Pénurie de travailleurs spécialisés en fabrication métallique industrielle

La directrice du développement des affaires et du... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La directrice du développement des affaires et du développement organisationnel d'AMEC Usinage, Geneviève Paré (au centre), déplore le manque d'élève dans les programmes de formation professionnelle.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les entreprises du secteur de la fabrication métallique industrielle manquent cruellement de main-d'oeuvre spécialisée.

Une nouvelle étude publiée mardi par Perform - le comité sectoriel de la main-d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle - révèle qu'il y aurait près de 5900 postes à pourvoir dans cette industrie qui compte plus de 3160 entreprises, principalement des PME, fournissant un gagne-pain à plus de 90 400 personnes.

Les établissements de formation professionnelle ne diplôment pas suffisamment de soudeurs, de machinistes, de dessinateurs, d'opérateurs de presse-plieuse et de peintres en production industrielle pour répondre à la croissance des entreprises ainsi qu'au remplacement de la main-d'oeuvre rendu nécessaire par les départs à la retraite.

À titre d'exemple, dans la région Chaudière-Appalaches, il y avait seulement 81 soudeurs diplômés en 2012-2013 alors que les entreprises spécialisées en fabrication de produits métalliques, de machines et de matériel de transport avaient 393 postes à pourvoir. Les machinistes se faisaient rares également : à peine 29 diplômés pour 147 postes à combler.

Du côté de la région de la Capitale-Nationale, Perform constate un «déficit» de 178 soudeurs et de 51 machinistes par rapport à la demande. En tout et partout, dans la Belle Province, il manque 1350 soudeurs et 574 machinistes.

Pas assez d'élèves

«Non seulement le nombre de diplômés n'est pas suffisant pour répondre à la demande, mais il n'y a pas assez d'élèves pour démarrer une cohorte en formation professionnelle», indique Geneviève Paré, coprésidente de Perform et directrice du développement des affaires et du développement organisationnel chez AMEC Usinage, une entreprise de 55 employés ayant pignon sur rue à Saint-Augustin-de-Desmaures.

En janvier dernier, les 12 candidats inscrits au programme de formation Techniques d'usinage offert par le Centre de formation professionnelle de Neufchâtel ont appris qu'ils devaient prendre leur mal en patience. Le programme de formation de deux ans n'a pas quitté la gare. Il fallait 19 élèves pour le mettre sur les rails.

«Ça veut dire que, dans deux ans, il n'y aura pas un seul futur machiniste qui sortira de ce programme du CFP de Neufchâtel», déplore Mme Paré en soulignant que les 12 candidats intéressés n'attendront certainement pas le redémarrage du programme en août prochain - s'il y a suffisamment de candidats, évidemment - et se tourneront vraisemblablement vers d'autres programmes de formation d'ici là.

Pourtant, à Québec du moins, les entreprises d'usinage et les écoles mettent les bouchées doubles pour faire connaître les métiers et les professions. 

«Les préjugés sont tenaces. Les gens pensent qu'un atelier d'usinage est un milieu de travail sale et malpropre. Au contraire. Qu'ils viennent nous voir. Ils verront que nous évoluons maintenant dans la haute technologie.»

Approche personnalisée

Le recrutement international, l'automatisation des opérations et l'introduction de l'approche duale permettant la poursuite de la formation en entreprise plutôt que sur les bancs d'école - comme c'est le cas au Cégep de Thetford Mines pour le programme Techniques de la plasturgie - sont autant de stratégies déployées par les entreprises du secteur de la fabrication métallique industrielle et leurs partenaires pour pallier la rareté de la main-d'oeuvre.

Quant à la formation en entreprise, elle a ses limites. Souvent, les PME n'ont pas les ressources suffisantes pour enseigner les rudiments du métier aux nouveaux venus. 

«Pour que les revenus soient au rendez-vous dans un environnement compétitif comme le nôtre, il faut que les machines roulent. Et quand vous faites de la formation, il se peut que vos machines roulent moins», explique Geneviève Paré.

Selon elle, la solution passe inévitablement par une approche personnalisée accordée à chacun des candidats intéressés par un emploi de soudeur ou de machiniste. 

«Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de tasser des candidats parce qu'ils ne sont pas en nombre suffisant pour justifier le démarrage d'une formation à l'école.»

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