Groupe Germain Hôtels: une affaire de famille

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Jean-Yves et Christiane Germain, les coprésidents de Groupe Germain Hôtels

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Groupe Germain Hôtels se démène comme un diable dans l'eau bénite pour construire un hôtel au centre-ville de Vancouver.

«C'est un endroit que l'on surveille de près depuis 10 ou 15 ans. Ce marché immobilier est devenu totalement inaccessible. Les coûts ne cessent de grimper en flèche. On a refusé des transactions, ces dernières années, que l'on aimerait bien voir réapparaître aujourd'hui. Un jour, ça va arriver», assure Jean-Yves Germain, le coprésident de l'entreprise familiale.

«Et si ça n'arrive pas, Jean-Yves, ça n'arrivera pas. Un point c'est tout!» laisse tomber sa soeur Christiane, la coprésidente du groupe hôtelier de Québec.

Rarement le frère et la soeur sont vus ensemble publiquement.

«On ne le fait pas par exprès!» s'empresse de préciser Christiane Germain. Cette dernière habite Montréal. Jean-Yves, Québec. «C'est toujours compliqué d'établir un moment pour se rencontrer», témoigne ce dernier.

Les deux voyagent beaucoup. Jean-Yves pour veiller à l'expansion pancanadienne de l'entreprise. Christiane pour s'assurer de la bonne marche des opérations et pour veiller à la transmission de la culture d'entreprise de la famille Germain. «Une fois que l'hôtel est construit, Jean-Yves me remet les clés», résume-t-elle.

Le Soleil a eu l'occasion, plus tôt cette semaine, de rencontrer Christiane et Jean-Yves Germain à l'occasion d'un événement mondain marquant l'inauguration d'une salle de réception à l'Hôtel Alt Québec, l'ancien Hôtel Germain-des-Près, le tout premier établissement administré par les deux entrepreneurs de Québec.

Le frère et la soeur sont dans les affaires depuis 1988. Seuls au départ, ils comptent aujourd'hui sur une équipe de 800 employés. Leur entreprise figure parmi les mieux gérées au Canada selon Deloitte.

«Nous sommes très complémentaires l'un et l'autre. C'est pour ça que ça va bien. Jean-Yves fait ce qu'il aime et moi, je fais ce que j'aime», explique Christiane Germain.

De forts liens familiaux les unissent. Et un respect mutuel à toute épreuve.

«Des fois, il arrive que Jean-Yves pose des gestes qui ne font pas mon affaire. Alors, je prends de grandes respirations. Je suis certaine qu'il fait de même quand, à mon tour, je fais des affaires qui ne lui plaisent pas.»

Tradition familiale

Christiane et Jean-Yves sont les enfants de Victor et Huguette Germain.

En 1957, ces derniers devenaient propriétaire d'une tabagie doublée d'un comptoir-lunch, le Buffet Henri-IV. Plus tard, ils ouvraient le restaurant Le Fiacre, près de Laurier Québec. Victor Germain a aussi mis sur pied Casot, une société de gestion immobilière aujourd'hui présidée par Jean-Yves Germain.

Il a été également l'un des propriétaires des Caribous de Québec de la défunte Ligue nationale de crosse.

«Tous les soirs, à la maison, il était question de gestion de restaurants», se rappelle Jean-Yves Germain. C'est d'ailleurs dans l'industrie de la restauration, notamment avec le Cousin Germain et le Café Saint-Honoré, que lui et sa soeur ont fait leurs premiers pas dans le monde des affaires.

«Mon père avait toujours des projets plein la tête. Nous avons grandi dans un environnement d'entrepreneuriat», ajoute Christiane qui se souvient que son père ne se laissait jamais abattre lorsqu'il encaissait un mauvais coup financier. «Il disait toujours que sept années de vaches maigres étaient toujours suivies par sept années de vaches grasses.»

Relève

Aujourd'hui, une troisième génération de Germain met la main à la pâte.

Diplômée en génie mécanique, Marie Pier, la fille de Christiane, dirige l'Hôtel Alt Montréal.

Des cinq rejetons de Jean-Yves, deux se sont joints à l'entreprise familiale.

