Le défi du plein emploi dans la Capitale-Nationale

Un pourcentage : 4 %. Un chiffre : 5020. (123rf, Dmitry Kalinovsky)

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(Québec) Un pourcentage : 4 %. Un chiffre : 5020.

D'abord, le pourcentage.

Le taux de chômage en avril dans la région de la Capitale-Nationale s'établissait à 4 %.

Le plein emploi?

Pas loin.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), le plein emploi existe «lorsque presque toutes les personnes qui peuvent et veulent travailler peuvent se trouver un emploi au niveau salarial existant».

Le plein emploi se traduit par un taux de chômage variant entre 2 % et 4 %, toujours selon l'OIT.

Maintenant, le chiffre.

Vendredi dernier, à 11h, le site Placement en ligne d'Emploi-Québec affichait 5020 offres d'emploi provenant d'employeurs de la ville de Québec, de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Portneuf.

Pour sa part, la plateforme Web de recrutement Jobillico proposait 2567 offres d'emploi provenant des 856 employeurs de ce grand territoire.

Imbroglio

Les derniers chiffres sur le marché de l'emploi publiés par Statistique Canada mettaient en lumière l'imbroglio dans lequel se retrouvent les entreprises de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec qui englobe également le territoire de la ville de Lévis.

Elles affichent des postes. Les candidatures sont rarissimes. S'il y en a, évidemment.

Pour le grand malheur des employeurs, la population active - c'est-à-dire les personnes qui ont un gagne-pain et celles qui n'en ont pas, mais qui en cherchent activement - s'est repliée de 1,7 % dans la RMR de Québec. Le bassin de travailleurs et de chercheurs d'emploi actifs se vide.

Les jeunes de 15 à 24 ans, trop souvent laissés sur la touche par les employeurs, se trouvent facilement un emploi à Québec. Le taux de chômage de cette clientèle est de 4,8 %. Il est de 13,1 % dans l'ensemble du Canada.

Du côté des personnes âgées de 55 ans et plus, leur taux d'activité est passé de 9 % à 18 % depuis 2001.

Un pourcentage : 4 %. Un chiffre : 5020. (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

Sur tous les fronts

À la direction régionale de la Capitale-Nationale d'Emploi-Québec, les fonctionnaires ont vu venir le phénomène, notamment en raison du fait que le vieillissement de la population s'est amorcé plus rapidement ici qu'ailleurs dans la Belle Province.

Directrice régionale par intérim d'Emploi Québec dans la Capitale-Nationale, Louise Bilodeau aimerait bien d'un coup de baguette magique trouver la solution miracle pour faire apparaître des milliers de candidats pour répondre aux besoins des employeurs qui, bien souvent, doivent refuser des contrats parce qu'ils n'ont pas les cerveaux et les bras pour les exécuter. La croissance, dans ces circonstances, doit attendre.

«Il n'y a pas une recette toute faite. Il faut travailler sur plusieurs fronts, notamment ceux de l'attraction des talents, le perfectionnement de la main-d'oeuvre et l'adéquation entre la formation et l'emploi. En outre, il faut s'assurer que les jeunes qui sortent de l'école puissent accéder rapidement au marché du travail, notamment en les dirigeant vers les formations pour lesquelles la demande est forte. Nous n'avons pas de talent à perdre», expose-t-elle en entrevue avec Le Soleil.

Le recrutement d'immigrants sans emploi installés à Montréal et de travailleurs spécialisés étrangers en Europe, aux États-Unis ou en Amérique latine et les interventions rapides et personnalisées auprès des prestataires d'assurance-emploi et de l'aide sociale pour favoriser l'intégration sur le marché du travail font partie de la stratégie de la Capitale-Nationale. 

«C'est par la multiplication de petits projets, comme celui initié par le Centre R.I.R.E 2000, que l'on va y arriver», ajoute Mme Bilodeau.

Cet organisme dont la mission est d'appuyer les jeunes et les adultes des communautés culturelles dans leur intégration socioéconomique a permis à des femmes arabo-musulmanes d'acquérir une formation en couture en même temps qu'elles continuaient de parfaire leur connaissance du français. Des 19 participantes, 12 ont trouvé un gagne-pain.

Louise Bilodeau lance aussi la balle dans le camp des employeurs qui doivent réviser leurs façons de faire et adapter leurs conditions de travail à une réalité de plein emploi afin de se rendre attrayants aux yeux des chercheurs d'emploi.

«Est-ce vraiment nécessaire d'exiger l'obtention d'un secondaire cinq pour un poste de commis d'épicerie? Je ne réponds pas. Je ne fais que poser la question.»

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