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Les SDC veulent s'unir pour vivifier le commerce de détail

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Une vingtaine de représentants des SDC, dont certains de la capitale, ont rencontré jeudi la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade (photo).

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(Québec) Le Regroupement des sociétés de développement commercial (SDC) du Québec devrait revoir le jour d'ici l'automne prochain. Ses représentants espèrent ainsi promouvoir leur modèle axé sur les artères commerciales des centres-villes, essentiel selon eux en ces temps difficiles pour le commerce de détail.

La volonté des SDC à se mobiliser n'est pas étrangère aux difficultés que vivent les commerces de proximité. «Le problème semble être semblable partout [dans la province]. C'est difficile pour les commerçants qui sont sur des rues du centre-ville», constate André Poulin, président de l'Association des SDC de Montréal et l'un des instigateurs du projet de regroupement. «On laisse construire des centres d'achat en périphérie des villes, on a laissé aller pendant des années.»

Pareille association existait il y a une dizaine d'années, mais a été dissoute. M. Poulin juge qu'il est temps de la relancer afin de donner un coup de barre à l'économie locale à la grandeur du Québec. «On pense que c'est un important instrument de développement économique, mais mal connu et mal utilisé. On croit que c'est important qu'on augmente le nombre de ces organisations-là. [...] Le regroupement va se mettre en place et on aura une voix au niveau provincial.»

La campagne de sensibilisation a déjà commencé auprès du gouvernement du Québec. Une vingtaine de représentants des SDC, dont certains de la capitale, étaient à l'Assemblée nationale, mercredi soir, pour faire valoir leur point. Ils y ont rencontré Dominique Anglade, ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation. 

«Mme Anglade s'est montrée réceptive à ce qu'on puisse travailler ensemble, à trouver un modèle pour le Québec pour améliorer notre performance», s'est réjoui M. Poulin. Une rencontre de travail devrait être mise sur pied sous peu, mais aucune date n'a encore été établie. 

Les SDC plaideront notamment pour plus de financement du gouvernement dans le commerce de détail. «Il y a beaucoup d'aide pour l'entreprise moderne, les nouvelles entreprises en technologies, dans le numérique, mais il faut penser aux autres types d'entreprises qui sont complètement délaissées et ça, c'est le commerce de détail. Ça a toujours été perçu comme le parent pauvre de l'économie alors que c'est ça qui est essentiel tous les jours.»

M. Poulin donne l'exemple d'une simple boulangerie de quartier. «Ça change complètement la dynamique. [Ces commerçants] ont aussi besoin d'aide, mais il n'y a aucun programme pour eux. Au contraire, ils ont plein de normes à respecter. Il faut prévoir de l'aide financière pour ces entreprises. C'est avec ça qu'on va changer notre trame commerciale, pas avec les multinationales.»

Les SDC réclameront aussi des allègements légaux et fiscaux pour aider les jeunes à se lancer en entreprise au centre-ville. «Il faut travailler sur le coût de faire des affaires. Il y a les loyers, les taxes municipales, etc. Le gouvernement devient important [pour nous aider].»

Le Québec compte actuellement une quarantaine de SDC, dont 7 à Québec et 17 à Montréal. Le reste est réparti aux quatre coins de la province, dont en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Estrie et dans Charlevoix. «L'Ontario en a 300. On ne devrait pas être en reste de l'Ontario», croit M. Poulin, qui vise à tout le moins à doubler le nombre de SDC à court ou moyen terme.

Une source d'inspiration pour les Français

Les sociétés de développement commercial (SDC) du Québec intéressent les Français. La confédération Commerçants de France (CDF) les étudie depuis plusieurs mois et invite maintenant une délégation québécoise à faire le voyage outre-mer pour expliquer le modèle aux autorités françaises. 

Les Français étaient déjà titillés et ils ont été convaincus par le concept des SDC lors de leur passage aux Rendez-vous internationaux de la francophonie en management public et organisation du commerce, les 21 et 22 mars, à Montréal. 

Au terme de l'événement, qui incluait toute une journée de discussions sur l'importance des SDC comme vecteur de développement économique et urbain, ils ont demandé aux Québécois de leur envoyer une délégation afin d'éventuellement importer le modèle chez eux. 

Danny Pagé, à la tête de l'Institut d'administration publique du Grand Montréal, était le président d'honneur du colloque. «C'est une source importante d'inspiration des Français qui veulent l'implanter prochainement. Ils sont supportés par la Chambre de commerce de Paris et le président de la CDF», a-t-il expliqué en entrevue au Soleil. 

Importante délégation

La CDF regroupe de nombreux commerçants indépendants de France dans le commerce de détail. «Nous avons reçu une importante délégation qui représente 50 milliards $ de chiffre d'affaires.» 

Cet intérêt de l'étranger pour le modèle des SDC «développé au Québec» démontre bien l'importance de les soutenir, selon M. Pagé. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il était à l'Assemblée nationale, mercredi soir, aux côtés d'une vingtaine de représentants des SDC de la province pour rencontrer la ministre Dominique Anglade.  

En un mot: SDC

Association privée à but non lucratif visant le développement d'un secteur donné. Chaque commerçant se trouvant sur le territoire d'une SDC doit payer une cotisation. Les montants obtenus par les SDC sont généralement réinjectés dans divers projets visant à dynamiser l'artère commerciale.

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