Bassin versant du lac Saint-Charles: la technologie au service de l'eau

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Avec son logiciel Enki, WaterShed Monitoring peut «répondre à toutes les interrogations et à tous les sceptiques concernant les zones vulnérables dans les secteurs qui sont touchés», indique sa fondatrice, Sonja Behmel.

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(Québec) «Il y a plus de politique dans une goutte d'eau que de bactéries», affirme Sonja Behmel, présidente fondatrice de l'entreprise WaterShed Monitoring, en parlant de la protection de l'eau potable. La grande région de Québec est un exemple patent des interactions politiques sur ce sujet qui touche tout le monde, non seulement les gens qui sont alimentés en eau à partir du lac Saint-Charles.

Or, dans l'analyse de l'alimentation en eau potable ou de la protection d'un bassin versant comme dans le cas du lac Saint-Charles, si la politique doit faire son bout de chemin pour la protection de l'eau, il faut que le discours soit appuyé sur des bases scientifiques en béton. En même temps, les citoyens doivent être au courant des analyses et des conséquences à long terme des actions posées aujourd'hui.

Avec le règlement québécois sur l'eau potable, toutes les municipalités et tous les gestionnaires d'un réseau d'eau potable devront d'ici peu prouver que l'eau distribuée est de bonne qualité. «Notre système est unique à cause de l'approche globale que nous proposons. À part en Australie où une entreprise a mis au point un logiciel qui peut faire une analyse provenant de diverses sources, nous sommes seuls à pratiquer une approche holistique», affirme Mme Behmel.

Les scientifiques du monde répètent que les simples analyses du taux de phosphate et de quelques autres produits dans l'eau sont une méthode dépassée. «Il faut tenir compte de toutes les interactions des produits entre eux et avec l'environnement où il se trouve. L'approche doit être globale pour trouver une solution», précise-t-elle en citant des analyses sur les pluies acides des années 80 qui interagissent encore dans l'environnement où elles tombaient il y a 30 ans.

L'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL), la Ville de Québec et d'autres organisations se sont servies de l'outil de gestion de données que Mme Behmel a mis au point lors de ses recherches pour sa maîtrise en géographie.

«Notre système Enki permet non seulement de stocker les données, mais il est capable de compiler ces données et de les analyser dans un système multicouche incluant la géolocalisation. Dans le cas du bassin versant du lac Saint-Charles, nous pouvons répondre à toutes les interrogations et à tous les sceptiques concernant les zones vulnérables dans les secteurs qui sont touchés», soutient Mme Behmel.

Anna Scheili (à gauche) et Sonja Behmel, présidente... (Le Soleil, Yves Therrien) - image 2.0

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Anna Scheili (à gauche) et Sonja Behmel, présidente fondatrice de l'entreprise WaterShed Monitoring, montre, sur cette table interactive à l'Unité mixte en science urbaine, comment les données peuvent être croisées et recoupées pour donner l'état de la qualité de l'eau dans le bassin versant du lac Saint-Charles.  

Le Soleil, Yves Therrien

Précision chirurgicale

Plus encore, ajoute-t-elle, «notre système permet de colliger de nombreuses données avec une précision telle que l'on pourrait savoir si quelqu'un a craché dans le ruisseau au moment où nous recueillons les échantillons dans la rivière. La démarche scientifique de récoltes des données est basée sur la rigueur et la qualité. Tout est répertorié : qui a recueilli l'échantillon, avec quel appareil, à quel moment du jour, quel laboratoire a fait l'analyse pour toutes les zones des prises d'échantillons».

Ainsi, avec la précision de la géolocalisation, en ajoutant les couches du sol (glaise, roc, sable, position de la nappe phréatique, les rivières ou ruisseaux souterrains, la qualité de l'air, il serait possible d'affirmer que la construction sur une bande de terrain pourrait être permise, mais quelques mètres plus loin ce serait impossible, car il s'agirait d'une zone vulnérable malgré les apparences.

Pour Mme Behmel, il est important à l'ère où l'on veut des villes intelligentes, il faut que la communauté soit à la fois intelligente et apprenante, souligne la femme d'affaires en partageant les informations dans les deux sens.

Si l'outil qu'elle a mis au point sert aux gestionnaires des réseaux d'eau potable pour la prise de décision, il peut aussi être utilisé par les citoyens avec leurs observations et leurs commentaires, des photos ou de la vidéo, notamment pour l'apparition des algues bleues dans le lac ou encore pour la qualité de l'eau qui sort du robinet. Plus il y a de points d'observation, plus la décision que prendra le gestionnaire sera documentée pour mettre en marche les mesures à prendre.

Les citoyens mis à contribution

S'il est possible de suivre la qualité d'une goutte d'eau à partir de la pluie jusqu'au robinet de la personne qui prend un verre d'eau pour étancher sa soif, l'équipe de WaterShed Monitoring présentera mardi à la vitrine technologique de la Ville de Québec son projet d'associer la population au suivi de la qualité de l'eau dans leur maison.

Pendant que Sonja Behmel, présidente fondatrice de l'entreprise WaterShed Monitoring, sera en Allemagne pour présenter son logiciel Enki pour la gestion des données sur l'eau potable, Anna Scheili, qui a fait son doctorat sur la qualité de l'eau, expliquera comment les citoyens peuvent être mis à contribution pour aider les gestionnaires à prendre des décisions lorsque des incidents surviennent.

«Si l'eau a une drôle de couleur brunâtre ou laiteuse, lorsque le citoyen entre sur le site en donnant son adresse, il pourra avoir une alerte expliquant qu'il y a des travaux dans son quartier et qu'il doit laisser couler l'eau pendant cinq minutes avant de l'utiliser», précise Anna Scheili. C'est aussi sur le site que les gens pourront prendre connaissance des avis de faire bouillir l'eau. Il serait même possible d'avoir des alertes par courriel ou texto.

Autrement, s'il n'y a pas d'alerte, que l'eau a un goût de pétrole ou une couleur bizarre, le citoyen pourra aviser le gestionnaire par le site Web. Et si plusieurs citoyens d'un même secteur le font en même temps, le responsable saura qu'il doit agir rapidement. La participation des gens sera donc un point d'observation additionnel aux mesures que la Ville a déjà mis en place.

Suivre le système de distribution

«Notre système Enki permet de suivre l'eau à partir du bassin versant, ajoute Mme Scheili, "mais aussi dans tout le système de distribution".»

WaterShed Monitoring utilisera donc le réseau d'aqueduc de la ville pour continuer d'améliorer son logiciel et aussi comme plateforme confirmant son utilité comme outil d'aide à la gestion et à la prise de décisions.

En un mot

Enki: divinité sumérienne de la Mésopotamie représentant la sagesse et l'innovation tout en étant la divinité de l'eau.

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