Prix trop élevés à la SAQ: Leitão doute des conclusions de la VG

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Dès 1999, un rapport recommandait à la SAQ de changer sa structure de majoration. Mais la société d'État juge que les consommateurs sont plus attirés par des «promotions» que par des «baisses de prix permanentes».

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(Québec) Le ministre des Finances, Carlos Leitão, doute des conclusions tirées par la vérificatrice générale du Québec (VGQ) selon lesquelles la Société des alcools du Québec (SAQ) n'a pas «intérêt» à acheter son vin moins cher.

Dans son rapport déposé mercredi matin, la VGQ Guylaine Leclerc a consacré un chapitre aux pratiques de la SAQ, notamment au prix de vente des bouteilles. Pour elle, le constat est clair. La SAQ n'a rien à gagner à négocier un prix moins cher pour son vin auprès du producteur viticole.

«Est-ce qu'elle veut quand même négocier le meilleur coût? demande la vérificatrice. C'est elle qui le sait. Mais avec la structure qui existe actuellement, elle n'a pas intérêt à le faire.»

Le prix affiché sur les tablettes comprend l'achat auprès du producteur plus une majoration calculée sur la base de différents facteurs : transport, salaires, promotions, etc.

Depuis 10 ans, la structure de la majoration n'a pas été revue par la SAQ, constate la VGQ. La formule retenue fait en sorte que, à volume égal, si la SAQ paie moins cher son vin chez le producteur, sa rentabilité globale va diminuer, constate Mme Leclerc. Si le Québec avait adopté la même formule qu'en Ontario, cela aurait privé la SAQ de 219 millions $ l'an dernier.

«C'est certain que ça ne favorise pas de payer moins cher, a déclaré Mme Leclerc. Plus tu paies cher ton prix [auprès du producteur], plus tu vas vendre chèrement ta bouteille, et plus ton profit va être important.»

Dès 1999, un rapport recommandait à la SAQ de changer sa structure de majoration. Mais la société d'État juge que les consommateurs sont plus attirés par des «promotions» que par des «baisses de prix permanentes».

Il incombe à Québec de décider ce qui serait fait des sommes qui se dégageraient d'une réforme de la majoration. «C'est au gouvernement de déterminer dans quelle mesure il souhaite faire bénéficier les économies, soit au consommateur, soit en bénéficier via le versement de dividendes», a dit MmeLeclerc.

Au cours des 10 dernières années, les dividendes versés par la SAQ au gouvernement ont augment de 64 %. La SAQ a versé 1,6milliard $ au ministère des Finances en 2014-2015.

«Qu'ils aient des dividendes à verser ou pas, je pense qu'ils ont intérêt à aller chercher le meilleur prix possible chez leurs fournisseurs, a déclaré la VGQ. La SAQ est un des plus grands acheteurs de vin au monde. Ils se doivent de s'assurer qu'ils achètent les produits au meilleur prix possible.»

Mme Leclerc juge aussi que la SAQ devrait assurer un meilleur suivi de ses inventaires et mieux répartir les heures de travail de ses employés en fonction de l'achalandage.

Le ministre Carlos Leitão s'explique mal les conclusions de la vérificatrice Leclerc sur l'achat du vin. Prétendre que la SAQ ne cherche pas à avoir le prix le plus bas va «un peu loin», selon lui. «J'aurais besoin qu'elle m'explique comme il le faut, a commenté M. Leitão. Je ne suis pas son raisonnement.» Une réflexion importante sur le modèle d'affaires de la SAQ a été engagée, a dit M. Leitão.

La SAQ a fait savoir par communiqué qu'elle «accueille favorablement» les recommandations de la VGQ. Elle soutient par contre qu'elle «exige déjà le meilleur prix d'achat au Canada» pour son vin.

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Le ministre des Finances, Carlos Leitão

Fin du monopole?

Par ailleurs, le ministre Leitão n'a pas écarté le scénario d'une fin du monopole de la SAQ dans la vente d'alcool au Québec. «Ce n'est pas exclu, mais ce n'est pas non plus assuré qu'on va le faire», a dit M.Leitão, qui veut avoir une discussion dans un «cadre plus large». La question s'était posée l'été dernier après une recommandation de la commission Robillard sur la révision des programmes.

Le porte-parole péquiste en matière de finance, Nicolas Marceau, croit que la SAQ doit utiliser son énorme pouvoir d'achat pour négocier les prix et en faire profiter les consommateurs. «Je pense qu'il y a des questions à se poser à la suite du rapport» de la VGQ, a dit M. Marceau.

Le chef caquiste, François Legault, estime que le gouvernement défend les monopoles- comme celui de la SAQ ou l'industrie du taxi - contre le progrès et l'innovation. «Il faut envisager de privatiser une partie de la SAQ pour donner un incitatif à bien négocier avec les fournisseurs et les mettre en compétition, a-t-il déclaré. La compétition, c'est ce qu'il y a de mieux pour aider le consommateur.»

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