La politique énergétique de Québec inquiète l'industrie éolienne

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La Politique énergétique du Québec 2016-2030 ne révèle aucune cible annuelle de production d'énergie éolienne.

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Geneviève Gélinas, Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Les organismes et les compagnies travaillant dans le secteur éolien expriment leur inquiétude après consultation de la Politique énergétique du Québec 2016-2030. L'inquiétude, présente avant son dévoilement, est loin d'être dissipée parce que le document ne révèle aucune cible annuelle de production d'énergie éolienne.

Frédéric Côté, directeur du Techno-centre éolien, note que... (Collaboration spéciale Gilles Gagné) - image 1.0

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Frédéric Côté, directeur du Techno-centre éolien, note que l'incertitude caractérise encore l'avenir de la chaîne manufacturière québécoise liée au secteur éolien, et qu'il faudra connaître les moyens que déploiera l'État québécois dans l'application de la Politique énergétique avant d'être rassuré, s'il y a lieu. 

Collaboration spéciale Gilles Gagné

Frédéric Côté, directeur du Techno-centre éolien, voué à la promotion de l'énergie du vent, précise que l'inquiétude touche les cinq ou six années suivant 2018, pour lesquelles il y a un trou dans les commandes.

«La grande question, c'est la gestion du court terme pour que notre chaîne manufacturière puisse perdurer. [...] On ne peut conclure qu'on n'y arrivera pas, qu'il n'y a pas de marché, mais ce sont des cibles molles», note M. Côté.

La chaîne manufacturière développée depuis 2004 a installé 4000 mégawatts (MW) d'énergie éolienne, menant à la création de 5000 emplois au Québec, dans la fabrication de tours, de pales, de nacelles et d'autres pièces plus modestes, mais aussi dans l'entretien et la gestion de ces parcs éoliens.

Cette chaîne manufacturière a bénéficié de 200 à 400 MW à installer par an. Les firmes québécoises auraient souhaité des commandes domestiques de 300 MW par an. Le remplacement des parcs existants devrait garder les manufacturiers occupés à compter de 2025.

Frédéric Côté trouve quand même des éléments valables dans la Politique énergétique, dont le mouvement de décarbonisation, qui devrait mener à un ajout à long terme de 25 % d'énergie renouvelable.

«On reconnaît aussi la valeur de l'énergie éolienne pour les exportations; jusqu'à présent, les parcs éoliens servaient aux besoins domestiques», dit-il.

La capacité des lignes vers l'extérieur du Québec pourrait poser un problème. «Pendant les heures les plus payantes, aux heures de pointe, les interconnexions sont saturées. Il faudra voir le prix de l'énergie, s'il y a une prime à l'énergie verte», ajoute M. Côté.

Le marché du nord, une solution suggérée dans la politique, «est petit» et «ne peut combler la chaîne manufacturière», conclut-il.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, trouve «très peu rassurant pour l'industrie manufacturière de la Gaspésie et de Matane» le libellé de la politique.

«On comprend qu'il n'y aura aucun nouveau projet énergétique avant que la marge de manoeuvre d'Hydro-Québec [ses surplus] ait baissé de 4 % à 2,5 %. D'après les gens qu'on a consultés, ça veut dire un délai de cinq ans, donc un trou de cinq ans dans les carnets de commandes [...] La politique dit qu'il faut se tourner vers l'exportation. Mais les coûts de transport de grandes composantes sont tellement astronomiques que c'est difficile», dit-il.

Daniel Côté et ses collègues de Matane et New Richmond demandent une «rencontre urgente avec le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et la ministre de l'Économie, Dominique Anglade. «On présume qu'ils n'ont pas pris cette décision sans avoir un plan», dit-il.

«On s'aligne pour frapper un mur dès cet automne», dit le maire. À Gaspé, le carnet de commandes de LM Wind Power, une usine de pales qui emploie 200 personnes, est vide passé septembre 2016. «On a pris 15 ans à construire cette expertise. Pourquoi on la mettrait au rancart alors que la planète entière carbure à l'éolien?» lance M. Côté.

Alexandre Boulay, directeur de l'usine de LM de Gaspé et président du Créneau d'excellence éolien, «demeure inquiet» après avoir lu la politique.«Chaque mois, chaque semaine, chaque jour qui passe est une menace pour l'industrie manufacturière», dit-il.

M. Boulay attend «le plan d'action pour voir comment Québec va garder sa chaîne d'approvisionnement. [...] C'est impossible que le gouvernement tasse complètement l'éolien», ajoute-t-il.

L'industrie québécoise est «extrêmement compétitive» grâce à de bons vents et à son innovation, dit-il. L'énergie commandée lors du dernier appel d'offres coûtera 6,5 ¢ du kilowattheure, note-t-il, un prix qui pourrait continuer à diminuer.

Chez Fabrication Delta de New Richmond, qui fabrique des tours d'acier, la politique est mieux reçue. Même si Hydro-Québec ne commande pas d'énergie éolienne, la firme a des contrats pour l'exportation. À la fin mai, la firme réembauchera les 60 employés mis à pied en mars, pour atteindre un total de plus de 100. Ils fabriqueront des tours pour des parcs éoliens en Nouvelle-Écosse et au Rhode Island.

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