Les deux tiers des entreprises canadiennes pourraient être vendues d'ici 10 ans, selon RBC

La vente de RONA a fait couler beaucoup d'encre... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La vente de RONA a fait couler beaucoup d'encre la semaine dernière.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La vente de RONA au géant américain Lowe's pour 3,2 milliards $CAN a fait couler beaucoup d'encre la semaine dernière. Et d'autres transactions sont à prévoir au cours des prochaines années. D'ici 10 ans, la Banque Royale du Canada (RBC) estime qu'entre 60 % et 65 % des compagnies canadiennes auront été mises en vente.

«Cela ne veut toutefois pas dire que les entreprises vont être nécessairement achetées par des compagnies étrangères», indique au Soleil Mark-Anthony Serri, premier directeur général chez RBC. «Il peut s'agir notamment de transactions au sein d'une même province», ajoute-t-il.

Voyant une opportunité d'affaires, depuis deux ans, RBC offre aux compagnies canadiennes un service d'accompagnement dans la vente ou l'achat d'entreprise pour des transactions entre 10 millions $ et  100 millions $. Cette offre est disponible pour les compagnies québécoises depuis l'été 2015. Mentionnons toutefois que RBC offrait déjà un service similaire avant 2014, lequel concernait exclusivement les transactions de 100 millions $ et plus.

«Nous accompagnons les entreprises dans leurs démarches pour établir une stratégie de vente ou d'achat, explique M. Serri. Nous pouvons travailler à trouver des acheteurs ou même des partenaires potentiels. Notre rôle est aussi de les aider dans la transaction. Il y a eu 11 milliards $ en transactions en Amérique du Nord de 2010 à 2015 dans le marché intermédiaire [entre 10 millions $ et 100 millions $]», note-t-il.

Mardi soir, l'institution financière tenait une conférence à Québec, à laquelle une centaine de personnes issues du milieu des affaires - pdg et entrepreneurs - ont participé. Question de confidentialité, Le Soleil n'a toutefois pas pu assister à la présentation de M. Serri.

Pour l'heure, selon le directeur général, la tendance pour les compagnies québécoises tend vers l'expansion des activités. «Dans le marché intermédiaire du Québec, il y a beaucoup d'argent pour financer des transactions et l'expansion des entreprises. Il y a plus d'acheteurs que de vendeurs», souligne M. Serri. «Je pense qu'il va y avoir une première étape de consolidation du marché. Ce que je vois le plus, ce sont des compagnies québécoises qui veulent acheter d'autres compagnies québécoises. Certaines d'entre elles souhaitent aussi s'associer avec un plus gros joueur américain», ajoute-t-il.

À la question de la provenance des entreprises... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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À la question de la provenance des entreprises étrangères intéressées acquérir une compagnie du Québec, Mark-Anthony Serri, premier directeur général chez RBC, affirme que les investisseurs viennent surtout de l'Europe et des États-Unis.

Le Soleil, Erick Labbé

Les Américains et les Européens intéressés

Quant à la question de la provenance des entreprises étrangères intéressées acquérir une compagnie du Québec, Mark-Anthony Serri, premier directeur général chez RBC, affirme que les investisseurs viennent surtout de l'Europe et des États-Unis.

«Les Américains sont surtout intéressés par les transactions entre 25 millions $ et 50 millions $. Au Québec, nous avons une belle expertise, beaucoup de talents et des centres d'excellence avec nos universités. Le taux de change est aussi favorable pour les compagnies qui désirent s'implanter au Québec pour ensuite faire de la croissance aux États-Unis. Nos programmes d'aide attirent aussi les investisseurs», énumère-t-il, précisant qu'il s'agit dans le marché intermédiaire d'un faible pourcentage des transactions.

D'ailleurs, selon un rapport KPMG-SECOR publié en 2013, les achats d'entreprises hors Québec par des entreprises québécoises ont été plus nombreux que les achats d'entreprises québécoises par des firmes non québécoises au cours de la période 2001-2013. «Le nombre de transactions où les firmes québécoises étaient des prédateurs était 50 % plus élevé lorsqu'il s'agissait d'achats d'entreprises complètes et six fois plus élevé lors d'achats d'une partie ou d'une division d'une entreprise», peut-on lire dans le document. Durant cette même période, «la valeur des achats réalisés par des entreprises québécoises (90,4 milliards $) était légèrement supérieure à celle des ventes d'entreprises québécoises (89,9 milliards $)».

Selon M. Serri, les secteurs des technologies, du manufacturier, de la distribution et de la santé connaîtront plusieurs transactions au cours des prochaines années.

En 2014, le Canada comptait 2756 sièges sociaux, une baisse de 0,6 % par rapport à 2013, qui employaient plus de 227 684 personnes, selon des données de Statistique Canada. Le Québec était la deuxième province au pays, derrière l'Ontario [1084], pour son nombre de sièges sociaux [568] et comptait 52 072 employés. 

RONA: Ottawa tranchera sur les garanties, concède Anglade

C'est ultimement Ottawa qui décidera si les garanties fournies par Lowe's pour acquérir RONA sont suffisantes, a concédé mardi la nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade.

En dépit des attentes du gouvernement Couillard, c'est le Bureau de la concurrence et Investissement Canada qui décideront si cette transaction de 3,2 milliards $ ira de l'avant ou non.

«L'entente doit être ratifiée par le gouvernement fédéral, a expliqué Mme Anglade, en mêlée de presse, à l'Assemblée nationale. Ce qui est important pour nous, c'est que nos attentes soient transmises au gouvernement canadien.»

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La ministre de l'Économie, Dominique Anglade à l'Assemble nationale, mardi

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Depuis lundi, Mme Anglade dit avoir rencontré le président canadien de Lowe's (NYSE : LOW), Sylvain Prud'homme, en plus d'avoir discuté avec le ministre fédéral de l'Industrie, Navdepp Bains, afin de réitéré les attentes de la province.

«Les discussions que j'ai eues avec le ministre fédéral ont été très positives, mais il ne faut pas être naïfs non plus», a affirmé la ministre québécoise de l'Économie.

Afin d'apaiser les craintes, le géant américain s'est engagé à conserver le siège social des activités canadiennes à Boucherville - où travaillent plus de 1100 personnes - et à garder les «multiples bannières» de RONA, la «vaste majorité» des employés actuels ainsi que des «hauts dirigeants clés».

En conférence de presse la semaine dernière, M. Prud'homme n'avait toutefois pas assuré que l'ensemble des employés de RONA (TSX : RON) conserveraient leur poste.

Une assemblée extraordinaire au cours de laquelle les actionnaires seront appelés à voter sur la transaction - dont la clôture est prévue d'ici la fin du deuxième semestre - se tiendra le 31 mars.  Avec La Presse Canadienne

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