Anticosti: la fracturation reportée d'un an

En 2014 et en 2015, Pétrolia a foré... (Photo fournie par Pétrolia)

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En 2014 et en 2015, Pétrolia a foré 12 sondages stratigraphiques sur l'île d'Anticosti.

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<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Hydrocarbures Anticosti reporte à l'été 2017 les opérations de fracturation hydraulique d'abord prévues en septembre 2016 sur l'île. Pétrolia, le partenaire opérateur du projet, veut quand même réaliser dès juin trois forages horizontaux, à condition qu'elle reçoive le feu vert de Québec, une réponse qui tarde à venir.

Le report permettra d'allonger la période de tests de production et donc «d'affiner l'analyse des données de production des puits», a justifié Pétrolia par communiqué.

Selon nos informations, Pétrolia craint de manquer de temps pour ces tests, la dernière étape des travaux. Répartir les travaux sur deux ans lui donne plus de marge de manoeuvre.

La firme espérait recevoir dès fin avril les autorisations du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour trois forages avec fracturation.

Selon Pétrolia, «le processus d'analyse suit son cours» au MDDELCC.

«Sabotage»

En réaction au report, la Coalition avenir Québec (CAQ) a accusé Philippe Couillard d'avoir «saboté» le projet par ses commentaires négatifs.

«Soyons honnêtes : y a-t-il un fonctionnaire qui se sent le moindrement pressé d'étudier et d'analyser le dossier d'Anticosti après que le premier ministre ait déclaré publiquement qu'il devra de toute façon faire "ce qu'on leur dira"?» a déclaré la porte-parole de la CAQ en matière d'énergie, Chantal Soucy.

Les trois puits horizontaux seraient forés dans la moitié ouest de l'île, sur les sites Canard, Jupiter et La Loutre. Pétrolia forera à la verticale sur 1250 mètres avant de dévier vers l'horizontale sur une longueur supplémentaire de 1000 à 2500 mètres.

Pour l'étape de forage, les boues seraient à base d'eau, additionnée de bentonite pour la portion verticale, et de chlorure de potassium pour la portion horizontale.

L'étape de fracturation nécessiterait 15 000 mètres cubes (15 millions de litres) d'eau par forage, prélevés dans les cours d'eau et les lacs de l'île.

Environ 75 employés travailleraient sur Anticosti pendant les forages et 140 pendant la fracturation. Les travaux visent à confirmer ou à infirmer la rentabilité de produire du pétrole ou du gaz avec la technique de fracturation sur Anticosti.

Les futurs forages avec fracturation et les 12 sondages stratigraphiques menés en 2014-2015 totalisent 55 à 60 millions $ d'investissements.

Hydrocarbures Anticosti est une société en commandite dont Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec, détient 35 % des parts. Pétrolia, Saint-Aubin E & P et Corridor Resources possèdent le reste en parts égales.

Pétrolia refuse d'accorder des entrevues. Le MDDELCC n'a pas répondu à nos questions vendredi.

Une «petite victoire»

«Ce qui nous fait vivre ici sur l'île, c'est le tourisme, la chasse et la pêche, et c'est avec ça qu'on veut assurer notre développement. Tant que la question du pétrole ne sera pas réglée net, frette, sec, ça ne peut pas marcher.»

Le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, John Pineault, prend comme «une petite victoire» la décision de Pétrolia de reporter à l'automne 2017 ses travaux de fracturation hydraulique sur l'île. Mais le combat est loin d'être terminé pour autant, prévient l'édile.

«Pour l'instant, c'est juste du pelletage du problème par en avant. Ce n'est pas seulement John Pineault qui ne veut pas du pétrole à Anticosti, c'est la population de l'île et de l'ensemble de la Minganie», lance le maire, qui soutient que le pétrole peut refroidir certains investisseurs du milieu touristique.

Quant au préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël, il s'interroge sur le pourquoi du retard de Québec dans l'analyse du certificat d'autorisation pour la fracturation hydraulique, que Pétrolia a demandé en février dernier. «S'il y a du retard, j'ose croire que la demande de Pétrolia n'est pas conforme aux exigences environnementales du Ministère, ce qui irait dans le sens de nos prétentions», lance-t-il.

M. Noël souligne qu'il rencontrera les dirigeants de Pétrolia la semaine prochaine. Il en profitera pour leur rappeler que l'entreprise n'ira nulle part sans acceptabilité sociale de son projet. «Ce qu'on leur reproche, c'est de ne pas avoir l'aval de la population. Lors de cette rencontre, on devrait donc avoir une date afin que la compagnie rencontre à son tour les communautés concernées».

M. Noël, quant à lui, voit évidemment d'un bon oeil le report des travaux de fracturation. «Plus les travaux de fracturation sont prévus loin dans le temps, plus il sera peut-être justifié de ne pas les faire», a-t-il conclu. Steeve Paradis (collaboration spéciale)

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