La folle journée de Bombardier

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Bombardier a reçu sa première commande ferme pour la CSeries en près de 18 mois puisque le transporteur Air Canada achètera 45 avions CS300.

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(Québec) Mercredi a été très mouvementé pour Bombardier. Lors du dévoilement de ses résultats financiers, l'entreprise a annoncé qu'elle devait remercier 7000 employés à travers le monde, dont 2400 au Québec, afin de demeurer compétitive sur les marchés. Quelques minutes plus tard, la multinationale a dévoilé avoir signé une lettre d'intention avec Air Canada pour un contrat d'achat pouvant aller jusqu'à 75 avions CSeries CS300. La valeur de l'entente est estimée à 3,8 milliards $US.

7000 employés licenciés

Bombardier a annoncé mercredi l'abolition de 7000 postes, dont 2400 au Québec. «Ces ajustements d'emplois sont toujours difficiles à faire. Ils sont cependant importants pour nous assurer qu'avec nos 64 000 employés dans le monde, nous continuons à créer de la valeur supérieure pour nos clients, à être plus compétitifs et à générer une performance financière améliorée», a déclaré Alain Bellemare, président et chef de la direction. 

Ces compressions représentent environ 10 % de l'effectif mondial de l'entreprise. La multinationale montréalaise prévoit couper 2830 postes au Canada. Les autres suppressions auront lieu en Europe (3380) et aux États-Unis.

Parmi les salariés remerciés, 3200 travailleurs viennent de la division ferroviaire, 2500 des activités d'aérostructures et services d'ingénierie, 800 de l'ingénierie et du développement de produits aéronautique et 500 du secteur des avions d'affaires.

L'entreprise a annoncé que les réductions débuteront au cours des prochaines semaines et se feront sur une période de deux ans. Ces compressions entraîneront une charge de restructuration variant entre 250 et 300 millions $US, a précisé Bombardier.

Parallèlement, le constructeur d'avions et de trains embauchera dans certains secteurs en croissance, notamment en ce qui a trait au programme CSeries. 

«Bombardier est mieux placée aujourd'hui, et nous sommes en voie de générer une rentabilité améliorée. [...] Avec l'engagement marquant d'Air Canada aujourd'hui [...], nous créons des conditions favorables pour livrer concurrence avec succès», a conclu M. Bellemare. 

Ottawa étudie la demande d'aide financière

L'action s'envole

L'annonce d'un possible contrat avec Air Canada pour des avions CSeries CS300 a fait bondir de 19 ¢ l'action de Bombardier (TSX : BBD.B), qui a clôturé à 1,09 $ à la Bourse de Toronto, soit une augmentation de 21,1 %.

Bombardier a affiché une perte nette de 5,3 milliards $US pour son exercice 2015, incluant une perte de 677 millions $US pour le quatrième trimestre. La compagnie a affiché une perte nette par action de 31 ¢US, par rapport à 92 ¢US par action au quatrième trimestre de 2014. Le chiffre d'affaires de la compagnie a chuté de 10 %, pour s'établir à 18,1 milliards $US.

Du côté d'Air Canada (TSX : AC), l'action a plongé de 1,02 $, soit 12,1 %, pour clôturer à 7,39 $ à la Bourse de Toronto.

Lors du dévoilement de ses résultats financiers, le transporteur aérien a fait état d'un profit net ajusté de 1,2 milliard $, ou 4,18 $ par action, pour l'exercice 2015, soit plus du double de celui de 531 millions $ réalisé en 2014. 

L'usine de La Pocatière épargnée

L'usine de Bombardier à La Pocatière est épargnée par les coupes.

La direction de l'entreprise a confirmé mercredi avant-midi la nouvelle aux employés. «C'est un soupir de soulagement», a indiqué au Soleil le président du syndicat des travailleurs (FIM-CSN), Mario Guignard. «Il y a toujours un peu d'incertitude qui règne lorsqu'on attend une nouvelle comme ça», ajoute-t-il.

Actuellement, l'usine de La Pocatière travaille sur la fabrication des trains AZUR du métro de Montréal. Le contrat doit se terminer en 2018. Et par la suite, le carnet de commandes est vide pour l'instant.

«C'est inquiétant», affirme M. Guignard. «Nos élus parlent de projets potentiels, mais il n'y a rien qui aboutit. Par exemple, le TGV», déplore-t-il. «On espère un contrat».

Au cours des derniers mois, plusieurs travailleurs de l'usine de La Pocatière ont été remerciés. L'an dernier, l'établissement comptait 250 syndiqués. «Cette année, nous sommes 150 syndiqués à part les bureaux», note M. Guignard. «C'est difficile d'aller en bas de ça au niveau de la production.»

Cette tendance à la baisse pourrait toutefois changer d'ici la fin de 2016 puisque Bombardier prévoit augmenter sa cadence d'assemblage. Selon nos informations, une cinquantaine de postes pourraient être ajoutés.

«Au mois d'avril, nous allons assembler une voiture au quatre jours. À l'automne, cela va être une voiture au deux jours», se réjouit le porte-parole, qui espère éventuellement le retour d'anciens collègues. Actuellement, les travailleurs assemblent une voiture au cinq jours.

Pour la division Transport de Bombardier, les compressions vont avoir lieu au Canada dans les usines de Kingston et de Thunder Bay, en Ontario.  

Importante commande d'Air Canada

La journée de mercredi n'a pas été complètement noire pour Bombardier et ses employés. Air Canada a annoncé avoir signé une lettre d'intention avec la multinationale québécoise pour l'achat de 45 avions CSeries CS300. L'entente comprend aussi une option d'achat de 30 appareils supplémentaires. 

«Avec son rendement élevé sur le plan écoénergétique et son nombre accru de places, la technologie de prochaine génération des appareils CSeries est très bien adaptée à notre stratégie actuelle et future pour le réseau et constituera un ajout extrêmement efficace à notre parc aérien», a indiqué par voie de communiqué Calin Rovinescu, président et chef de la direction d'Air Canada. 

Les premiers appareils devront être livrés pour la fin 2019, et ce, jusqu'en 2022. Les 25 premiers avions vont remplacer les appareils E190 d'Embraer. Il s'agit d'une première commande ferme en près de 18 mois pour ce nouvel avion commercial. La valeur de la commande serait d'environ 3,8 milliards $US.

Selon Air Canada, l'ajout des appareils CSeries dans son parc aérien va entraîner d'importantes économies. L'entreprise prévoit des économies «de plus de 15 % par siège» en ce qui concerne la consommation de carburant. Elle estime aussi que les coûts d'entretien vont entraîner «une réduction d'environ 10 % des charges d'exploitation par siège-mille offert par rapport aux appareils qu'ils remplaceront».

La lettre d'intention comprend des droits de substi­tution pour de plus petits appareils CS100 dans certains cas. Parallèlement à la signature de cet accord, Air Canada s'est engagée à faire réaliser les travaux de révision et d'entretien lourd des nouveaux appareils au Québec pendant au moins 20 ans. Cet engagement a convaincu le gouvernement du Québec de renoncer à sa poursuite en justice contre le transporteur. 

Le conflit trouvait son origine dans la fermeture, en 2012, du centre d'entretien montréalais Aveos, qui avait entraîné la mise à pied de 2600 employés, dont environ 1700 à Montréal.  Avec La Presse Canadienne

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