50 millions $ du fédéral pour l'INO

Le pdg de l'Institut national d'optique, Jean-Yves Roy... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le pdg de l'Institut national d'optique, Jean-Yves Roy

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(Québec) Le président-directeur général de l'Institut national d'optique (INO), Jean-Yves Roy, avait le sourire plus facile, mardi, à sa sortie du huis clos du budget du gouvernement fédéral que jeudi dernier après avoir épluché celui du ministre québécois des Finances, Carlos Leitão.

Alors que le gouvernement québécois ne soufflait pas un mot sur la contribution à accorder à l'INO - dont les ententes quinquennales de financement avec les deux paliers de gouvernement prendront fin le 31 mars qui vient - Ottawa a annoncé mardi qu'il lui accordait un financement de base de 50 millions $ sur cinq ans à compter de 2016-2017 par l'entremise de Développement économique Canada pour les régions du Québec.

«Grâce à des applications dans des domaines aussi diversifiés que la fabrication, la biomédecine, les sciences de la vie, la défense et l'aérospatiale, l'INO aide des sociétés canadiennes à accroître leur compétitivité et à percer sur de nouveaux marchés», a fait valoir le ministre des Finances, Bill Morneau.

Sur une période de cinq ans, l'INO recevra 5 millions $ de plus que ce que l'ancien gouvernement lui avait accordés dans la dernière entente quinquennale. «Ça nous permet de couvrir les coûts de l'inflation», a signalé M. Roy au Soleil. Rappelons que l'INO compte près de 200 employés dont plus de 80 % sont des scientifiques affectés aux travaux de recherche.

Toutefois, Jean-Yves Roy aurait été au septième ciel si le gouvernement fédéral avait répondu en mille à la demande initiale de l'INO. En plus du 50 millions $ sur cinq ans, le centre de recherche de Québec réclamait une somme de 27 millions $ pour mener à bon port son projet d'étendre ses activités ailleurs au Canada, notamment en Ontario et en Alberta.

«Nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour convaincre le nouveau gouvernement», a reconnu le pdg de l'INO. «Nous allons nous retrousser les manches et continuer de travailler en collaboration avec le ministre régional Jean-Yves Duclos.»

«Un dollar investi dans l'INO, c'est 10 $ générés dans l'économie canadienne» a fait valoir Jean-Yves Roy en soulignant que l'INO n'était pas qu'un centre de recherche en hautes technologies, mais aussi un moteur de croissance économique.

«En appuyant notre plan, le gouvernement fédéral envoie un signal fort : stimuler la croissance économique en investissant dans l'innovation, les infrastructures et la diversification de l'économie canadienne. Nous sommes enchantés par cette décision.»

L'INO, qui a contribué à l'essaimage de 30 entreprises qui, à leur tour, ont créé plus de 4000 employés de qualité, attend maintenant un signe de vie du gouvernement du Québec. Sa demande est connue par les politiciens québécois : 75 millions $ sur cinq ans. La même que celle faite à Ottawa.

«Pour le moment, nous ne connaissons pas les intentions du gouvernement du Québec. Nous espérons avoir au moins l'équivalent de ce que le fédéral met sur la table pour une période aussi longue.»

Cette annonce a été saluée par Alain Aubut, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. «Le fédéral confirme sa participation dans l'INO, ce que le provincial n'a pas fait officiellement. On espère que ça va inciter le provincial à le faire, parce que l'INO est un moteur de création de richesse pour les entreprises de haute technologie.»

Par ailleurs, il déplore le peu de mesures consacrées au développement de PME, notamment le refus d'Ottawa d'abaisser leur taux d'imposition de 10,5 % à 9 %. «C'est un peu inquiétant. C'est beau faire des déficits, mais il faut créer de la richesse à quelque part si l'on veut, un jour, le combler.»

Le «strict minimum», selon Deltell

Cette somme de 50 millions $ à l'INO est trop peu pour le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell.

«C'est le strict minimum», a tranché au bout du fil l'élu de l'opposition. Il déplore ne pas voir le 27 millions $ espéré pour l'expansion de l'INO au Canada, point majeur, dit-il, pour l'avenir de cette institution.

«Ça s'inscrit dans la volonté libérale de ne rien faire pour aider nos petites entreprises. L'INO est une institution, mais elle vit à même les petites entreprises», a indiqué M. Deltell. 

Avec Valérie Gaudreau

Chantier Davie Canada: peut-être la prochaine fois?

Personne n'attendait le pactole pour Chantier Davie Canada dans ce premier budget du gouvernement de Justin Trudeau.

«Au moins, nous aurions aimé lire une petite ligne dans le budget affirmant que le chantier de Lévis aura dorénavant sa part dans l'attribution des contrats de construction de navires accordés par le gouvernement fédéral. Les chantiers de Halifax et de Vancouver ont déjà eu leur large part du gâteau», souligne le trésorier de la CSN, Pierre Patry. «À cet égard, c'est décevant. Le nouveau gouvernement aurait pu au moins donner un signal.»

De l'avis du syndicaliste dont la centrale représente des centaines de travailleurs à la Davie, Ottawa est en train de se faire une tête en matière de Défense nationale, notamment dans le cas de sa Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale. «Nous nous attendons à ce qu'il montre ses couleurs prochainement et qu'il accorde à Davie la place que le chantier mérite au Canada.»

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, donne, lui aussi, la chance au coureur.

«Des contrats pour la construction de bateaux, il y en aura d'autres. La Garde côtière, notamment, a des besoins. Nous croyons que Davie doit être considéré de très près pour tous les nouveaux contrats qu'Ottawa accordera au cours des prochaines années», affirme M. Lehouillier en mettant en garde le fédéral de vouloir refiler des contrats à des chantiers étrangers. 

Avec Valérie Gaudreau

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