Un plan d'action contre Airbnb dans le quartier Saint-Jean-Baptiste

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Au mois de janvier, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste a noté que 83 logements et 34 chambres dans le quartier étaient disponibles pour location sur la plateforme de réservation en ligne.

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(Québec) Inquiet de l'engouement que connaît actuellement le site Airbnb, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste met en place un plan d'action pour contrer la tendance.

«Nous voulons que le type d'activité d'Airbnb soit limité et mieux encadré dans le quartier», a indiqué au Soleil lundi soir le coordonnateur de l'organisme communautaire, Nicolas Lefebvre-Legault, quelques minutes après une assemblée du conseil d'administration du comité populaire. «Nous voulons la même règlementation que pour les couette et café [bed and breakfast], que l'encadrement respecte le contingentement qui existe actuellement pour eux», ajoute-t-il.

Au cours des prochaines semaines, le comité populaire va mener une campagne de sensibilisation dans le quartier. Il veut aussi travailler avec les acteurs du milieu afin de débattre du problème. «Nous allons aussi interpeller la Ville afin qu'elle prenne position dans le dossier. Pour l'instant, on ne sait pas où elle se situe», déplore M. Lefebvre-Legault.

Au mois de janvier, le regroupement a noté que 83 logements et 34 chambres dans Saint-Jean-Baptiste étaient disponibles pour location sur la plateforme de réservation en ligne. Pour le coordonnateur de l'organisme communautaire, cette pratique «illégale» a un effet néfaste sur le quartier. 

D'ailleurs, depuis un an, plusieurs citoyens ont interpellé des membres du comité pour leur faire part de leurs inquiétudes face à la croissance de l'offre d'hébergement illégal dans le secteur. «Il y a des impacts à court terme au niveau de la qualité de vie des citoyens. Cela occasionne du bruit avec les valises, les voitures, le va-et-vient. Ça peut être inquiétant pour une personne de ne pas savoir sur son tronçon de rue qui est résident et qui ne l'est pas», affirme au Soleil M. Lefebvre-Legault, ajoutant qu'il n'est pas rare aujourd'hui d'avoir des immeubles d'appartements «mixtes». C'est-à-dire que dans un même immeuble, «il y a trois locataires permanents et quatre logements Airbnb. Ça arrive fréquemment.», déplore-t-il. Ce dernier ne veut toutefois pas cibler de demeure en particulier.

Selon des chiffres du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le nombre d'appartements en location a diminué de façon importante au cours de la dernière décennie. Et la tendance pourrait bien se poursuivre. «Le parc de logements locatifs est passé de 84 % à 75 % en 10 ans», stipule M. Lefebvre-Legault, précisant que cela n'est pas juste dû à cause de l'hébergement illégal. «C'est un ensemble de facteurs. C'est autant de la conversion d'immeuble en condo que des agrandissements. Mais [avec Airbnb], la pression sur le locatif est encore plus grande», ajoute-t-il.

Le comité populaire affirme aussi que plusieurs citoyens craignent à moyen terme une hausse de leur compte de taxes et du prix des loyers. «Il y a des propriétaires qui n'ont pas réussi à louer leur appartement le 1er juillet et qui se sont retournés vers Airbnb. C'est inquiétant, car théoriquement, on peut faire beaucoup plus d'argent avec Airbnb qu'une location régulière. Ils vont peut-être vouloir augmenter leur prix», dit-il.

Comme à Montréal?

La semaine dernière, l'arrondissement du Plateau Mont-Royal a adopté une résolution permettant à leurs avocats d'intenter toutes les procédures judiciaires requises contre les résidences pour touristes jugées illégales. M. Lefebvre-Legault aimerait bien voir une action similaire à Québec. Il ne cache pas que dans leur plan action, l'aide de la population pourrait éventuellement être nécessaire afin de mettre de la pression sur la Ville. «Ça pourrait être une autre étape, si l'on se rend jusque-là», souligne-t-il. 

Le 25 janvier dernier, une douzaine de personnes, locataires et propriétaires, en compagnie de certains membres du comité populaire se sont réunies pour discuter de la problématique de l'hébergement illégal et soumettre des recommandations au conseil. Lundi soir, une assemblée du conseil d'administration du comité populaire a statué sur les mesures à prendre dans son plan d'action. Le dossier devrait être soumis au conseil de quartier.

«Nous n'avons pas de problème à ce que les gens sous-louent leur appartement. Là où nous avons un problème, c'est lorsque cela vient une business», conclut M. Lefebvre-Legault. «C'est pourquoi il faut agir.»

Du côté de la Ville de Québec, on stipule qu'Airbnb est de juridiction gouvernementale. «C'est entre les mains du ministère du Tourisme. La Ville applique sa réglementation qui concerne les zones où il y a des maisons de chambres ou des hôtels de permis dans le zonage», indique David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec.

Rappelons que la loi 67 a été adoptée au mois de décembre dernier pour mieux encadrer l'hébergement touristique, notamment les plateformes de type Airbnb. La loi sera en vigueur à partir du mois d'avril. Elle prévoit notamment une hausse des pénalités prévues en cas d'infractions et une augmentation du nombre d'inspecteurs sur le terrain. 

Les contrevenants s'exposent maintenant à «une amende de 5000 $ à 50 000 $ s'il s'agit d'une personne physique, et de 10 000 $ à 100 000 $, dans les autres cas», peut-on lire dans la loi.

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