La chute du baril de pétrole menace les banques canadiennes

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Le pétrole a fini en baisse de 2 dollars à 31,62 dollars le baril à New York, lundi.

AFP, Karen Bleier

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Agence France-Presse
Montréal

La dégringolade des cours du pétrole, à des niveaux inédits depuis 2002, «pourrait affaiblir» les banques canadiennes qui ont consenti 42 milliards de dollars canadiens de prêts au secteur des hydrocarbures, avertit lundi la banque Nomura.

À 31,62 dollars américains lundi à la clôture à New York pour le baril de référence (WTI), les prix du brut «se situent probablement sous le seuil de rentabilité de plusieurs producteurs», observe la banque japonaise dans une note.

«Il y a une inquiétude croissante que cette situation puisse affaiblir les banques canadiennes», dont les prêts directs aux groupes pétroliers et gaziers sont évalués à 42 milliards de dollars canadiens, soit 6 % des prêts commerciaux, souligne l'auteur de l'étude, Charles St-Arnaud, économiste chez Nomura.

En prenant en compte les secteurs dépendant directement de l'industrie pétrolière, l'exposition des grandes banques canadiennes s'élève à 123 milliards de dollars canadiens, soit 17 % des prêts commerciaux.

«Actuellement, il n'y a pas de menace imminente, mais si les prix des matières premières devaient continuer à être bas, cela entraînerait une plus grande exposition et une hausse des créances dépréciées», relève M. St-Arnaud.

Cet analyste juge que «la situation requiert une surveillance permanente, car des pertes importantes des banques pourraient avoir un effet très négatif sur l'économie (canadienne)», qui tourne déjà au ralenti depuis 18 mois et la chute des cours du brut.

20 000 emplois perdus

Le secteur énergétique (environ 10 % du PIB) a en effet lourdement pesé sur l'économie canadienne ces derniers mois, entraînant même une récession au cours du premier semestre 2015. La province de l'Alberta, coeur de l'industrie pétrolière du pays, a notamment perdu près de 20 000 emplois en 2015.

Cinquième producteur mondial d'hydrocarbures, le Canada devrait toutefois presque doubler sa production d'or noir d'ici 2040, selon une étude de l'Office national de l'Énergie (ONÉ, une agence fédérale) publiée la semaine dernière.

L'ONÉ mise en outre sur un baril de WTI à 80 dollars en 2020, et à 105 dollars en 2040.

Le pétrole finit en nette baisse

Le pétrole a nettement baissé lundi à New York, dans un marché ne croyant plus à un prochain accord entre pays producteurs pour réduire l'offre et pris d'inquiétude pour la vigueur de la demande mondiale.

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mars a perdu 2 dollars à 31,62 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), cédant une grande partie des gains engrangés la semaine précédente.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril, dont c'était le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a perdu 1,75 dollar à 34,24 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

La semaine dernière les cours avaient progressé à la suite de spéculations sur la possibilité d'un accord entre la Russie et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour imposer une baisse de la production qui permettrait de réduire les excédents d'offre, mais depuis lors «le marché est tout à fait convaincu qu'on ne va rien voir de tel de sitôt», a déclaré Bart Melek, chez TD Securities.

«On considère généralement que la tournée du ministre vénézuélien du Pétrole Eulogio del Pino dans les plus grands (pays) producteurs va probablement juste confirmer qu'aucune action coordonnée ne se prépare pour remédier à l'offre excédentaire», précisait Tim Evans, chez Citi.

Production trop élevée de pétrole

Par ailleurs, il semble que «l'Opep produit toujours trop de pétrole», du fait notamment de l'augmentation de la production en Iran après la levée en janvier des sanctions économiques qui frappaient le pays, relevaient les analystes de Commerzbank.

En outre, selon des chiffres publiés lundi par le ministère irakien du Pétrole, les exportations irakiennes d'or noir ont augmenté en janvier par rapport à décembre.

«Donc on se trouve dans une situation où l'offre semble avoir peu de chance de se contracter à la faveur d'un accord Russie-Opep, et où en plus on risque de voir que la demande chinoise va laisser à désirer, et comme si tout cela ne suffisait pas les statistiques américaines vendredi et aujourd'hui laissent penser que l'activité économique ne va pas être aussi robuste que beaucoup le pensaient, ce qui suppose un ralentissement de la demande de pétrole», a ajouté M. Melek.

De fait l'activité manufacturière chinoise s'est nettement contractée en janvier, enregistrant son plus fort repli depuis plus de trois ans, selon un indice gouvernemental publié lundi qui confirme l'essoufflement du secteur industriel dans la deuxième économie mondiale.

Aux États-Unis, où la croissance du quatrième trimestre a marqué le pas par rapport à l'été, les investisseurs ont été déçus par la contraction du secteur manufacturier en janvier et la mollesse des dépenses de construction en décembre, tandis que de leur côté les dépenses des ménages ont stagné.

Au total, «la demande énergétique mondiale pourrait continuer à progresser, stimulée par les prix bon marché, mais nous ne voyons aucune accélération de la croissance macroéconomique mondiale», résumait M. Evans.

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