Bombardier écorchée dans un rapport sur un contrat londonien

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Le maire de Londres, Boris Johnson

AFP, Paul Ellis

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Ross Marowits
La Presse Canadienne
Montréal

La réputation de la division ferroviaire de Bombardier est de nouveau remise en cause avec la publication d'un rapport selon lequel elle aurait «trompé» la société de transport en commun de Londres au sujet de son habileté à compléter un projet de signalisation dans la capitale britannique.

Selon le rapport préparé par le comité du budget et de la performance de l'Assemblée de Londres, Bombardier (TSX:BBD.B) était incapable de réaliser un contrat de signalisation de 354 millions de livres (environ 670 millions $) attribué en 2011.

Le contrat a été résilié en 2013.

«Du point de vue de Transport for London (TfL), la performance honteuse de Bombardier a entraîné l'échec du programme», indique le rapport.

Bombardier «a tout bousillé»

Le maire de Londres, Boris Johnson, a indiqué au comité que Bombardier «a tout bousillé».

Le groupe de transport en commun, qui a aussi été critiqué dans le rapport, a dit avoir été «trompé» dès le départ par Bombardier au sujet de l'expertise et de l'expérience de l'entreprise dans la signalisation.

«L'inhabileté de Bombardier à livrer le programme sera énormément dommageable à sa réputation en tant qu'entreprise de classe mondiale en signalisation, mais les allégations de mauvaise représentation le seront encore plus», estime le rapport du comité.

Bombardier avait présenté la soumission la moins coûteuse pour le contrat. Mais KPMG, qui a procédé à un contrôle du contrat, a conclu que l'habileté de Bombardier à livrer le contrat n'avait pas été adéquatement «démontrée ou questionnée».

«Si quelque chose semble trop beau pour être vrai, ce l'est probablement», affirme le rapport.

Le porte-parole de Bombardier, Marc Laforge, a indiqué que l'entreprise n'était pas d'accord avec les conclusions du rapport et a précisé que la résiliation du contrat était une décision «amicale» qui n'avait pas terni la réputation de Bombardier dans l'industrie.

«Nous avons environ 30 contrats de signalisation pour lesquels nous avons travaillé (...) alors cela n'a pas vraiment d'impact sur notre capacité à soumissionner pour des contrats en ce qui a trait à la portion de nos activités qui touche à la signalisation», a-t-il affirmé lors d'un entretien.

M. Laforge a ajouté que Bombardier conservait la confiance des consommateurs en Grande-Bretagne et qu'elle fournissait des voitures à TfL, en plus de divers autres projets.

Lorsque les deux parties se sont entendues sur la résiliation du contrat de signalisation en 2013, TfL a versé 85 millions de livres à Bombardier, soit environ 161 millions $, pour mettre fin au contrat, environ deux ans avant de s'entendre avec la française Thales pour compléter le projet.

L'autorité du transport a indiqué avoir versé un montant à Bombardier pour éviter de se retrouver prise dans un long litige qui aurait entraîné de nouveaux retards. Les travaux doivent maintenant se terminer cinq ans plus tard que prévu, en 2023, et coûteront 886 millions de livres, ou 1,7 milliard $, plus cher que prévu.

Pas une première

Ce n'est pas la première fois que Bombardier est critiquée au sujet de ses contrats. La société connaît une série de problèmes contractuels en Europe et fait l'objet d'une poursuite de la Commission de transport de Toronto pour la livraison tardive de nouveaux tramways, un contrat de 1,2 milliard $.

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