Les secrets bien gardés d'Eddyfi

Martin Thériault, président et chef de la direction... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Martin Thériault, président et chef de la direction d'Eddyfi, et Louis Beaulieu-Charbonneau, directeur du marketing et des produits.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Quand vient le temps de se bomber le torse et d'établir les industries-clés qui lui permettent de tirer son épingle du jeu sur l'échiquier économique national et international, la région de Québec cite, la plupart du temps, la performance des secteurs de l'assurance, des jeux vidéo ou de l'optique-photonique. Rarement entendons-nous parler de l'industrie des contrôles non destructifs.

Les contrôles non destructifs! Ça mange quoi en hiver?

D'entrée de jeu, précisons qu'à Québec, l'industrie des contrôles non destructifs - les CND pour faire plus court -, c'est une dizaine d'entreprises qui réalisent des ventes annuelles variant entre 150 et 200 millions $.

«Lorsque nous participons à des conférences internationales, nous nous retrouvons toujours trois ou quatre compagnies de Québec», illustre Louis Beaulieu-Charbonneau, directeur du marketing et des produits chez Eddyfi.

L'écosystème CND de la capitale comprend des multinationales, comme Olympus (250 employés), Sonatest (150 employés) et Zetec (65 employés), et des entreprises de chez nous, comme Eddyfi, qui rayonnent à l'international.

«Nous réalisons 95 % de notre chiffre d'affaires à l'extérieur du Canada», indique Martin Thériault, président et chef de la direction d'Eddyfi, une société fondée en 2009 qui fournit un gagne-pain à 125 personnes et qui possède des places d'affaires à Lyon, à Houston et à Abou Dhabi.

«Le contrôle non destructif, c'est l'art de détecter des failles et des défauts invisibles à l'oeil nu dans un matériau sans avoir à le briser. À l'opposé, vous le comprenez bien, du contrôle destructif», résume Louis Beaulieu-Charbonneau. «Par exemple, lors de l'inspection du train d'atterrissage d'un avion, il est évident que l'on ne le mettra pas en pièces pour vérifier s'il y a des fissures.»

Eddyfi conçoit et commercialise des instruments de tests (appareils de mesure, capteurs, sondes et logiciels) à partir desquels les pièces les plus complexes sont minutieusement inspectées pour y détecter la plus minuscule des failles. Autant sur la surface d'une pièce qu'à l'intérieur d'une conduite.

Il existe une panoplie de méthodes pour réaliser du contrôle non destructif, dont la radiographie industrielle et l'ultrason. Eddify, pour sa part, a recours à des technologies de contrôle électromagnétique. Dans le milieu, on parle de technologies par courants de Foucault multi-éléments.

Les appareils portables d'Eddyfi se vendent entre 50 000 $ et 100 000 $. «Vous en retrouverez plus de 500 dans une cinquantaine de pays à travers la planète», fait remarquer Louis Beaulieu-Charbonneau.

Des opérateurs de centrales nucléaires, des pétrolières, des minières et des géants de l'aéronautique utilisent le matériel d'inspection d'Eddify. La structure mécanique de l'atterrisseur martien sur lequel planchent la NASA et la California Institute of Technology a été passée au peigne fin par un système d'inspection d'Eddyfi.

Tripler sa taille d'ici trois ans

Pour se démarquer de ses concurrents qui sont des multinationales, Eddyfi mise sur la flexibilité et l'agilité. Sur sa capacité de répondre rapidement aux besoins de ses clients.

La recette d'Eddyfi semble fonctionner.

Dès sa première année, en 2009, l'entreprise a réalisé des profits. Son chiffre d'affaires était alors de 1,2 million $.

«Cette année, nous visons 25 millions $. Puis, ça sera 34 millions $ en 2017 et 45 millions $ en 2018», indique Louis Beaulieu-Charbonneau.

La principale caractéristique de l'entreprise : sa discipline. Elle ne s'épivarde pas dans tous les marchés à la fois. «Nous attaquons un marché. Nous cherchons à le desservir parfaitement. Puis nous passons à un autre», explique Martin Thériault en soulignant que 30 % des ventes provenaient de nouveaux clients.

«Nous avons des projets d'acquisition. Nous avons un bon bilan et aucune dette. Notre objectif est de tripler la taille de l'entreprise dans trois ans. Nous aurons alors 250 employés», affirme le président et chef de la direction.

Cette croissance cause toutefois des cheveux gris à la direction de la jeune entreprise. Le recrutement de la main-d'oeuvre est difficile. Surtout du côté des ingénieurs logiciels.

«Ils sont tous attirés par les jeux vidéo. Ils veulent tous aller coder des jeux vidéo. À la longue, ça devient agaçant», signale Louis Beaulieu-Charbonneau.

Les descendants de Tecrad

Pour expliquer l'expertise de la région de Québec dans l'univers du contrôle non destructif, il faut remonter au milieu des années 80 avec la fondation de Tecrad.

Ou plutôt par le rachat de cette entreprise par des Québécois, qui ont ensuite fondé R/D Tech.

Pour la petite histoire, rappelons que Tecrad avait sombré dans une histoire de fraude. En 1995, la compagnie avait été condamnée à 50 000 $ d'amende pour avoir frauduleusement obtenu du crédit d'une banque.

R/D Tech avait connu un tel succès que deux multinationales avaient dépensé des millions de billets verts pour acquérir son savoir et ses technologies. Zetec avait déplié 51,6 millions $US. Et Olympus, 115 millions $US.

Ces deux géants sont toujours présents dans la capitale. En septembre dernier, Olympus annonçait la construction d'un nouveau complexe de 35 millions $ dans le nouvel Espace d'Innovation Michelet.

R/D Tech et les deux multinationales ont fait des petits.

D'anciens dirigeants de ces sociétés ont décidé de voler de leurs propres ailes pour créer leurs entreprises.

C'est le cas des membres de l'équipe d'Eddyfi qui proviennent à la fois de R/D Tech, de Zetec et d'Olympus.

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