Blaney demande aux libéraux de reconsidérer l'offre de Davie

Le député conservateur Steven Blaney a tenu à... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le député conservateur Steven Blaney a tenu à préciser que l'offre de Davie visait à combler des besoins additionnels pour la Marine royale canadienne et la Garde côtière et non pas à enlever du pain de la bouche des chantiers Irving Shipbuilding (25 milliards $) et Seaspan (8 milliards $).

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Ottawa) Le député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis à la Chambre des communes, Steven Blaney, demande à la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judith Foote, de ne pas balayer du revers de la main la proposition non sollicitée soumise par Chantier Davie Canada pour la construction de trois navires additionnels pour la Marine royale canadienne et la Garde côtière.

«Il est inconcevable que Judith Foote ne se donne pas la peine de considérer une proposition qui est compétitive et qui répond à des besoins importants de la Marine royale canadienne et de la Garde côtière», a martelé M. Blaney à l'occasion d'une conférence de presse mercredi.

«La ministre manque de respect envers les contribuables. L'offre déposée par Davie est extrêmement avantageuse pour les contribuables», a poursuivi l'ancien ministre conservateur Stephen Harper qui est aujourd'hui le critique de la ministre Foote au sein de l'opposition officielle.

La semaine dernière, le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement a jeté par-dessus bord la proposition soumise par Davie de construire dans un délai rapide et à un prix compétitif un brise-glace et deux navires polyvalents.

Une offre qui, selon le chantier naval de Lévis, ferait économiser 700 millions $ au gouvernement canadien.

Davie avait procédé de la sorte, l'an dernier, pour dépanner la Marine royale canadienne qui s'est retrouvée Gros-Jean comme devant à la suite de la mise au rancart de ses deux seuls navires ravitailleurs en présentant le projet Resolve.

«Le chantier nous avait fait une offre non sollicitée pour convertir un porte-conteneurs en un navire ravitailleur. Nous l'avons évalué. Il y a eu un processus compétitif. À la fin, nous avons convenu que le projet Resolve était avantageux pour les contribuables.»

En «culottes courtes»

Steven Blaney a tenu à préciser que l'offre de Davie visait à combler des besoins additionnels et non pas d'enlever du pain de la bouche des chantiers Irving Shipbuilding (25 milliards $) et Seaspan (8 milliards $) qui ont décroché les principaux contrats de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale (SNACN).

«Il ne s'agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul», a-t-il mentionné en rappelant que Seaspan avait déjà obtenu le contrat pour construction un gros brise-glace, le Diefenbaker, dont les coûts ont grimpé de 720 millions $ à 1,3 milliard $.

Or, selon le député conservateur de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, ce navire ne sera pas mis à l'eau avant au moins une décennie.

«Au Canada, il n'y a actuellement qu'un seul brise-glace en opération, le NGCC Louis-S.-St-Laurent. Son entrée en service remonte à 1969. Quand on regarde ailleurs, on se rend compte que l'âge moyen des brise-glace est d'environ 25 ans. Nous ne nous trompons pas en disant qu'en matière de brise-glace, nous sommes en culottes courtes au Canada», a plaidé Steven Blaney en insistant sur le fait que le Canada devait assurer sa souveraineté sur ses eaux territoriales.

Pas un chèque en blanc

Le député a indiqué que son parti appuyait la SNACN, car les besoins de la Marine royale canadienne et de la Garde côtière sont importants.

«Ça ne veut pas dire que nous accordons un chèque en blanc au gouvernement libéral pour gaspiller l'argent des contribuables.»

«Nous sommes rendus à la réalisation des projets. Il faut s'assurer que les chantiers soient en mesure de livrer les bateaux dans les temps prévus.»

En janvier dernier, Steven Blaney a visité les chantiers Irving Shipbuilding et Seaspan. Il ne doute pas de la capacité des deux constructeurs de livrer la marchandise.

«J'ai demandé à la ministre Foote de me dresser un état de la situation. Je veux connaître l'état d'avancement des travaux et le respect des budgets et des échéanciers. Elle m'a promis que j'aurai des réponses à mes questions dans six mois.»

Chialage contre-productif

Steven Blaney a évidemment entendu les hauts cris venant des deux extrémités du pays à la suite de la publication des informations confirmant que Chantier Davie Canada avait soumis une proposition non sollicitée au gouvernement du Canada pour la construction de navires.

Les premiers ministres Christy Clark (Colombie-Britannique) et Stephen McNeil (Nouvelle-Écosse) ont manifesté leur mécontentement.

Un éditorialiste du quotidien néo-écossais The Chronicle Herald s'est plaint des manoeuvres de coulisses utilisées par le chantier Davie pour influencer le nouveau gouvernement. Il comparait même le comportement de Davie à celui d'un vendeur de véhicules usagés qui promet un changement d'huile gratuit à celui qui lui achètera une «minoune».

«Tout ça est contre-productif», clame l'élu conservateur au sujet des pressions politiques venant de l'Est et de l'Ouest du Canada pour barrer le chemin à Davie.

«Ce qui est important pour Irving Shipbuilding et Seaspan, c'est de terminer les bateaux qu'ils ont à construire dans les délais prévus. Vous avez des contrats et l'argent pour les faire. Faites-les. Et livrez à temps. Personne ne veut vous enlever votre morceau de gâteau.» 

Un litige «énigmatique», dit la CSN

La CSN dit veiller au grain, afin que les 189 mises à pied déjà annoncées au chantier maritime Davie, en raison d'un litige avec la Société des traversiers, ne deviennent pas plus importantes.

Au cours d'une entrevue mercredi dans le cadre du conseil confédéral de la CSN à Montréal, le président de la centrale, Jacques Létourneau, s'est dit préoccupé par ce litige qu'il a qualifié d'«énigmatique».

Des médias régionaux ont déjà laissé entendre que le nombre de mises à pied pourrait dépasser les 200, voire 250, si le litige ne se règle pas bientôt.

Le fond du litige vient de modifications qui ont été apportées au système électrique de deux navires, ce qui a entraîné une augmentation des coûts du contrat. La Davie veut être payée pour ses travaux supplémentaires, mais la Société des traversiers (STQ) refuse de payer. Fait à noter : la CSN représente à la fois les syndiqués de la Davie et ceux de la STQ.

M. Létourneau signale que le syndicat de la Davie sera bientôt en négociation pour le renouvellement de sa convention collective.  Avec La Presse Canadienne

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer