Anglade bénit la vente de Rona, l'opposition la conteste

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Un étalage de la quincaillerie Rona L'Entrepôt de la rue Bouvier, à Québec

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Plongée dans l'action plus rapidement que prévu, la nouvelle ministre de l'Économie du Québec, Dominique Anglade, a donné sa bénédiction à la transaction faisant passer le fleuron québécois RONA dans les mains de l'américaine Lowe's.

Il «n'est pas dans l'intérêt du gouvernement de bloquer cette transaction», a déclaré Mme Anglade, tout juste avant de participer à son tout premier conseil des ministres, mercredi.

«Ce qui est important pour nous, au gouvernement du Québec, est de nous assurer que les emplois seront maintenus ici, voire augmentés. Ce qui est important, c'est que les bannières RONA soient maintenues. Ce qui est important, c'est qu'on ait un siège social qui vienne s'installer ici. Ce sont les garanties que nous avons obtenues.»

Dominique Anglade voit du potentiel dans cette transaction, une transaction qui lui a fait connaître son baptême de feu politique. Elle a évoqué des «synergies» pour «aller sur l'international».

Le Québec est libre-échangiste. Ses entreprises achètent et vendent, a-t-elle insisté pour mettre cette vente en perspective. Elle a souligné qu'en 2014, la valeur des acquisitions des entreprises québécoises à l'étranger s'est élevée à 30 milliards $.

La nouvelle ministre de l'Économie du Québec, Dominique... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot) - image 2.0

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La nouvelle ministre de l'Économie du Québec, Dominique Anglade, répond aux questions des journalistes au sujet de la vente de Rona au géant américain Lowe's, mercredi, à l'Assemblée nationale.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Abdication, dit le PQ

Chez les partis d'opposition, on voit les choses d'un tout autre oeil.

Le gouvernement doit bloquer la transaction, a soutenu le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, tôt dans la journée. Ne pas agir, c'est s'«aplaventrir», selon lui.

«Si le premier ministre Couillard ne fait rien pour garder RONA, je pense que le Québec va continuer de s'appauvrir. Nous avons trop perdu de sièges sociaux. Il faut s'assurer que nous aurons une politique pour les maintenir au Québec.»

Pierre Karl Péladeau a dit craindre pour les petites et moyennes entreprises québécoises, qui comptent actuellement pour la moitié des fournisseurs de RONA.

Au Parti québécois (PQ), on estime que le gouvernement aurait pu rendre cette transaction impossible en faisant en sorte qu'Investissement Québec conserve la position qui était la sienne dans l'actionnariat de RONA. Le bras financier de l'État québécois aurait ainsi envoyé à la Caisse de dépôt et placement le signal de ne pas vendre son propre bloc d'actions de 17 % dans RONA.

Raymond Bachand

En 2012, Investissement Québec avait bloqué une tentative de prise de contrôle de RONA par Lowe's. Le ministre des Finances d'alors, Raymond Bachand, avait refusé que la transaction envisagée soit conclue.

Investissement Québec ne possède plus d'actions de RONA depuis quelques mois. L'ex-président d'Investissement Québec, aujourd'hui ministre des Transports, n'a pas voulu commenter le dossier.

On s'ennuie presque du gouvernement de Jean Charest, a ironisé le chef péquiste.

Legault écorche Anglade

Philippe Couillard est «moins nationaliste» que Raymond Bachand, a assené le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui n'a pas manqué d'écorcher l'ex-caquiste Dominique Anglade. Il a jugé «consternante» sa réaction.

«Malheureusement, a ajouté M. Legault, il est trop tard pour sauver» RONA. C'est sans doute «une bonne nouvelle à court terme pour les actionnaires, mais pas pour l'économie du Québec». Les libéraux «acceptent que nous soyons une économie de succursales».

Pourquoi Investissement Québec a-t-il vendu ses actions dans RONA en 2015? a demandé M. Legault. «Est-ce parce que Philippe Couillard a dit que c'était une erreur d'intervenir en 2012?»

S'appuyant sur les ventes passées d'Alcan, de Provigo et d'Astral, le chef caquiste a dit ne pas croire aux promesses de maintenir un vrai siège social à Boucherville.

Évoquant aussi les exemples d'Astral et des autres, Pierre Karl Péladeau a dit ne pas croire le «baratin» de Mme Anglade sur la sauvegarde du siège social au Québec.

Pour la solidaire Françoise David, «se fier à la faiblesse du dollar pour relancer l'économie du Québec n'est pas une politique économique valable».

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