Fermeture de Baldor: 80 % des ex-travailleurs retombés sur leurs pattes

Il y a une semaine, une centaine de... (Photothèque Le Soleil)

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Il y a une semaine, une centaine de travailleurs perdaient leur emploi à l'usine Baldor de Sainte-Claire de Bellechasse. Déjà, près de 80 % d'entre eux avaient trouvé un nouvel emploi. Une dizaine avaient décidé de retourner aux études alors que quelques autres profiteront d'une retraite hâtive.

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(Québec) Il y a une semaine, une première vague de mises à pied frappait une centaine de travailleurs de l'entreprise Baldor de Sainte-Claire dans la région de Bellechasse.

Au dernier décompte, près de 80 % d'entre eux avaient déjà déniché un nouveau gagne-pain. Et parmi ceux qui attendent sur la touche, certains jonglent avec une ou deux offres d'emploi.

Une dizaine d'ex-travailleurs prendront le chemin de l'école. Quelques-uns profiteront, un peu plus tôt que prévu, d'une retraite bien méritée.

«J'ai deux neveux qui travaillaient chez Baldor», raconte au Soleil la mairesse de Sainte-Claire, Denise Dulac. «L'un des deux a été mis à pied vendredi dernier et, le lundi suivant, il entrait chez un nouvel employeur à Saint-Henri. L'autre a décidé de retourner sur les bancs d'école pour aller chercher son diplôme.»

«Pour vous dire bien franchement, je ne serai pas surpris du tout que 100 % des travailleurs de Baldor parviennent à se reclasser. Les besoins de main-d'oeuvre dans la région de la Chaudière-Appalaches sont tellement grands», ajoute Alain Vallières, directeur général du CLD de Bellechasse. «Les ex-salariés de Baldor retrouveront-ils les mêmes conditions de travail chez leur employeur? Peut-être que non.»

À la fin avril, ABB Canada annonçait la fermeture de l'usine Baldor de Sainte-Claire. Les activités de fabrication de poulies industrielles allaient être graduellement transférées vers d'autres installations de la multinationale aux États-Unis.

Le 27 mai dernier, une centaine de travailleurs ont officiellement perdu leur boulot. Actuellement, ils ne sont plus qu'une quarantaine à s'activer chez Baldor. Les activités de production s'arrêteront définitivement à la mi-juillet. Des employés de l'administration veilleront au grain jusqu'en septembre.

300 postes à pourvoir

Dans les jours suivant l'annonce de la fermeture de l'entreprise, un comité de reclassement s'est promptement mis à l'oeuvre.

«Rapidement, nous avons rencontré individuellement tous les employés pour évaluer leurs besoins et pour les aider à mettre à jour leur curriculum vitae», explique le président du comité de reclassement, Bruno Bourassa. «Nous avons aussi organisé des séances d'information sur les programmes de formation offerts par les maisons d'enseignement de la région et des ateliers de préparation à la retraite.»

Un inventaire des emplois disponibles dans la région de la Chaudière-Appalaches a été réalisé. Plus de 300 postes à pourvoir ont été répertoriés. Rien de surprenant dans une région qui affichait, en avril, l'un des plus bas taux de chômage (6,1 %) au Québec.

Trois semaines après l'annonce fatidique, un salon de l'emploi s'adressant exclusivement aux travailleurs de Baldor se tenait à l'aréna de Sainte-Claire. Pas moins d'une cinquantaine d'entreprises de la région de la Chaudière-Appalaches s'y sont pointées pour aller faire les yeux doux à ceux et à celles qui allaient bientôt perdre leur boulot.

«Des gens sont repartis du salon de l'emploi avec cinq propositions d'emploi», signale Bruno Bourassa en précisant que le comité de reclassement avait préalablement pris le temps de préparer les travailleurs pour les aider à tirer pleinement profit de leur participation à cette foire de l'emploi. L'âge moyen des travailleurs de Baldor est de 40 ans. Pour plusieurs d'entre eux, la recherche d'un emploi est un exercice qu'ils n'ont pas pratiqué depuis des lustres.

Solidarité remarquable

Dans sa carrière, Bruno Bourassa a présidé de nombreux comités de reclassement de travailleurs. Sa firme - Bourassa, Brodeur, Bellemare - a notamment aidé les ex-travailleurs de la mine de fer Cliffs, de Rio Tinto et de l'hôtel Loews Le Concorde à retomber sur leurs pattes.

Il n'est pas surpris de la tournure des événements à Sainte-Claire. Tous les ingrédients y sont pour un reclassement en douceur des ex-salariés de Baldor.

«D'un côté, nous avons des travailleurs scolarisés et résilients. De l'autre, des entreprises en quête de main-d'oeuvre. Autour de tout ce beau monde, une région qui, rapidement, a fait preuve d'une solidarité remarquable.»

Prévost se fait tirer l'oreille

Les autorités politiques et économiques de Bellechasse se croisent les doigts pour que Prévost fasse marche arrière et décide d'assembler ses camions militaires dans les locaux laissés vacants à la suite de la fermeture de Baldor.

«Nous aimerions que le constructeur d'autocars réalise son contrat militaire dans Bellechasse», affirme le directeur général du CLD de Bellechasse, Alain Vallières. «Il y a des locaux qui seront bientôt disponibles à Sainte-Claire.»

Prévost devait utiliser son usine secondaire à Sainte-Claire pour assembler un peu plus de 1500 camions destinés aux Forces armées canadiennes. Il s'agit d'un contrat obtenu l'an dernier qui devrait permettre la création de 80 nouveaux emplois.

Récemment, l'entreprise a évalué qu'elle manquerait d'espace dans son usine secondaire pour réaliser ce contrat. Elle a trouvé un autre emplacement à Lévis.

C'était avant l'annonce de la fermeture de Baldor.

Les pressions sont fortes sur Prévost pour que la compagnie change son fusil d'épaule. Même la députée de Bellechasse et ministre responsable du Travail, Dominique Vien, y a mis son grain de sel.

L'entreprise soutient que l'utilisation des locaux que laissera bientôt vacants Baldor n'était pas un scénario qui était sur la table.

Par ailleurs, Alain Vallières indique que des entreprises, principalement de la région de Bellechasse, avaient manifesté de l'intérêt pour occuper une partie des grands espaces qui seront libérés par Baldor.

À Sainte-Claire, ABB, la société mère de Baldor, possède une usine de 105 000 pieds carrés dans le parc industriel et un entrepôt de 90 000 pieds carrés sur la route 277.

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