Paris en ligne: le patron d'Amaya accusé de délit d'initié

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David Baazov, PDG fondateur et président du conseil de Groupe de jeux Amaya.

Courtoisie, Groupe de jeux Amaya

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Le grand patron d'Amaya est accusé de délit d'initié par l'Autorité des marchés financiers (AMF) en lien avec la mégatransaction de PokerStars, acquise en 2014 par l'entreprise spécialisée dans le jeu en ligne.

David Baazov fait face à cinq chefs d'accusation, notamment pour avoir influencé ou tenté d'influencer le cours du titre d'Amaya et pour avoir communiqué une information privilégiée.

L'homme d'affaires âgé de 35 ans a rapidement réagi, mercredi, par voie de communiqué, en niant les allégations.

«Bien que je sois déçu par la décision (de l'AMF), je suis très confiant d'être en mesure de prouver mon innocence», a indiqué le président et chef de la direction de l'entreprise montréalaise établie à Pointe-Claire.

L'annonce a retardé d'une vingtaine de minutes le début des transactions sur le titre d'Amaya à la Bourse de Toronto, qui a plongé de 20,57 pour cent, ou 3,82 $, pour clôturer à 14,75 $. Depuis le sommet de 38,74 $ atteint en novembre 2014, la valeur boursière de la société a dégringolé de 3,2 milliards $.

Au total, l'AMF a déposé 23 chefs d'accusation visant trois personnes - dont le dirigeant d'Amaya - et trois autres compagnies: Diocles Capital, Sababa Consulting et 2374879 Ontario.

L'enquête du gendarme financier québécois se penchait sur des transactions effectuées sur le titre de l'entreprise entre décembre 2013 et juin 2014 avant qu'elle allonge 4,9 milliards $ pour mettre la main sur Oldford Group, le propriétaire de PokerStars.

«Ce sont des accusations sérieuses puisque les délits d'initiés affectent grandement l'intégrité des marchés», a souligné le porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge, au cours d'un entretien téléphonique.

Aucune arrestation n'a été effectuée, a indiqué le porte-parole de l'AMF, précisant que les accusés ont 30 jours pour indiquer s'ils plaideront coupables ou non.

D'autres accusations pourraient également être déposées.

«L'enquête se poursuit toujours, mais nous venons de conclure un important volet», a ajouté M. Théberge.

Pour un délit d'initié, l'amende peut osciller entre 5000 $ et 5 millions $ par chef d'accusation. La peine d'emprisonnement peut atteindre cinq ans.

Amaya a toujours nié les allégations d'irrégularités, affirmant que l'enquête du gendarme financier québécois n'aurait aucun impact négatif sur ses activités quotidiennes.

La société affirme que la vérification interne menée par des membres indépendants de son conseil d'administration ainsi que des conseillers juridiques externes n'avait pas conclu que des infractions à la loi avaient été commises.

«Aucun nouveau renseignement sur lequel les allégations d'infractions de l'AMF sont fondées ne nous a été communiqué», a indiqué Dave Gadhia, le directeur principal d'Amaya et membre du conseil.

De son côté, Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, a mis en veilleuse sa recommandation d'achat sur l'action d'Amaya et croit qu'il vaut mieux la conserver. Il estime en outre que M. Baazov pourrait être forcé de retarder son projet de privatiser la société.

«L'évolution de l'enquête de l'AMF et le dépôt d'accusations (...) pourraient significativement accroître la pression sur le titre à court et moyen terme», souligne l'analyste dans une note envoyée par courriel.

Amaya avait confirmé en décembre 2014 qu'elle faisait l'objet d'une enquête de l'AMF, sans toutefois entrer dans les détails, ce qui avait éveillé les soupçons à son égard.

Ordonnances de blocage

L'AMF a également obtenu des mandats de perquisition, ainsi que des ordonnances pour bloquer les activités de 13 autres individus - dont le frère de M. Baazov - qui auraient effectué diverses transactions en disposant d'informations privilégiées.

De 2011 à 2016, ces derniers auraient ainsi engrangé des profits de 1,5 million $, selon l'AMF.

«Cette enquête a débuté en juillet 2015, a souligné M. Théberge. Elle concerne l'acquisition (de PokerStars), mais également d'autres transactions effectuées par Amaya.»

Le Bureau de décision et de révision a également suspendu le certificat du courtier d'assurance et de fonds communs John Chatzidakis, un conseiller indépendant en sécurité financière associé à la Financière Sun Life.

Ce dossier est étudié par le service de la conformité et le département légal de la société de services financiers, qui dit avoir été informée ce mercredi de la situation.

Pour sa part, Amaya (TSX:AYA) ne croit pas que les accusations déposées par l'Autorité nuiront à ses activités et ses plateformes de jeu en ligne PokerStars et Full Tilt.

«David Baazov a l'appui de l'ensemble des membres indépendants du conseil d'administration», a indiqué M. Gadhia.

Le dirigeant d'Amaya dit continuer de travailler avec un groupe d'investisseurs dans le but de racheter la totalité de la société spécialisée dans le jeu en ligne.

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