187 mises à pied chez Davie

Chantier Davie Canada a avisé jeudi le Syndicat... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Chantier Davie Canada a avisé jeudi le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) qu'elle cessait le travail de production sur l'un des deux traversiers qui fera la navette entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine à compter de minuit vendredi. Du coup, 187 travailleurs vont se trouver sur le trottoir.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) La partie de bras de fer mettant aux prises Chantier Davie Canada et la Société des traversiers du Québec (STQ) sur les changements à apporter au projet de construction de deux bateaux-passeurs fait 187 victimes collatérales.

La direction du chantier maritime de Lévis a avisé, jeudi, le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) qu'elle allait cesser le travail de production à compter de minuit vendredi sur l'un des deux traversiers qui doit faire la navette entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Du coup, 189 travailleurs vont se trouver sur le trottoir pour une période indéterminée.

De plus, la compagnie avise que d'autres mises à pied pourraient survenir, la semaine prochaine, si la STQ n'accepte pas de payer pour les changements que Davie doit apporter aux navires.

Le président du syndicat, Raphaël Jobin, assure qu'il n'a jamais vu venir le coup. 

Il est furieux.

«Encore une fois, les travailleurs servent de chair à canon dans une chicane opposant deux grandes entreprises.»

L'exécutif syndical doit rencontrer la haute direction de Davie vendredi matin pour tenter d'obtenir plus d'éclaircissements.

C'est par l'envoi d'un courriel, jeudi après-midi, que Rafaël Jobin a appris la mauvaise nouvelle. 

Pourtant, en matinée, il avait rencontré la directrice des ressources humaines. «Elle ne m'a jamais mentionné cette possibilité de mises à pied temporaires.»

Dans le courriel envoyé au syndicat, le pdg de Chantier Davie Canada, Alan Bowen, rappelle que Davie a eu de nombreuses discussions avec la STQ concernant les demandes de changements découlant des «lacunes au niveau des fiches techniques» des deux traversiers.

«À ce jour, Davie a financé tous les changements dans un effort pour continuer d'aller de l'avant avec le projet», plaide-t-il.

«La STQ a rejeté toutes les demandes de changements et nous ne pouvons plus continuer à financer ces changements. Le refus de la STQ de négocier et de reconnaître les demandes de changements valides nous ont contraints à prendre la position très difficile dans laquelle nous sommes aujourd'hui » , justifie Alan Bowen.

«Si la STQ maintient sa position actuelle, nous n'aurons pas d'autre alternative que de procéder à de nouvelles mises à pied la semaine prochaine», prévient le grand patron de Davie qui resserre la pression sur la STQ et sur le gouvernement du Québec qui a octroyé le contrat de 125 millions $ à Davie.

«Nous ne pouvons plus financer ce projet sans que la STQ accepte les demandes de changements qu'ils ont en leur possession», insiste M. Bowen.

Plutôt cette semaine, le ministre des Transports, Jacques Daoust, avait convié la STQ et Chantier Davie Canada à un exercice de médiation, prévu au contrat liant les deux parties, pour régler leur différend. «On va donner une chance au processus prévu au contrat.» 

Si rien n'y fait, il promettait de prendre les mesures qui s'imposent.

«Dans les journaux, M. Bowen disait pourtant qu'il était d'accord avec le recours à la médiation», fait remarquer Rafaël Jobin. «Je comprends, aujourd'hui, qu'il préfère y aller avec des pressions politiques.»

Chantier Davie Canada fait travailler près d'un millier de personnes à Lévis.

Inquiétudes en Nouvelle-Écosse

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse espère qu'Ottawa respectera ses engagements et confiera comme prévu aux chantiers navals Irving la construction des navires militaires. Chantier Davie a déposé à la fin février une offre non sollicitée pour la construction d'un brise-glaces et deux navires polyvalents de la Garde côtière - un contrat pouvant valoir jusqu'à 1 milliard $. Or, le gouvernement conservateur avait déjà annoncé, dans le cadre de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale, qu'il confierait la construction de ces navires civils au chantier Seaspan, de Vancouver. Le contrat de construction des navires militaires doit quant à lui être confié aux chantiers navals Irving, en Nouvelle-Écosse. Le premier ministre Stephen McNeil espère que les libéraux respecteront les engagements du précédent gouvernement fédéral. Il s'est dit surpris par cette offre non sollicitée de Davie, une manoeuvre qu'il qualifie d'«étrange». La Presse Canadienne

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