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Employabilité régionale: un projet-pilote sur la Côte-Nord

Québec met en place un projet-pilote pour favoriser... (Fournie par Hydro-Québec)

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Québec met en place un projet-pilote pour favoriser l'embauche régionale dans les grands chantiers de la Côte-Nord.

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Québec ajoute des règles du jeu pour accroître l'employabilité régionale dans les grands chantiers de la Côte-Nord et démarre un projet-pilote qui fixera des cibles à atteindre dès la publication des appels d'offres.

Hydro-Québec, qui mène le plus gros chantier du Canada dans l'arrière-pays de Havre-Saint-Pierre à l'est de Sept-Îles, sera la première à emboîter le pas en introduisant une nouvelle clause, à certains contrats spécifiques de construction, qui visera à augmenter de 20 % le pourcentage de la main-d'oeuvre régionale.

Une remise financière sera même versée à l'entrepreneur s'il atteint les taux d'embauche fixés au contrat. «C'est vraiment une première parce que c'est très délicat», s'est réjoui le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, faisant allusion aux lois en place comme la «libre mobilité» des travailleurs.

Le ministère des Transports, grand donneur d'ordre de la région, ajoutera lui aussi une clause à ses contrats d'ici les prochaines semaines, cette fois pour que les entreprises mesurent obligatoirement leur taux d'embauche régionale de façon à documenter le Ministère et à mieux orienter ses actions par la suite.

Ces nouvelles mesures ne sont pas étrangères à la création du Comité sur l'embauche de la main-d'oeuvre régionale sur la Côte-Nord, formé d'urgence dans la foulée des barrages routiers menés par des travailleurs de la construction mécontents et le leader syndical Bernard «Rambo» Gauthier, en juin 2015.

«On sort des sentiers battus [avec le projet-pilote]», a soulevé le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, qui a participé aux travaux du comité piloté par la Société du Plan Nord. «Les entreprises qui débarquaient ici avec toute leur équipe, bien elles ne seront peut-être plus concurrentielles maintenant [...] J'ai confiance que ça va améliorer la situation.»

Retombées

D'une durée d'un an, le projet-pilote aura des retombées dès la reprise des chantiers au printemps, assure le ministre Arcand, qui ne s'aventure pas néanmoins à les chiffrer. «Déjà, si on a une augmentation minimum, ce sera un pas dans la bonne direction [...] Ce qui est important, c'est qu'on a aujourd'hui des mesures concrètes, qui vont donner des résultats aux travailleurs de la Côte-Nord.»

Pierre Arcand espère ainsi que l'initiative du gouvernement permettra de «tracer la voie» et d'encourager l'embauche régionale dans les chantiers privés, comme le secteur minier. Des mesures visant la formation «individualisée» des travailleurs de la construction pour développer leurs compétences sont aussi prévues dans le projet-pilote.

«Plus besoin de bloquer des routes», dit Rambo

«On sent que c'est frileux, c'est pas un gros pas, mais c'en est un, et on va le prendre», a réagi le représentant syndical de la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier.

«On n'aura plus besoin de bloquer des routes, assure-t-il. On a interpellé Québec, et Québec a réagi, maintenant, ce sont nos élus qui sont à la table [comité], ils [maires et préfets] seront les gardiens de ce projet pilote.»

Dans le contexte économique difficile de la Côte-Nord, Bernard Gauthier affirme être en mauvaise position «pour commencer à chialer». «On n'avait rien, maintenant on a ça, lance-t-il. C'est un levier qu'on a pour essayer d'améliorer le sort de notre région. [...] Fallait arrêter l'hémorragie et c'est un bon pansement.»

Le leader syndical affilié à la FTQ-Construction a d'ailleurs bien l'intention de veiller au grain pour que les mesures prévues soient appliquées. Selon lui, les clauses fixant des taux d'embauche régionale pourraient dissuader des entrepreneurs fautifs, qui essaient de contourner les conventions collectives.

«La logique va reprendre sa place parce que c'est pas vrai que tu peux partir de l'Outaouais par exemple, et prendre la job d'une entreprise locale. [...] Le nerf de la guerre, c'est que ça va forcer les entrepreneurs de l'extérieur à soumissionner à parts égales avec les nôtres.»

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