalement du Québec, mais aussi de l'Ontario, des États-Unis et de la Finlande, prennent part à l'événement annuel.

Un dialogue à rétablir

Les conférenciers présents au Colloque de l'industrie éolienne québécoise s'entendent pour dire que, pour assurer la pérennité de la filière éolienne, il faudra rétablir le dialogue entre les acteurs de l'industrie, le gouvernement du Québec et Hydro-Québec. Le directeur général du TechnoCentre éolien salue l'approche plus ouverte du nouveau président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel. «De ce côté-là, c'est très encourageant, estime Frédéric Côté. Mais il faut accélérer. Il faut aller plus loin. Je pense que l'éolien fait partie de la solution pour Hydro-Québec.» M. Côté croit qu'il faut revoir le modèle d'affaires. «Comme filière, il faut aussi être plus présent et prendre part à la Régie de l'énergie», indique-t-il. Il rappelle qu'il faut continuer à marteler que l'énergie éolienne est très compétitive en termes de coûts.

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