Teknion Roy & Breton: surtout ne pas surfer sur un huard dévalué

À droite, le pdg de Teknion Roy et... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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À droite, le pdg de Teknion Roy et Breton, Jacques Alain, discute avec Michel St-Pierre et Nicolas Poiré, deux employés de l'usine de Saint-Vallier.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) La reprise de l'activité économique chez nos voisins du sud et la dévaluation du dollar canadien profitent au secteur manufacturier québécois.

«N'allez surtout pas croire que nous nous assoyons sur nos lauriers. Oui, la baisse de la valeur du huard par rapport à la devise américaine est une bonne chose. Il faut cependant être prudent. J'ai assez de cheveux blancs pour savoir que la situation peut basculer et que notre dollar, plutôt que de valoir 78 ¢US comme c'est le cas aujourd'hui, pourrait retrouver la parité avec le dollar américain.»

Jacques Alain accueille Le Soleil à l'usine de Saint-Vallier de Teknion Roy & Breton, là où tout a commencé pour ce manufacturier d'ameublement de bureau qui célèbre, cette année, son 60anniversaire. À l'époque, la petite entreprise fondée par Paul-Armand Roy et sa conjointe Raymonde Breton fabriquait des articles en bois, notamment des crucifix et des plats à salade.

En 1999, l'entreprise Roy & Breton était acquise par la société ontarienne Teknion.

Aujourd'hui, Teknion Roy & Breton est un incontournable dans le paysage manufacturier de la région de la Chaudière-Appalaches. Dans ses deux usines de Lévis et celles de Montmagny, de Saint-Vallier et de Laurier-Station, l'entreprise fait travailler 926 personnes.

Son chiffre d'affaires est un secret d'État. La compagnie se limite à chiffrer le montant de ses retombées économiques (salaires versés et achats) : 100 millions $.

«Nous profitons du contexte favorable actuel pour investir. Nous acquérons des nouvelles technologies. Ça nous donne un pas d'avance sur la concurrence. Ça nous permet de réaliser des gains de productivité», indique Jacques Alain, pdg de Teknion Roy & Breton.

Cette stratégie d'investir massivement pendant que les vents sont favorables, l'entreprise l'avait appliquée entre 1999 et 2006 alors qu'elle avait sorti plus de 50 millions $ de ses coffres pour moderniser ses infrastructures. Quand le huard avait pris son envol à la fin de 2006, la compagnie était prête à faire face à la musique.

«Il y a huit ans, nous produisions 25 meubles l'heure. Aujourd'hui, le rythme est passé à 75 meubles l'heure», illustre M. Alain en soulignant que 20 millions $ ont été investis au cours des cinq dernières années et qu'au moins 3 millions $ le seront en 2016.

Et pour ne pas se laisser aveugler par des résultats «gonflés» par un dollar dévalué, Teknion Roy & Breton les comptabilise également en fonction d'un huard valant 1 $US. «L'idée étant de toujours demeurer vigilant.»

Percée internationale

Le fabricant de mobilier de bureau réalise maintenant entre 60 % et 70 % de ses affaires aux États-Unis. Il meuble les sièges sociaux de multinationales comme ExxonMobil, Google et Nike ainsi que d'importantes universités.

«Jadis, nous étions un petit joueur dans ce grand marché. Les réponses à nos opérations de charme auprès de clients prestigieux n'étaient pas très fortes. Aujourd'hui, on nous invite à soumettre des propositions», rend compte Jacques Alain en signalant que Teknion Roy & Breton veut accroître sa présence à l'international. Un marché qui représente actuellement entre 5 % et 10 % de ses activités.

L'entreprise possède déjà une usine en Malaisie et vient d'ouvrir une salle d'exposition à Bangalore en Inde.

Selon M. Alain, les tendances de l'heure dans le mobilier du bureau sont les espaces ouverts, les murs architecturaux et les bureaux ajustables permettant le travail debout.

Chaque usine du groupe possède son expertise : la transformation du verre à Montmagny, les meubles haut de gamme (Laurier-Station), les meubles de rangement (Saint-Vallier) et les composantes d'acier (Lévis).

L'entreprise est animée par une philosophie d'amélioration continue empruntée à Toyota et par les systèmes de résolution de problèmes en temps réel.

«Dans les années 80, nous étions tous fiers de dire que nous n'avions pas de problème de production dans nos usines. Ça sous-entendait, bien souvent, que nous les cachions sous le tapis. Aujourd'hui, la pratique veut que dès qu'un problème se pointe, l'employé lève la main. Une mécanique bien huilée se met aussitôt en branle pour remédier au problème sur-le-champ», explique Jacques Alain.

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