Pas d'inquiétude chez les quincailliers affiliés

Dominic Poulin, propriétaire de Quincaillerie et location Limoilou,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dominic Poulin, propriétaire de Quincaillerie et location Limoilou, sur la 3e Avenue, ne croit pas que la transaction aura un effet majeur sur ses opérations.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «Je ne suis pas inquiet du tout. Si c'est pas RONA, ça va en être un autre», lance d'emblée Dominic Poulin, propriétaire de Quincaillerie et location Limoilou, sur la 3e Avenue.

L'annonce de la vente du géant québécois de la quincaillerie et de la rénovation RONA n'a pas eu l'air de déranger outre mesure l'homme d'affaires qui a pignon sur rue depuis 20 ans. «Mes actions ont doublé en 12 heures, je ne m'en plaindrai pas», affirme-t-il à la blague.  

Sur une note plus sérieuse, M. Poulin ne croit pas que la transaction aura un effet majeur sur ses opérations. «En autant que le siège social reste à Montréal, je pense que ça changera pas grand-chose», ajoute-t-il.

Pour M. Poulin, l'association avec RONA s'est faite d'abord et avant tout pour la visibilité et la confiance qu'apporte la marque. «C'est un nom attirant pour beaucoup de consommateurs. Ça donne beaucoup de visibilité. Depuis qu'on est avec RONA, les gens ne regardent plus vraiment les prix, ils nous font confiance, même si nous ne sommes pas nécessairement plus chers ou moins chers.»

Le fait qu'il s'agisse d'une bannière québécoise ne fait que contribuer à ce sentiment de confiance. «Home Hardware est une bonne chaîne, mais un nom anglophone, ça peut faire peur à certains consommateurs», croit-il. 

Aucune crainte non plus du côté des fournisseurs. Si RONA possède son propre réseau, les quincailliers affiliés ne sont pas tenus d'y prendre leurs matériaux. «Mon bois, je l'achète chez BMR, un gros concurrent de RONA», affirme M. Poulin. «C'est sûr qu'à la fin de l'année, quand on fait beaucoup d'achats chez RONA, on a une plus grosse ristourne», ajoute-t-il. Même si RONA n'apprécie pas nécessairement que les franchisés s'approvisionnent ailleurs, ces derniers ont le plein contrôle sur l'approvisionnement de leur établissement.

Quant à sa clientèle, M. Poulin estime qu'elle est plus curieuse qu'inquiète. «Les gens l'ont appris ce [mardi] matin comme nous, ils sont un peu dans le néant.» Or le nom de RONA devrait rester sur les enseignes. Selon un communiqué envoyé aux propriétaires de quincailleries affiliées, «ça devrait pas changer de ce côté-là».

Nouvelles opportunités

De son côté, Éric Paquet, propriétaire de la Quincaillerie Corriveau affiliée à RONA sur le chemin Saint-Louis, dans Sillery, voit dans la transaction une nouvelle opportunité pour son entreprise. «Avec RONA, on avait un catalogue d'environ 100 000 produits, mais on n'avait pas tout. Avec Lowe's, on va avoir accès à des produits américains. Et à l'ère du commerce en ligne, il faut être capable de rester compétitifs», indique-t-il.

Et si Lowe's décide de se débarrasser des quincailleries de quartier, ce ne sera pas à son avantage. 

De toute façon, si ça ne marche plus avec Lowe's, autant M. Poulin que M. Paquet ont été approchés par d'autres bannières. «BMR aimerait beaucoup s'installer à Québec», où ils n'ont pas de magasin, ajoute Dominic Poulin. «Je ne suis pas à vendre, mais si j'ai une offre qui a du bon sens, je vais y réfléchir», laisse-t-il entendre.

Pour M. Paquet, la quincaillerie de quartier est une nécessité. «Aller dans un entrepôt, les gens perdent au moins une heure de leur journée. Mes clients peuvent venir ici sans leur voiture», ajoute-t-il. Il souligne également être prêt à faire cavalier seul comme quincaillier indépendant. «J'ai des fournisseurs qui n'attendent que mon appel pour s'allier à moi.»

Les syndicats promettent d'être vigilants

Si Lowe's a promis de conserver «la vaste majorité des emplois» dans les magasins RONA, les syndicats promettent qu'ils resteront à l'affût.

Chez Teamsters, qui représente 2000 travailleurs dans les magasins et les entrepôts, le porte-parole Stéphane Lacroix promet que le syndicat restera «très vigilant». «Nous n'avons aucune indication qu'il y aurait des pertes d'emploi, mais on ne peut pas prédire ce qui arrivera dans 1, 5 ou 10 ans», explique-t-il.

Même son de cloche du côté de la CSN, qui représente quelque 500 employés chez RONA. «Notre rôle, c'est d'être vigilants, d'autant que la compagnie n'exclut pas totalement des mises à pied», indique la centrale syndicale par voie de communiqué.

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