Titulaire d'une maîtrise en administration des affaires, Hugo s'active avec son paternel dans le développement des affaires. Spécialiste des communications, Clarah Germain est gestionnaire des médias sociaux.

«C'est peut-être parce que nos enfants sont présents avec nous dans la gestion quotidienne de la compagnie que nous n'avons pas encore amorcé une réflexion sur la relève au sein de la direction de l'entreprise», affirme Christiane Germain. «Si Jean-Yves et moi, on n'y pense pas beaucoup à la relève, il y a beaucoup de gens qui nous le font penser!»

Chose certaine, les deux jeunes soixantenaires ne sont pas prêts à se retirer dans leurs terres.

En 2018, c'est à Saskatoon que le 10e... (Photo fournie par le Groupe Germain Hôtels.) - image 2.0

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En 2018, c'est à Saskatoon que le 10e hôtel Alt ouvrira ses portes.

Photo fournie par le Groupe Germain Hôtels.

Après 2020, les États-Unis et l'Europe?

Christiane et Jean-Yves Germain ont l'oeil sur 2020. À ce moment-là, le Groupe Germain Hôtels devrait compter 20 établissements Le Germain Hôtels et Alt Hôtels au Canada.

Pour la chaîne hôtelière québécoise, l'expansion ne s'arrêtera pas en 2020.

«Il y aura toujours des opportunités», mentionne Jean-Yves Germain.

Au Canada. Ou ailleurs.

«Il y a une dizaine d'années, nous nous étions fixé l'objectif de couvrir le Canada avec nos bannières Alt - des établissements de luxe, mais sans superflu - Le Germain, un concept de plus haut standing. Il y a encore de très beaux marchés à développer. Que ce soit aux États-Unis ou en Europe», prend-il soin de préciser.

M. Germain aime comparer son entreprise au village gaulois d'Astérix qui combattait les Romains. Les rivaux de Groupe Germain Hôtels s'appellent Marriott, Starwood et Hilton.

Or, la potion magique fait ses effets. L'entreprise a fait ses classes. Son réseau de contacts s'est agrandi. En 2011 et en 2014, le Groupe Germain Hôtels a réalisé deux tours de financement de 80 millions $ et a notamment attiré dans son actionnariat la Caisse de dépôt et placement du Québec, Investissement Québec, La Capitale Groupe financier, Industrielle Alliance et le Fonds de solidarité FTQ.

«À un moment donné, les capitaux sont plus faciles à obtenir. Les banques vous aiment davantage», signale Jean-Yves Germain.

Sept hôtels à venir

Le réseau de Groupe Germain Hôtels compte actuellement 13 établissements, soit 6 hôtels Le Germain (Québec, Charlevoix, Montréal, Calgary et 2 à Toronto) et 7 hôtels Alt (Québec, Brossard, Montréal, Toronto, Halifax, Winnipeg et Ottawa).

En 2017, trois autres établissements ouvriront leurs portes : un hôtel Le Germain à Ottawa et des hôtels Alt à Calgary et St. John's.

En 2018, c'est à Saskatoon (photo) que le 10e hôtel Alt ouvrira ses portes.

Il n'en restera que trois à construire pour atteindre l'objectif de 20 en 2020.

Long terme

Le Groupe Germain Hôtels ne se laisse pas impressionner par l'état de santé de l'économie canadienne.

Pas question de reculer, par exemple, sur le projet de construction d'un hôtel Alt à Calgary même si l'économie albertaine souffre de la chute du prix du pétrole. «La baisse de l'activité économique en Alberta, ce n'est pas une vue de l'esprit», commente Christiane Germain. L'achalandage à l'hôtel Le Germain de Calgary n'y a pas échappé.

Par contre, dans l'est du pays, les affaires vont bien.

«Quand nous réalisons un investissement, nous ne regardons jamais à court terme, mais sur une période de 50 ans», indique Jean-Yves Germain en expliquant qu'il en coûte généralement une trentaine de millions de dollars pour ériger un hôtel dans un centre-ville au Canada.

«Ce n'est pas parce que l'économie titube qu'il n'y a pas d'opportunités à saisir.»

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