Le nouveau président de Desjardins s'installe à Québec

Le nouveau président et chef de la direction... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le nouveau président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, posant devant un portrait d'Alphonse Desjardins, le fondateur des caisses populaires Desjardins, dans le lobby du Centre de congrès et d'exposition de Lévis.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Aussitôt assis dans le fauteuil de président et de chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier s'est déniché un pied-à-terre dans le Vieux-Québec. Quelque part entre l'hôtel du Parlement de Québec et le Château Frontenac.

«Pendant mon mandat à la présidence, j'entends être présent à Lévis et dans la grande région de Québec. J'entends être présent sur le terrain. Être proche de nos dirigeants, de nos employés, de nos membres et de nos clients.»

Un geste pour épater la galerie de ce père de famille de quatre enfants de 19 à 24 ans qui est devenu, le 19 mars, le plus jeune président de l'histoire de Desjardins à l'âge de 46 ans?

Et pour faire taire ceux qui prétendent que le siège social de Desjardins à Lévis n'est plus qu'une coquille vide et que les grandes décisions se prennent dorénavant à Montréal?

«Ce n'est pas une décision purement symbolique», se défend celui qui a amorcé sa carrière chez Desjardins comme caissier. «Si ça devait l'être, il y a de nombreuses personnes chez Desjardins qui vont me le mettre sous le nez.»

Cet attachement à Lévis et au berceau du groupe financier coopératif qui gère un actif de 248,1 milliards $, Guy Cormier l'attend aussi de la part des autres membres de la haute direction de Desjardins.

«Mon premier comité de direction s'est tenu à Lévis. Mon premier conseil d'administration se tiendra la semaine prochaine à Lévis également.»

Rappelons que Desjardins fait travailler 6500 personnes à Lévis.

Se «recentrer sur ses membres et clients»

La tradition remonte à l'époque de Raymond Blais qui a présidé Desjardins de 1981 à 1986. La première sortie publique du nouveau président et chef de la direction de Desjardins se fait devant la Chambre de commerce de Lévis.

Jeudi, ils étaient de près de 500 à venir faire connaissance avec Guy Cormier.

Dans son allocution, ce dernier s'est engagé à donner un «nouvel élan» au Mouvement Desjardins afin de poursuivre le travail amorcé par sa prédécesseure Monique Leroux. «À mes yeux, nous sommes aujourd'hui en mesure de nous projeter encore plus loin.»

Il a fait une profession de foi à l'égard des valeurs coopératives qui sont l'ADN de Desjardins depuis 116 ans.

«C'est la coopération et ses valeurs qui m'ont motivé à travailler chez Desjardins. Encore aujourd'hui, les valeurs de solidarité, de prise en charge et d'entraide m'inspirent tous les jours. Elles nous aident à faire une réelle différence pour les personnes et leurs collectivités.»

Il veut rétablir la fierté des Québécois dans Desjardins et ses 48 000 employés.

Il veut que Desjardins fasse une «plus grande différence» dans la vie de ses sept millions de membres et clients.

«Desjardins a déjà été premier dans le coeur des gens. Je veux qu'il le redevienne. La crise financière de 2008 a fait en sorte que toutes les institutions financières ont dû se concentrer sur les exigences réglementaires et de capital. C'était important de le faire et Desjardins a pris les moyens pour protéger l'avoir de ses membres», a indiqué Guy Cormier.

«Mais aujourd'hui, nous devons nous recentrer sur nos membres et nos clients. Nous devons mieux les servir en anticipant leurs besoins et en trouvant les moyens de toujours mieux y répondre.»

Desjardins, évidemment, n'échappe pas aux bouleversements technologiques. Qu'il suffise de penser au paiement sans contact, aux portefeuilles numériques, aux plateformes de prêts et aux conseillers robots.

«À mes yeux, le plus grand défi consiste à innover tout en demeurant en tout temps pertinent et connecté sur la réalité de nos membres.»

À savoir si les nouvelles technologies viendront remplacer les êtres humains dans les caisses, Guy Cormier n'anticipe pas de mises à pied massives comme l'ont fait certaines institutions bancaires. Le taux d'attrition d'environ 5 % par année permet à Desjardins de s'adapter aux changements sans faire trop de victimes.

Fermetures: mouvement inéluctable

D'autres caisses, points de services et guichets automatiques de Desjardins fermeront leurs portes. Le mouvement est inéluctable.

«Desjardins ne pourrait certainement pas maintenir des dizaines de points de services déficitaires et espérer en même temps se démarquer de la concurrence bancaire et de celle que nous livrent de plus en plus les fintechs [les nouvelles entreprises qui utilisent la technologie pour repenser les services financiers et bancaires]», a fait valoir le nouveau président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier.

«Cela dit, il faut que, avec les acteurs du milieu, nous cherchions toujours les meilleures solutions possibles à long terme et que nous fassions preuve de créativité.»

Depuis le début de la décennie, plus de 200 caisses et points de services de Desjardins ont fermé boutique.

Le «principal lien»

Guy Cormier dit comprendre l'attachement des membres pour leur caisse populaire. C'est souvent le «principal lien» entre eux et le Mouvement Desjardins. Mais il en va, selon lui, de la «pérennité» du groupe financier coopératif qui se doit «d'être toujours pertinent et connecté sur les besoins de ses membres».

Il prend soin de mentionner que Desjardins demeure la seule institution financière présente dans 400 municipalités dans la Belle Province. «Plus de 30 % de nos points de service se trouvent dans des communautés comptant moins de 2000 habitants. Des municipalités dans lesquelles aucun de nos concurrents n'est présent.»

Guy Cormier affirme qu'il a pris l'engagement d'appuyer les caisses dans leurs décisions de fermer une caisse, un point de service ou un guichet automatique.

«Les dirigeants et l'équipe de direction des caisses ont la responsabilité de penser et de planifier pour le long terme. Je n'ai pas à décider à leur place. Ils doivent tenir compte des changements dans les habitudes de nos membres. Ils doivent tenir compte de la nécessité d'avoir des opérations rentables. D'où la nécessaire évolution de notre réseau.»

Ristournes: concept remis en question

Le montant des ristournes versées par le Mouvement Desjardins à ses membres fond à vue d'oeil. De 305 millions $ en 2012, il n'était que 154 millions $ trois ans plus tard.

«Ce n'est pas un sujet qui va se décider dans mon bureau», affirme le nouveau président et chef de la direction de Desjardins. «Nous allons prendre le temps d'en discuter avec les milliers de délégués qui représentent les membres de Desjardins.»

Le débat est amorcé dans les rangs du groupe financier coopératif depuis l'automne dernier. Et il se poursuivra jusqu'au congrès de 2017.

«Nous regardons de près comment nous pouvons faire évoluer le concept des ristournes. Devons-nous en changer les modalités? Devons-nous permettre à plus de membres d'en bénéficier, notamment nos plus jeunes membres?»

Pour Guy Cormier, tout est sur la table.

«Nous constatons qu'il y a plus de 80 % de nos membres qui ne reçoivent aucune ristourne ou encore un montant minime», a signalé M. Cormier en rappelant que les ristournes versées aux membres étaient notamment tributaires de la performance financière des caisses et des obligations du Mouvement Desjardins à l'égard du montant des capitaux qu'il doit avoir dans ses coffres.

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