Le déficit fédéral devrait atteindre 18,4 milliards $

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Le ministre des Finances, Bill Morneau, a choisi d'annoncer la nouvelle dans un centre communautaire d'Ottawa, lundi, où il a également voulu rassurer les Canadiens qui seraient tentés de remettre en question leur vote d'octobre dernier.

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement Trudeau anticipe un déficit d'au moins 18,4 milliards $ l'an prochain, un manque à gagner presque cinq fois plus élevé par rapport aux prévisions d'il y a trois mois et largement supérieur au seuil de 10 milliards $ promis par Justin Trudeau en campagne électorale.

Une fois le budget déposé, le 22 mars, le manque à gagner pourrait bien franchir la barre des 20 milliards $ en tenant compte des promesses électorales des libéraux, comme les investissements dans les infrastructures.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a choisi d'annoncer cette mauvaise nouvelle dans un centre communautaire d'Ottawa, lundi, où il a également voulu rassurer les Canadiens qui seraient tentés de remettre en question leur vote d'octobre dernier.

«Compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, les Canadiens ont fait le bon choix en votant pour le Parti libéral», a dit M. Morneau.

«Je suis conscient que les critiques seront plus virulentes au cours des prochaines semaines, mais mon budget 2016 ne sera pas qu'une simple réaction automatique, a-t-il ajouté. Nous allons avoir de bonnes raisons d'agir ainsi.»

Ottawa s'attend également à un déficit de 15,5 milliards $ pour l'année financière 2017-2018, une hausse considérable par rapport à celui de 2,4 milliards $ prévu en novembre dernier.

Le gouvernement libéral mise sur ses engagements électoraux dans l'espoir de stimuler à la fois l'économie ainsi que la création d'emplois. La plateforme électorale du parti proposait de «nouveaux investissements» estimés à plusieurs milliards de dollars en 2016-2017, un engagement qui ne tient pas compte des promesses n'ayant pas encore été chiffrées.

«Je pense à des investissements, pas des dépenses», a souligné le grand argentier du pays.

Dépenses inconsidérées

La réaction a été bien différente du côté du Parti conservateur, dont la chef intérimaire Rona Ambrose a accusé le gouvernement libéral de dépenser sans tenir compte des conséquences à long terme.

«C'est une journée triste pour les Canadiens, a-t-elle déploré. Je ne crois pas que les libéraux sont conscients qu'ils vont devoir rembourser l'argent emprunté.»

Les conservateurs insistent pour dire qu'ils ont laissé les finances publiques en bon état, un argument qui a en partie été confirmé lundi par des données faisant état d'un surplus budgétaire de 3,2 milliards $ pour les neuf premiers mois de l'année financière 2015-2016 - soit d'avril à décembre 2015.

Les prévisions de M. Morneau tablent sur un baril de pétrole à 40 $US en 2016, en baisse par rapport aux 54 $ US anticipés dans la dernière mise à jour économique, ainsi que sur une croissance économique de 1,4 %.

Elles sont moins élevées d'environ 2 milliards $ par année en raison des changements annoncés par Ottawa aux fourchettes d'imposition ainsi qu'aux activités du pays au Moyen-Orient.

Prévision ajustée

Ottawa a également ajusté sa prévision de déficit pour 2015-2016, qui devrait se chiffrer à 2,3 milliards $ plutôt qu'à 3 milliards $, tel qu'anticipé précédemment.

Cette détérioration de la situation financière a été principalement attribuée au plongeon des prix de l'or noir ainsi qu'à une croissance économique moins élevée qu'anticipée aux États-Unis et dans le reste du monde.

Le ministre fédéral des Finances doit également comparaître devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes ce mardi. Il devrait faire valoir qu'il est plus important que jamais pour le gouvernement Trudeau d'investir dans l'économie afin de stimuler la croissance. «Les temps sont durs pour de nombreux Canadiens partout au pays et dans cette situation, un gouvernement moins ambitieux aurait profité de ces conditions pour se cacher, effectuer des compressions ou être trop prudent», a dit M. Morneau.

«Mais notre gouvernement croit fermement que notre plan visant à relancer l'économie est encore plus nécessaire qu'il y a quelques mois en raison du ralentissement économique», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, une douzaine de groupes, dont des lobbyistes, des représentants des Premières Nations ainsi que des économistes ont fait part de leurs suggestions en vue du prochain budget. Plusieurs ont suggéré au gouvernement d'aller de l'avant avec ses dépenses prévues.

Dans l'espoir de voir l'économie reprendre du poil de la bête, Ottawa compte notamment investir dans les infrastructures et modifier les fourchettes d'imposition afin de donner un répit à la classe moyenne.

Récemment, le premier ministre Justin Trudeau avait concédé que son gouvernement ne parviendrait probablement pas à respecter sa promesse de garder le déficit sous la barre des 10 milliards $ en 2016-2017.

Il avait également laissé planer des doutes quant à sa promesse d'atteindre l'équilibre budgétaire avant la fin de son mandat de quatre ans - comme le prévoyait la plateforme électorale libérale.

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