Les économistes rendent hommage à Parizeau

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À l'occasion de son 41e congrès qui se tenait à Québec, l'Association des économistes québécois a rendu hommage, jeudi, à l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau - l'un des leurs -, décédé en juin 2015.

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(Québec) Adolescent, Yvan Loubier idolâtrait le batteur Phil Collins du groupe Genesis. C'était bien avant qu'il entende les discours de Jacques Parizeau.

À l'occasion de son 41e congrès qui se tenait à Québec, l'Association des économistes québécois a rendu hommage, jeudi, à l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau - l'un des leurs -, décédé en juin 2015.

Pour l'occasion, des proches et des collaborateurs ont témoigné de leur amitié et de leur respect à l'égard de M. Parizeau. Tous ont rappelé sa contribution à la société québécoise, notamment la création de la Caisse de dépôt et placement et du Régime d'épargne-actions.

Ancien député du Bloc québécois et aujourd'hui directeur des projets majeurs chez National, Yvan Loubier s'est souvenu de l'époque où, jeune économiste à l'emploi de l'Union des producteurs agricoles, il avait reçu un coup de fil de Jacques Parizeau qui voulait discuter avec lui des négociations du GATT. «Mon coeur s'était alors mis à battre la chamade.»

Il a raconté qu'il allait toujours se souvenir du geste posé à l'Assemblée nationale par M. Parizeau au lendemain de l'échec de l'Accord du lac Meech. «Il s'était levé et avait tendu la main au premier ministre Robert Bourassa. Jacques Parizeau était fier du Québec et de son peuple pour lequel il voyait grand.»

Jean Royer a rappelé qu'il avait été recruté par Jacques Parizeau à la fin des années 70 alors qu'il était étudiant.

«Il me demandait de passer à son bureau une fois par semaine afin que je lui montre mes travaux scolaires. Il me confiait des missions, notamment celle de faire avancer ses idées dans les structures du PQ. Rappelons, qu'à l'époque, ses idées n'étaient souvent pas les mêmes que celles de René Lévesque», a fait remarquer M. Royer, qui a été directeur de cabinet de M. Parizeau pendant de nombreuses années et qui est maintenant vice-président aux opérations chez Distinction Capital.

«Ses dossiers, il les connaissait sur le bout de ses doigts. Ils savaient rendre simples les choses compliquées. Tu l'écoutais et tu avais l'impression de devenir plus intelligent», d'ajouter Jean Royer.

Directeur du département de fiscalité à l'Université de Sherbrooke, Luc Godbout a connu Jacques Parizeau après que ce dernier ait quitté la vie politique.

Il a encore en mémoire les visites annuelles de M. Parizeau à l'Université de Sherbrooke et de ses rencontres avec les finissants en économie. «Pendant trois heures, il leur faisait un exposé sur des sujets comme les taux implicites d'imposition.»

Des anciens proches ou collaborateurs ont rendu hommage... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Des anciens proches ou collaborateurs ont rendu hommage à Jacques Parizeau, jeudi. On reconnaît, de gauche à droite, Jean Royer, Claude Séguin, Nicolas Marceau, Jean-Martin Aussant et Yvan Loubier.

Le Soleil, Patrice Laroche

Comme un spectacle

La première fois que Luc Godbout a communiqué avec Jacques Parizeau, c'était pour lui parler de la réforme de la fiscalité au Mali. «Le sujet l'intéressait. Il m'avait rencontré. Il avait insisté pour que l'on se rende sur place pendant une trentaine de jours afin qu'il puisse prendre le temps d'aller au fond des choses.»

Ancien sous-ministre en titre au ministère des Finances et aujourd'hui vice-président principal chez CGI. Claude Séguin a été un étudiant de Jacques Parizeau à HEC.

«Allez à ses cours, c'était comme aller au spectacle!» a raconté M. Séguin en rappelant que Jacques Parizeau déplorait cependant que ses étudiants ne portent pas l'habit et la cravate dans ses cours.

Rappelant que Jacques Parizeau était de l'école de ceux qui croient que l'État doit être interventionniste, Claude Séguin a vanté la force de persuasion de son ancien patron. «Il pouvait argumenter indéfiniment.»

Pour sa part, Nicolas Marceau a relevé que Jacques Parizeau avait su faire comprendre aux Québécois de leur énorme potentiel et que l'État pouvait contribuer à faire avancer la société. «Il n'a jamais été intimidé par les marchés financiers qui ne voyaient pas d'un bon oeil la prise en charge par les Québec des outils qui allaient servir à leur développement économique.»

Député de Rousseau et ancien ministre des Finances dans le gouvernement de Pauline Marois, Nicolas Marceau a rappelé que le projet indépendantiste porté par Jacques Parizeau s'inspirait de la capacité des Québécois à gérer leurs propres affaires.

«Pour le Québec, il voulait un État complet. Il avait raison. Il a toujours raison et l'histoire finira par lui donner raison.»

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